‹ Developpement progressif et but final de l'humanite Hoene WronskiChapitre 8 sur 21 · SECONDE PÉRIODE · texte numérisé non relu

SECONDE PÉRIODE

BUT DOMINANT 1 Sàrelé publique» comme garantie de la

Justice.

Le développement continuel des moyens de bienêtre physique, qui était le but dominant de la première période, dut conduire, d’une part, au maximum possible de ce bien-être, maximum que nous avons qualifié plus haut du nom d’orientalisme, et, de l’autre part, à la plus grande facilité possible (productivité économique) dans les moyens nécessaires pour satisfaire à ce but. De là résulta, d’abord, le loisir propre à d’autres occupations ; et, ensuite, le développement consécutif de la conscience de la non-valeur absolue du bien-être "physique, ou du moins de sa valeur purement relative, et insuffisante pour satisfaire à la tendance infinie de la raison.

Ainsi, le but du bien-être physique cessa d’être do-

minant ; et l’on chercha à lui en substituer un autre, plus propre à satisfaire cette tendance supérieure. Mais, avant de fixer ce but nouveau, les hommes durent faire des efforts pour s’affranchir de l’influence physique, et ils durent ainsi essayer l’exercice de leur liberté, qui répondait <i la vocation de leur raison. Ce fut de cette manière que, surtout parmi les peuples originairement chasseurs, que nous avons signalés plus haut, déjà dans l’expédition des Argonautes, et surtout dans la guerre de Troie, se développèrent les temps nommés héroïques, que l’on doit considérer comme la transition de la première à la seconde période. Enfin, cette spontanéité des actions humaines, dépendante de l’exercice de la liberté et de l’affranchissement de la nature, se manifeste formellement dans la légalité de ces actions, qui constitue la sûreté publique.

Alors, cette sûreté publique, la garantie de la justice, formant le second des buts relatifs ou instrumentaux, devint le but dominant, et commença ainsi la seconde période de l’humanité.

D’abord, la sûreté publique intérieure, ou la formation des États proprement dits, s’établit successi-

vement. Ainsi, les peuples que nous avons vus figurer dans la première période, prennent déjà, dans leurs relations intérieures, au moins une tendance vers cette constitution et cette organisation politiques. Mais, ce sont surtout les colonies issues de ces peuples, les Grecs, les Romains, et autres, qui, n’ayant pas à lutter contre d’anciennes institutions, subordonnent tout, dans leurs relations politiques, au but dominant de la sûreté publique. De la résulte, chez ces peuples, l’établissement successif de toutes les formes de gouvernement, de la monarchie, de l’autocratie, de l’oligarchie, et enfin, parle développement achevé de cette civilisation, l’établissement de la démocratie ou de la RÉPUBLIQUE, constituant le dernier terme de la tendance politique et, par conséquent, le caractère propre de cette seconde période historique.

Mais, ce qu’il faut ici essentiellement remarquer, c’est que ces progrès dans l’organisation et surtout dans la constitution des États, avaient principalement en vue la garantie des droits publics, qui avaient été méconnus dans la période précédente, et qui, déduits de la liberté, accusaient la spontanéité du savoir de l’homme, cette noble faculté dont le développement était le véritable objet de cette seconde période de l’humanité. Aussi, aux mœurs douces, produites déjà dans la première période, l’homme joignit, dans la seconde, la force morale, et même déjà une espèce de digûité, fondée sur l’indépendance de ^s actions, par

rapport aux motifs purement physiques et mécaniques.

Toutefois, les droits privés n’en furent pas moins cultivés avec zèle ; et ils furent même développés parallèlement aux grands progrès que nous venons de signaler dans les droits publics, et surtout parallèlement à la dignité dont l’humanité était devenue consciente dans cette seconde périodé. Ainsi, de grands législateurs, Lycurgue, Dracon, Solon, etc., parmi les Grecs, Numa, Servius, etc., parmi les Romains, réformèrent ou plutôt créèrent les lois sur lesquelles devait définitivement être fondé l’ordre politique des sociétés.

