LE CENTENAIRE DE L EDUCATION
De tous les progrès qui se sont accomplis aux États-Unis pendant les cent ans qui viennent de s'écouler, les plus importants ont été faits dans l'éducation. Nous avons toujours eu le plus grand soin de l'éducation. Dès IGI 9 la Com})agnie de Londres sentait la nécessité d'établir des écoles dans cette colonie. En IG^l la première école gratuite fut établie à Charles City dans la Virginie. On établit aussi de très-bonne heure des écoles libres dans le Massachusetts. Bientôt après on décida que tout village de cent familles aurait une Grammar school, et tout village de cinquante familles une Primary school. On établit dans l'État plusieurs collèges dont le principal était Harvard Collège, à Cambridge, dont l'établissement date de 163(3. En 1858 il y avait quatre écoles normales.
C'est dans cet état que les écoles publiques ont pris naissance.
Les premières écoles n'étaient pas entièrement gratuites, les élèves devaient payer une certaine somme en entrant, mais les écoles avaient d'autres ressources. Elles étaient unies à l'église qui les entretenait en partie. La religion tenait une place importante dans l'inslruction. L'insiruclion plus développée donna naissance à des croyances religieuses diverses, de sorte qu'il devint presque impossible d'enseigner la religion dans les écoles publiques. Aujourd'hui il est défendu à toute secte d'y enseigner ses "doctrines. Il existe aux États- Unis quelques écoles confessionnelles {denominational schools) ; il y en a beaucoup dans l'État de New York.
Cette séparation de la religion et de l'instruction scolaire
eut un mauvais effet sur la morale, qui fut complètement négligée. Le peuple pensa que la religion et la morale étaient une seule et même chose et qu'il fallait les bannir des affaires publiques.
Pendant la guerre de la Révolution, l'éducalion fut fort négligée pour plusieurs raisons. On était alors trop absorbé par la guerre pour avoir le temps de s'occuper de l'éducation. D'un autre côté, la guerre avait appauvri le peuple, qui n'avait pas le moyen d'entretenir des écoles. Mais lorsque cette guerre fut terminée, on s'occupa de nouveau de l'éducation qui, depuis lors, n'a cessé de se répandre en se perfectionnant.
Aujourd'hui les États-Unis possèdent un système d'écoles publiques qui est l'un des meilleurs du monde. D'abord ce système a été très-imparfait, et il ne pouvait pas en être autrcr ment; mais dans ces derniers temps il s'est beaucoup perfectionné, et maintenant nous avons un système d'écoles très-bien graduées {[). Cependant il y a encore dans les campagnes et dans quelques États des écoles non graduées, mais le nombre en diminue rapidement.
Il n'y a pas d'universités aux États-Unis. Cependant on y trouve des établissements qui portent ce nom, par exemple rUniversité de Ann Arbor; mais ce sont plutôt des collèges. Les principaux collèges des États-Unis sont ceux de 'Vale, Cambridge et Howard.
Outre notre système d'écoles publiques, nous avons beaucoup d'autres établissements où sont placés les condamnés et les enfants qui n'ont pas de parents. Dans quelques-uns de ces établissements les condamnés sont obligés d'apprendre quelque métier utile, et beaucoup d'entre eux deviennent des citoyens honnêtes et laborieux lorsqu'ils quittent ces écoles après avoir subi leur condamnation.
Les États-Unis ont aussi fait de grands progrès dans la méthode de l'enseignement. On se servait d'abord, dans nos écoles, de livres classiques. On apprenait par cœur. Le maître enseignait beaucoup de choses sans se préoccuper de la manière dont il les enseignait et sans se demander si ses élèves le comprenaient. Maintenant, au contraire, on se préoccupe beaucoup de la méthode d'enseignement, et l'on s'efforce de
n I Graded schnol, école divisée en classes distinctes ayant un programme régulier; ungraded school, école à une seule classe, sans organisation pédagogique bien arrêtée.
•ii^ NORMAL SCIIOOLS.
développer les facultés intellectuelles, surtout chez les jeunes élèves. D'abord on pensait que la méthode d'enseignement importait peu dans les écoles inféri(;ures. Cette méthode, disait-on, n'avait d'utilité que pour les élèves qui étaient en état de suivre les cours des coliépfes ou des écoles supérieures. En conséquence les petites écoles étaient confiées à des maîtres sans expérience. Mais, de nos jours, on s'est aperçu qu'on ne pouvait obtenir aucun résultat satisfaisant si la base de l'instruction avait été négligée. On a recomm qu'il fallait dès le commencement s'occuper très-sérieusement de l'instruction des élèves. Aussi a-t-on fait d'importantes modifications dans les écoles inférieures, tant sous le rapport de la méthode que sous celui des programmes d'études.
Axxii-: 1).
Age : dix-huit ans.
Milwaukcc (Wisconsin). — Normal doj)artmcnL