‹ Devoirs d'ecoliers americainsChapitre 120 sur 330 · LA CHEVAUCHÉE DE 1»AUL REVERE · texte numérisé non relu

LA CHEVAUCHÉE DE 1»AUL REVERE

Le 18 avril 1775, Paul Révère dit à un ami : <s. Si les Anglais quittent lîoston ce soir par terre, suspends une lanterne dans la tour de la vieille église du Nord ; mais s'ils le quittent par mer, suspends deux lanternes. Je serai prêt de l'autre côté à aller réveiller et laire armer les gens des fermes et des villages du comté de Middlesex. » Puis il dit : « bonne nuit », et ensuite il traversa prudemment et silencieusement la rivière (Charles River) et arriva à Charlestown au moment où la lune se levait sur le port.

Un grand navire de guerre anglais appelé « le Somerset » était à l'ancre dans la baie. Il ressendjlait à un navire fantôme, tous ses mais et ses agrès éclairés par la lune projetaient une ombre qui ressemblait à des barreaux de prison.

Pendant ce temps son ami se promenait dans les rues et dans les allées, prêtant l'oreille au moindre bruit. Enfin il entendit rassembler les soldats aux portes des quartiers, il entendit le bruit des pas et des armes et la marche cadencée des soldats anglais qui se rendaient au rivage oîi étaient leurs bateaux.

Alors il marcha vers l'église, gravit à la dérobée l'escalier de bois qui conduisait à la chambre du betfroi. Les pigeons effrayés s'envolèrent des poutres sombres qui leur servaient de perchoir et qui répandaient autour de lui leur ombre épaisse que la lune faisait mouvoir en poursuivant sa carrière.

Il grimpa jusqu'à la plus haute fenêtre du mur au moyen de la grande échelle inclinée, et là il s'arrêta [»our écouter et pour regarder les toits des maisons qui étaient au-dessous de lui et sur lesquels la lune répandait ses rayons. A ses pieds gisaient \âs morts dans leur cimetière sur la colline. Le silence était si accablant que le vent semblait être une sentinelle parcourant en rampant les tentes et disant tout bas : « Tout va bien. »

Peiulant un instant, mais un seul instant, le temps, le lieu, le beffroi et les morts, lui firent peur. Car aussitôt son attention (?st attirée par quelque chose qui est dans le lointain à l'endroit oîi le Charles River s'élargit et entre dans la baie de Massa-

(1) Vou' Longfellow : The Landiord's taie, Paul Révères ride. (Taies of a Wayside inn.) (Note du Tratluctenr.)

HISTOIRE. 17 i

chusetts. Ce qu'il voit, c'est une ligne noire qui Hotte et qui s'incline sur les Ilots comme un pont de bateaux.

De l'autre côté delà rivière, Paul Révère se promenait, attendant avec impatience le moment de monter à cheval et de partir. Il caresse d'abord les flancs de son cheval, puis il regarde le paysage qui l'entoure et qui s'étend au loin. 11 frappe fortement la terre du pied, puis il se retourne pour serrer les sangles de la selle de son cheval.

La plupart du temps il regarde attentivement la tour de la vieille église du Nord qui se dresse comme un spectre sur la colline. Pendant qu'il la regarde, il voit une lueur faible et indécise qui devient bientôt une lumière fixe.

Il s'élance sur son cheval et prend la bride dans sa main ; mais il s'arrête et regarde encore; enfin il voit briller une seconde lampe dans le beffroi. Dans les rues du village on entend un cheval passer au grand galop. Le cheval marche si vile qu'il fait jaillir des étincelles lorsque ses pieds touchent les pierres de la rue. C'est tout.

Paul Pievere quitte le village et va sur le pont. Sous ses pieds s'étend la large et tranquille Mystic River qui coule vers l'Océan. On entend les pas de son coursier retentir bruyamment sur le bord rocailleux, puis fouler le sable avec un bruit assourdi.

Les horloges du village sonnaient minuit lorsqu'il traversa le pont qui conduisait à Medford. Il entendit chanter les coqs et aboyer les chiens de ferme. Il sentit l'humidité du brouillard qui s'élève de la rivière après le coucher- du soleil. Les horloges sonnaient une heure lorsqu'il entra en galopant à Lexington.

Il vit l'église des dissidents avec ses sombres fenêtres qui le regardaient 'fixement, et il vit la girouette baignée par la lumière de la lune pendant qu'il passait. Il était deux heures lorsqu'il franchit au galop le pont qui conduisait à la ville de Concord et il entendit bêler les brebis.

Il entendit chanter les oiseaux, et il se sentit rafraîchi par la douce brise du matin qui soufflait sur les prairies.

Et celui qui devait mourir le premier le lendemain dormait tranquillement pendant que Paul Révère passait. Tout le monde connaît le reste.

Les fermiers américains couchés derrière les haies tirèrent sur les Anglais pendant qu'ils se retiraient, .\insi chevaucha

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Paul Révère pendant la nuit, en poussant un cri d'alarme ferme et plein de défi.

Maria C.

Age ; treize ans.

Boston (Massachusetts). — Sliurtletî Grammar School,

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