Malheureusement, ces changements et ces progrès politiques ont été faits au milieu de guerres civiles qui, ayant pour but la sûreté, ont produit tout au contraire la ruine des citoyens ; et cela consécutivement depuis les premiers troubles lors de la formation de cet ordre politique, jusqu’aux guerres civiles sanglantes qui, dans Rome, ont suivi Marius et Scylla, ruiné la république, fondé la domination de César, et entraîné, avec ses successeurs, la décadence totale des États.

Ensuite, à côté de ces efforts pour garantir la sûreté intérieure, ces mêmes États avaient à pourvoir à leur sûreté extérieure, et nommément à leur indépendance, comme condition de la société universelle. C’est ici surtout que, dans cette période de l’huma-

nité, s’est développé, dans son maximum, le senti- • ment généreux du patriotisme : en effet, des dévouements continus et sans exemple dans toutes les autres périodes de l’histoire, ont été les produits de cet amour suprême de la patrie. Bien plus, c’est proprement pour développer et faire agir ce sentiment du patriotisme que la plupart des guerres ont eu lieu dans cette seconde période ; car, ce sont précisément de pareils sentiments qui, dans la légalité de nos actions, formaient le but dominant de cette période.

Aussi, est-ce là le caractère politique distinctif de la seconde période dont il s’agit ; et la force moralement politique, impliquée dans ce caractère, ne saurait être égalée, comme le prouvent les batailles de Marathon, des Thermopyles, de Salamines, d’Artémise, etc. Mais, par le même principe, par la légalité des actions, cette énergie dans la guerre ne surpassait nullement ce qu’on peut appèler l’énergie pour la paix, c’est-à-dire, la disposition des peuples à leur fédération. Aussi, dès l’origine de la Grèce, le Conseil des Amphyctions en fournit la preuve : en effet, nous n’avons rien qui égale cette institution, et nos • congrès n’en sont qu’une faible image. — C’est même à cette lutte entre l’énergie dans la guerre et celle pour la paix, qu’il faut attribuer les discordes qui, par la Guerre du Péloponèse et surtout par la Guerre Sacrée, ont amené la ruine de la fédération de la Grèce.

Mais, au milieu de ces agitations politiques, devait s’établir naturellement une tendance générale vers une garantie définitive contre toutes ces agitations, et cela toujours en vertu du principe de cette seconde période, la légalité des actions. Or, dans cet état de l’humanité, comme encore aujourd’hui, une pareille tendance, lorsqu’elle devient sérieuse, ne peut avoir d’autre terme que la domination universelle ; et, cette domination forme ainsi une des parties constituantes principales du caractère politique de la seconde période dont il s’agit.

C’est à cette tendance vers la domination universelle qu’il faut attribuer, dans cette période, le caractère particulier de la puissance de Sésostris, de Cyaxare, de Nabopolassar, de Crésus, de Nabuchodonosor, et surtout après eux, le caractère particulier des grandes conquêtes de Cyrus, de Cambyse, d’Alexandre et des Romodns, dont les dernières ont entraîné un bouleversement complet de la société.

Tels furent les résultats politiques du but dominant dans la seconde période de l’histoire. Voyons quelle a été, dans la même période, par rapport à ce but dominant, à la sûreté publique, la subordination des trois autres buts relatifs de l’humanité.

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D’abord, le bien-être physique qui, dans la période précédente, formait le but dominant, fut rejeté de ce premier rang, comme indigne en lui-même de la haute tendance de l’homme. Il fut donc considéré comme secondaire, et subordjjpné en tout au but dominant actuellement, à lasûreté publique. Alors, suivémt les mesures politiques reçues ou adoptées dans les divers États, le bien-être physique prenait, dans ces États, des modifications et des développements particuliers.

