‹ Développements ConstitutionnelsChapitre 7 sur 44 · HU LUE · texte numérisé non relu

HU LUE

peine d'échapper au danger de la destruction à la suite des convulsions terribles que nous cherchons à réparer. Si vous tenez à me destituer pour ces raisons, je prie Votre Majesté de charger une autre personne qui puisse combiner les intérêts du pays avec Votre manière de voir“.

C'était trop fort pour le caractère despotique du Sultan Hamid. Sa colère augmenta à la suite de l'attitude de la presse où Zia Pacha et Kémal Bey, deux grands écrivains turcs amis de Midhat, faisaient de la propagande pour les idées nouvelles ; ils attribuaient tout l'honneur de la promulgation de la Charte à Midhat et relevaient qu'il suffisait d’un avis juridique (Fetva) du Chéikul-Islam pour détrôner un Sultan. Celui-ci ordonna que Zia Pacha et Kémal Bey fussent expulsés de Constantinople. Zia Pacha accepta un poste et quitta la capitale; mais Kémal Bey s'étant refusé à s’en éloigner et le Sultan insistant absolument pour son départ, Midhat répondit qu’il ne disposait d’aucun moyen légal qui l’autorisât à obliger un citoyen à quitter Constantinople.

Peu de jours après Midhat était invité au.

Palais et informé qu’en vertu de l’article 113 de le Charte, le Sultan l’invitait à quitter le pays. Le Sultan avait obtenu du préfet de police une note de deux lignes où il était dit qu’un agent secret

avait entendu deux individus s’entretenir dans un café et que ceux-ci disaient que Midhat Pacha se préparait à décréter la dictature en sa propre faveur. Midhat Pacha fut obligé de s’'embarquer immédiatement, sans même retourner chez lui, à bord d’un bateau qui l’'emmena à Naples. Le fameux article 113 avait été appliqué pour la première fois contre Midhat Pacha lui-même. !!

Malgré toute l’antipathie que Hamid et tous les hommes d'Etat Turcs ressentaient pour l’œuvre de Midhat Pacha, ils n’en abandonnèrent pas immédiatement l'application, pour ne pas avoir l'air d’indentifier la Constitution avec la personne de Midhat, et pour se donner, à eux-mêmes, le bénéfice de cette œuvre. Le lundi 7 Mars 1877, la nouvelle Chambre, élue conformément à la Constitution, ouvrait ses séances sous la Présidence de Hassan Fehmi Effendi, avocat que Hamid avait tout de suite attiré vers lui. Le Sultan prépara un long message pour la Chambre, où il voulait prouver qu’il n’était pour rien dans les désastres de la campagne en cours comme on l’en avait accusé. Le Grand Vézir eut peine à le dissuader d'envoyer ce message, et le seul argument qui put le décider fut que, par cette attitude, le Sultan faisait abandon de toutes ses prérogatives, se mettait sous la tutelle du Parlement.

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Au cours de cette session, devant les désastres qui s’accumulaient, le Parlement ne conserva plus la même attitude conciliante. Il devint agressif, attaqua tout le monde, exigea des comptes; le Palais ne fut pas épargné. Le Sultan décida la dissolution et pensa que Ahmed Vefik Pacha, le premier président de la Chambre devenu ministre, serait le plus à même de mener à bonne fin ce projet. Ahmed Vefik accepta le Grand Vézirat en posant trois conditions: 1‘). Il deviendrait président du Conseil et pas Grand Vézir; cela voulait dire qu’il tenait à être maître absolu dans le choix de ses ministres; 20). Il exigeait la destitution d’ores et déjà de deux ministres qu’on accusait d’avoir transféré toute l’autorité de la Sublime Porte à la Cour et désirait attribuer le Ministère de l'Intérieur à la présidence du Conseil; 3°). Le Sultan devait promettre d'approuver tous ses actes.

Véfik Pacha arriva au pouvoir, prononça la dissolution de la Chambre, invita les Députés à rentrer dans leur pays, s’opposant de la sorte au désir du Sultan de renvoyer par devant la Cour Martiale ceux des parlementaires qui s'étaient le plus élevés contre laïgestion publique.

La Charte de Midhat Pacha avait vécu.

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