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Définissez et expliquez la synthèse et l'analyse

Rép. — ■ La synthèse consiste à rétablir les effets d'après leurs causes. L'analyse consiste à décomposer les elTets en leurs causes. Par exemple, le sel neutre est l'effet de la combinaison d'un acide et d'un alcali. Pour analyser cette substance,on la diviserait en ses éléments et l'on trouverait qu'elle se compose d'un acide et d'un alcali. Pour faire la synthèse, on reconstituerait le sel neutre au moyen de l'acide et de l'alcali. Nos conceptions elles-mêmes sont complexes, car elles sont composées d'une multitude de petites notions. Le procédé analytique consiste, en philosophie, à dégager de ces notions complexes les notions élémentaires ou les causes qui y sont renfermées et qui les constituent, Le procédé synthétique, au

contraire, consiste à combiner ces conceptions individuelles pour en former une grande conception ou une conclusion générale.

•4. Qu'entend-on par les connaissances humaines relatives ?

Réf. — Nous ne connaissons qu'autant que nous avons une faculté de connaître en général. Cette faculté est aussi soumise aux lois qui en limitent et qui en dirigent les allions. C'est par le moyen des sens, dont le nombre est déterminé, que nous acquérons nos connaissances. Nous pouvons concevoir des choses dont nous ne pourrions pas connaître l'existence par l'expérience. Nos connaissances seraient ainsi limitées par le nombre de nos sens. Nos sens eux-mêmes pourraient être imparfaits et alors nos connaissances seraient relatives. L'objet lui-même pourrait être modifié par le milieu à travers lequel il se manifeste à nos sens. Dans ce cas encore nos connaissances seraient relatives.

5. L'attention. Ses relations avec la conscience. Son importance. Comment la cultive-t-on?

Rép. — L'attention est l'application de l'esprit à un certain sujet, à l'exclusion de tous les autres. L'attention a trois degrés : le premier est synonyme de conscience, ce n'est qu'un acte vital et irrésistible. Le second est un acte déterminé par le désir, mais auquel la volonté peut résister. Le troisième est un acte libre de volonté.

L'attention n'est autre chose que la conscience concentrée sur un objet. Le pouvoir de l'attentionest d'une grande valeur, car c'est par l'attention seule que nous pouvons nous rendre maître d'un sujet ou même acquérir une idée claire de ce sujet. On peut cultiver cette qualité en l'exerçant tellement qu'elle devienne une habitude.

S.\LLIE H.

Cincinnati (Ohio.) — École normale municipale.

/ . — PRINCIPES ELEMENTAIRES D EDUCATION.

(ii* année.)

Le devoir des instituteurs consiste ù. présenter la vérité de la science de façon à exciter l'activité de l'esprit.

Quiconque entreprend d'instruire des enfants doit savoir

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que l'éducation d'une personne n'est autre chose que le développement de toutes ses facultés, et (ju'on ne peut arriver à ce résultat qu'en éveillant l'activité personnelle de l'élève.

Les instituteurs seront donc portés à se faire cette question : « Quelle est la manière d'exciter cette activité? »

Nous pouvons répondre d'une façon générale que la science, présentée d'une manière convenable et dans une .condition convenable, produira cette activité.

On demandera ensuite : « Comment peut-on arriver à ce résultat ? »

On a répondu à cette question, et on peut y répondre de mille manières. Pour donner à ce sujet une réponse qui put satisfaire tout le monde, en supposant qu'une telle chose soit possible, il faudrait écrire un volume.

Cependant, malgré la diversité des opinions sur ce point, nous pensons que l'on peut trouver des méthodes de présenter la science qui soient si bien en rapport avec l'ordre naturel du développement de l'intelligence, ({ue personne ne pourra refuser de les admettre.

Considérons l'enseignement d'une science expérimentale: nous savons que l'on peut faire constamment des découvertes dans cette science. Ceux qui ne font pas ces découvertes par eux-mêmes peuvent néanmoins se servir des découvertes faites par d'autres.

Nous pourrons nous instruire en considérant attentivement les résultats oîi sont arrivés ceux qui ont consacré une partie de leur temps à étudier le sujet qui nous occupe. L'observation attentive des méthodes employées par la nature, pour diriger et instruire ses enfants, sera pour nous une autre source d'enseignements beaucoup plus féconde. Les recherches que d'autres auront faites pourront ici nous être d'un grand secours.

Quiconque ne compte, pour instruire des élèves, que sur la science qu'il a acquise dans les livres, est impropre à exercer la profession d'instituteur.