Ainsi, à Athènes, ce bien-être se raffinait par l’influence du beau, dont le sentiment se rattachait, dans cet État, à tous les sentiments politiques; à Sparte, le bien-être physique était réduit aux besoins de première nécessité, pour écarter tout ce qui était étranger ou nuisible à la sûreté de l’État ; en Égypte, après Sésostris, ce bien-être dégénéra en luxe , par l’influence de l’ancien orientalisme ; enfin, à Rome, les dépouilles des nations conquises , fournissaient les moyens à la somptuosité ou à la magnificence, qui était la modification qu’on y donna au bien-être physique. — Ce caractère particulier de subordination aux intérêts des États, que prit ainsi le bien-être physique

dans cette seconde période, peut être qualifié du nom A'utilité politique, dont la signification lui correspond exactement.

Cependant, au milieu de cette gloire politique, répandue alors sur le globe terrestre, un grand État, Carthage, formé par des cotohies phéniciennes, conservait encore l’ancien but dominant, le bien-être physique, et s’efforçait de lui subordonner tous les autres buts de l’humanité. Le résultat en fut, d’une part, une richesse supérieure; mais, de l’autre part, un défaut de force propre à balancer les forces morales supérieures qui, par suite du nouveau but, dominant dans la seconde période, étaient le partage des autres États. Ainsi, malgré les grands obstacles opposés par la richesse de Carthage, et même par l’heureuse, mais purement accidentelle supériorité d’Aunibal, cet État dut à la fin succomber dans sa lutte avec Rome.

Quant aux moyens industriels nécessaires à l’obtention du bien-être physique, on conçoit d’avance que, malgré les progrès rapides de la civilisation faits dans cette seconde période, ces moyens industriels ne durent ici recevoir, par eux-mêmes, que des développements bien inférieurs à ceux de la première période, et que ce fut principalement par l’influence politique qu’ils purent faire quelques progrès majeurs. Nous nous bornerons ici à citer les chaussées et les postes royales, établies en Perse ; les ancres et divers gréements des vaisseaux, inventés pour l’usage de la marine militaire;

les aquéducs, les grandes voies publiques, par exemple, la voie appienne, les fanaux, le pavage des rues, l’établissement des boulangeries, etc., dus à la munificence et aux besoins militaires des Romains; enfin, les loupes ou verres ardents, les pompes contre les incendies, la vis d’Archimède et autres machines ÿidustrielles, résultant des spéculations attachées aux machines militaires.

En second lieu, le bien-être hyperphysique, donné par la culture du savoir, devient d’abord indépendant du but dominant dans cette seconde période ; et ce n’est que dans la suite, après le développement libre du savoir, qu’on en reconnaît l’utilité pour l’avancement de l’objet de ce but dominant. Ainsi, dans toute cette seconde période, la culture du savoir, à certains égards, reste libre, et ne se trouve pas subordonnée, comme moyen, au but dominant que forme la sûreté publique. Mais, cette culture ne peut non plus former à part un but de l’humanité, parce que le but dominant alors, exclut tous les autres qui n’en sont pas des moyens. Ainsi, dans cette seconde période, la culture du savoir n’est proprement ni but, ni moyen, c’est-à-dire, elle n’est alors qu’un véritable jeu ; et, comme telle, cette culture ne peut se soutenir que moyennant des con-

NAISSANCES ABSTRAITES. C’cst là le caractère distinctif de la culture du savoir ou du bien-être hyperphysique, durant la seconde période de l’humanité.

On peut même fixer à priori la marche ou la gradation de ce jeu dans la culture du savoir. On conçoit, en effet, qu’en quittant le champ des connaissances concrètes, les premiers pas dans celui des abstractions sont spéculatifs-, et spécialement, d’abord cognitifs ou métaphysiques, en se dirigeant immédiatement vers le contenu du savoir, et ensuite dialectiques, ou logiques, en se dirigeant vers la forme même du savoir. Ce n’est qu’après avoir ainsi parcouru le champ de la spéculation qu’on aborde celui de la pratique, où la direction est naturellement d’abord doctrinale, et ensuite seulement, sceptique, vu l’insuffisance absolue des diverses doctrines pratiques. De plus, dans le champ de la spéculation, les progrès cognitifs ou métaphysiques ont naturellement aussi, d’abord, une tendance sensuelle, qui part de la limite des connaissances concrètes, et, ensuite seulement, une tendance intellectuelle, qui aboutit au terme des abstractions. Et, de nouveau graduellement, dans la tendance sensuelle, on parcourt d’abord le sensualisme, propre, ensuite Y empirisme ; et, dans la tendance intellectuelle, d’abord le domaine immanent {{) ensuite le domaine transcendant (2). Réciproquement, dans le champ de la pratique, les progrès

(1) Ce qui existe sous les conditions du temps.