Il faut naturellement que l'instituteur possède cette science que donnent les livres, qu'il conqirenne les méthodes d'enseignement et les lois du développement intellectuel. Mais il faut aussi qu'il sache appliquer ces méthodes générales aux cas particuliers, et qu'il puisse vérifier par lui-même l'exactitude de ces lois. Or, l'expérience de l'enseignement peut seule lui donner cette science.

Il ne faut pas qu'un enfant puisse jamais })enser que son

devoir consiste ù assister passivement à la classe et à se laisser instruire.

Tous les enfants aiment à s'occuper d'une manière ou d'une autre, il faut toujours qu'ils travaillent ou qu'ils jouent. Si on ne leur fournit pas un objet convenable sur lequel ils puissent exercer ce besoin d'activité, il en résulte, comme nous le savons parfaitement, que leurs petites mains ne restent pas oisives et qu'elles s'occupent à faire quelque méchanceté.

On peut présenter le travail aux enfants de manière à éveiller leur intérêt , et alors ils s'empresseront de s'y livrer.

11 en est de l'esprit comme du corps. L'esprit d'un enfant est toujours actif, et le maître doit profiter de cette activité, et employer toute son influence à lui donner une bonne direction. L'esprit d'un enfant s'occupe des sujets qui l'intéressent le plus. Si le maître sait rendre intéressantes les choses que son élève étudie, celui-ci leur consacrera toutes ses pensées. Mais si le maître ne fait aucun effort en ce sens, ou si les efforts qu'il fait ne sont pas couronnés de succès; si l'élève considère les leçons et la classe comme des maux nécessaires, ou du moins comme des maux qu'il est oblii(é de souffrir momentanément, vous pouvez être assuré que l'esprit de cet élève s'exerce activement sur des sujets complètement étrangers à ceux qui font l'objet de votre enseignement.

Ainsi donc la première chose que vous devez vous proposer, c'est d'intéresser vos élèves. Lorsque vous aurez atteint ce but, vous serez sûr que leur attention ne sera pas distraite. Les enfants aiment la science. 11 })eut se faire qu'ils n'aiment pas à apprendre ce qu'ils trouvent dans les livres, mais ils aiment à savoir. Ils aiment à apprendre tout ce qui est nouveau ou tout ce qui a de l'attrait pour eux. Ils veulent apprendre.

Nous aurons beau faire, il faudra qu'ils apprennent quelque chose, bon ou mauvais.

Puisqu'il en est ainsi, les instituteurs ne devraient-ils pas faire tous leurs efforts pour empêcher le fruit que les élèves cueillent à l'arbre de la science de se transformer pour eux en poison? >'e devraient-ils pas essayer de donner à ce fruit toutes les qualités propres à en faire une nourriture saine et fortifiante pour leurs élèves?

Certaines qualités sont nécessaires pour rendre un sujet intéressant. Nul d'entre nous n'est insensible aux charmes de ce qui est nouveau ou de ce qui nous est présenté d'une manière nou-

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velle. Mais le sujet le plus attrayant devient monotone si l'on s'y arrête trop longtemps.

C'est là une loi de notre nature, qui s'applique surtout aux enfants. Il suit de là que nous ne devons jamais perdre de vue cette loi, lorsque nous développons un sujet devant notre classe.

Un instituteur habile trouvera de nouvelles explications, 11 saura présenter d'une façon nouvelle les sujets qui pourraient manquer d'intérêt pour ses élèves.

Il faut aussi que notre enseignement soit appro})rié à l'intelligence de ceux que nous voulons instruire.

Un traité où l'on exposerait quelipes-unes des théories de la philosophie morale n'aurait aucun intérêt pour des enfants de la Prhnanj School, quand même l'exposition de ces théories serait entièrement nouvelle. Il faut que la science qu'on enseigne à l'élève soit telle, qu'elle puisse se rattacher à quehjue autre science qu'il possède déjà : nous sommes obligés de gravir la colline de la science pas à pas, nous ne pouvons pas prendre notre essor et atteindre le sommet d'un seul coup d'aile.

Nous répétons, en terminant, que tout ce qui est intéressant pour un enfant ne manquera pas d'attirer son attention.

Nous pourrions donc abréger cette loi et dire que le devoir des instituteurs consiste à rendre l'école et les devoirs de l'école intéressants pour leurs élèves.

Éloïse B.

Ypsihuiti (Michigan.) — École normale de l'État.

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