(2) Ce qui est au délà des conditions du temps.

— Al —

doctrinaux, ont, d’abord, une tendance intellectuelle qui les rattache aux dernières spéculations intellectuelles, et, ensuite, une tendance sensuelle, pour revenir aux conditions physiques de l’humanité.

Telle est évidemment la marche nécessaire de la culture du savoir, abandonnée à elle-même comme un simple jeu, sans être soumise à aucun but étranger ; et telle était aussi effectivement, du moins en général, la marche qu’on a suivie dams la période historique dont il est question.

Jusqu’à Socrate, la tendance philosophique des Grecs était spéculative, et, d’abord, cognitive ou métaphysique. Dans cette première tendance se trouvent graduellement le sensualisme dans l’école ionienne, l’empirisme d’HéracIite et d’Hippocrate, le domaine intellectuel immanent dans l’école éléatique, et enfin le domaine intellectuel transcendant dans l’école de Pythagore. Après cette tendance cognitive, vient la tendance dialectique ou logique des sophistes.'

Depuis Socrate, la tendance philosophique des Grecs devient pratique; et, dès lors, elle se rattache au but dominant dans cette seconde période de l’humanité, et acquiert ainsi le droit à une estime supérieure. Mais, cette tendance principale n’empêche pas qu’il ne s’y mêle, du moins pour remonter aux principes de la pratique, des considérations spéculatives et souvent même un caractère spéculatif particulier. Ainsi, parmi les deux principales écoles socratiques, l’école de Platon ou l’A-

cadéraie a une tendance proprement pratique, mais l’école péripapéticienne ou le Lycée, implique une tendance spéculative. De même, parmi les écoles socratiques accessoires, l’école mégarienne tient à la spéculation ; mais, réciproquement, les autres de ces écoles socratiques accessoires, telles que, d’une part, Técole érétriaque et l’école stoïque, qui présentent un développement du socratisme, et, de l’autre part, l’école cynique et l’école Cyrénaïque, qui présentent une dégénération du socratisme, sont toutes principalement pratiques (1 ) .

Quant à la gradation de cette tendance pratique, elle consiste en ce que cette dernière est d’abord doctrinale, en parcourant, depuis le domaine transcendant où se trouve l’idéalisme de Platon, le domaine immanent, où sont les autres écoles socratiques, et en aboutissant à l’école sensuelle d’Epicure ; et ensuite, en ce que, par l’insuffisance de ces diverses doctrines pratiques, cette tendance devient sceptique, et dans cette tendance, se trouvent, d’abord objectivement, la seconde et la troisième Académie, et enfin subjectivement, le Pyrrhonisme.

C’est là le véritable cercle du jeu intellectuel constituant la culture du savoir ou le bien-être hyperphy sique dans la seconde période historique dont il est question.

Nous ne parlons ici que des Grecs, parce que les

(t) A l’exception de l’empirisme des Stoïciens et du sensualisme des Cyrénaïques.

autres peuples , se trouvant moins avancés dans le développement de l’humanité, restent, à cet égard, bien loin derrière les Grecs. Les Romains , entre autres , présentent l’exemple le plus frappant de l’abrutissement intellectuel à côté d’une culture politique supérieure. Leurs philosophes (t) ne sont que des disciples des Grecs ; et leur culture intellectuelle propre se réduit à la rhétorique, comme moyen de l’éloquence nécessaire à leuns relations politiques (2). Cet abrutissement intellectuel des Romains, qui d’ailleurs, autant que les Grecs, cultivaient le but dominant dans cette seconde période, la sûreté publique, est une preuve de ce que, dans cette période, la culture du savoir ou le bien-être hyperphysique, restait indépendant du but dominant ; comme nous l’avons déjà avancé plus haut.

(1) Panétius.’Amafanius, Lucrèce, Cicéron, Sénèque, Pline l’ancien, Lucius-Apuléius, etc.

(2) 11 ne. faut pas confondre ici la poésie des Romains avec leur culture intellectuelle; car, la poésie appartient au beau, et non au vrai, et elle concourt à la culture esthétique (du sentiment), et non à la culture intellectuelle (du savoir).

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- ' Enfin, en troisième lieu, la moralité publique ou la religion, formant le dernier des buts relatifs de l’Immanité, prend, dans cette seconde période, une élévation conforme au but dominant. En effet, les maximes morales et les dogmes religieux qui en sont la garantie, sont les conditions de la légalité des actions humaines, qui formait ce but dominant ; ainsi, ne pouvant encore RECONNAITRE, dans toute leur pureté, ces maximes et ces dogmes, parce que, comme conditions de la légalité des actions, ces conditions elles-mêmes, et non la légalité, auraient formé le but dominant, on a dû au moins pressentir ces conditions de la léi^alité ou du but dominant. Et, ce pressentiment, étant une anticipation sur la connaissance futifre des conditions dont il est question, ne pouvait se manifester que par une EXHIBITION POÉTIQUE, c’est-i'i-dire , par une exposition physique, moyennant I’allégorie, des dogmes religieux et des nia.\imes morales. C’est là le caractère religieux distinctif de la seconde période de l’histoire ; et, comme on 1e sait, c’est là proprement le caractère des diverses Mythologies ou Mythes religieux des peuples de cette seconde période. — Même les pré—

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ceptes de la morale, avant la culture de la philosophie, pratique, se manifestaient ainsi par l’exhibition poétique ; et c’est à cette manifestation de la morale qu’appartiennent les gnomes de Théognis ét de Phocyllide, et surtout les apologues.

Mais, quant au véritable principe spéculatif, de ces manifestations pratiques, il consistait visiblement, suivant ce que nous avons reconnu plus haut, dans la SPONTANÉITÉ du savoir, considéré comrile principe d^ la réalité absolue de l’univers. Et les modifications de ce principe suprême de la seconde période, constituant les MYSTÈRES propres de cette seconde période, étaient cultivées en pressentiment, surtout parmi les Pythagoriciens, comme un complément nécessaire des mystères de la première période.

Une remarque historique de la plus haute impor- ■ tance se présente ici : c’est* que, chez les peuples qui ont existé durant les deux premières périodes de l’humanité, il faut distinguer soigneusement leurs cultes religieux dans ces deux périodes, savoir, l’idolâtrie et l’allégorie, et marquer même, s’il est possible, la transition de l’une à l’autre. C’est par ce moyen que l’on parviendra à lever les difficultés que présente la Mythologie de ces peuples, par exemple, la Mythologie des Égyptiens. — Une autre remarque bien plus importante qu’il faut faire ici, c’est que, comme Carthage, par la culture du bien-être physique, un peuple particulier, les Israélites, faisant exception au but do-

irimant dans cette seconde période historique, a continué, durant cette période, à cultiver, comme but dominant, l’adoration de Dieu et l’exercice de la morale, comme il l’avait déjà commencé, par une anomalie extraordinaire, dans la première période.

Ce peuple de Dieu, lors de son séjour dans le désert, porta même, par l’influence de Moïse, son but dominant, au rang de but suprême et absolu de l’humanité, en lui subordonnant, sous la forme d’une théocratie, toutes les affaires terrestres. Mais, par une nouvelle et tout aussi extraordinaire anomalie, après la conquête de la Terre de Canaan, les Israélites quittent leur supériorité ; et en descendant vers le but dominant, celui de la politique, ils se créent des rois, et portent leur dégradation jusqu’à la plus grossière idolâtrie. Cette nouvelle anomalie est encore due nécessairement à une influence surnaturelle, du moins par sa possibilité ; et cela pour préparer la résistance lors de l’apparition de Jésus, qui sera nécessaire pour donner à cette apparition toute la solennité requise pour fonder la troisième période que nous allons aborder.

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