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MOBILIER DE l'ÉCOLE

Le choix du mobilier d'une école a une grande importance, non-seulement pour développer chez les élèves le sens de l'esthétique, mais encore pour les faire travailler convenablement. Les pupitres doivent être commodes ; il faut qu'ils soient un peu inclinés, simples et non doubles comme ils l'étaient autrefois. Il ne doit pas y en avoir plus de cinquante dans une salle; il doit y avoir entre les rangées des espaces suffisants pour permettre de passer facilement.

Il faut aussi choisir avec soin le tableau, alin qu'il puisse servir d'ornement à la salle, et en même temps rendre le travail de la classe plus distinct et plus intelligible. La maîtresse pourrait donner encore plus d'attrait à la salle de classe, en dessinant sur le tableau quebpie objet qui puisse plaire aux yeux, ou bien, si elle ne sait pas dessiner, en y inscrivant une citation à la portée de Tintelligence des élèves.

Dans les classes supérieures, elle pourrait inspirer à ses élèves un si grand désir de voir toujours le tableau propre, qu'elles se chargeraient elles-mêmes de l'entretenir dans cet état.

Une estrade serait très-commode. Elle permet à la maîtresse d'embrasser d'un seul coup d'œil toute la salle et de mieux tenir ses élèves. La présence de la maîtresse sur l'estrade lui donne un air de dignité qui a une grande influence sur l'esprit des élèves. Lorsque l'on fera des exercices publics ou généraux, cette estrade sera d'une grande utilité pour les élèves et pour les visiteurs, qui pourront voir et entendre l'orateur plus distinctement que s'il était de plain-pied avec eux.

Il y a d'autres petits meubles moins importants dont le choix dépend beaucoup du jugement et du goût de la maîtresse. Parmi ceux-ci, il faut placer une horloge, qui servira à la maîtresse à déterminer la durée des récitations, l'heure à laquelle elle doit terminer la classe, l'heure des récréations, etc. Ce fidèle moniteur pourra aussi donner d'importantes leçons aux enfants. Ajoutez-y des pointes de graveur et du pastel pour l'usage des élèves.

Il faut mettre dans un coin un panier pour les papiers, et un thermomètre qui servira à régler la température de la salle.

Dans les Intermcdiate Scliools, High Schools et Xonnal Scliools, il serait bien à désirer qu'il y eût une bibliothèque, quelque restreinte qu'elle fût, contenant des livres de renseignements. Il devrait aussi y avoir dans ces écoles une table, outre celle de la maîtresse, oi^i les élèves pourraient aller s'asseoir pouf lire et pour écrire.

En dernier lieu viennent les objets destinés à développer chez les élèves le sentiment du beau. Ces objets ne sont pas les moins importants : ils peuvent se composer de supports, de vases, de statues, de tableaux et d'une jardinière.

S'il n'est pas possible à une maîtresse de se procurer tous les objets dont je viens de parler, il faut absolume^nt que les

clioses qui sont sous sa responsabilité et sous celle des enfants soient entretenues avec le plus grand soin.

Son pupitre, ses registres, les règles, la gonnne élastique, les paillassons, les pointes de graveur, etc., doivent toujours être en bon ordre.

Que les livres des élèves soient proprement rangés dans leurs pupitres lorsqu'ils ne s'en servent pas, que toutes les choses inutiles soient serrées : ils contracteront ainsi des habitudes d'ordre et de propreté qui leur seront très-utiles dans la suite.

Anna W.

Dayton (Oliioj. — École normale municipale.

J8. — DE l'enseignement du dessin.

1. Quelle est l'espèce de dessin qu'on peut enseigner le plus avantageusement dans les Coiiimon Schools?

Rép. — Le dessin que l'on jteut enseigner le plus avantageusement dans les Common Schools ne consiste pas à faire de simples copies, ni à peindre. On doit enseigner les proportions, les principes et les éléments du dessin pratique, des figures de la géométrie plane et rendre familière aux élèves la beauté des formes.

On veut ordinairement que les enfants puissent dessiner au tableau, ce qui suppose la connaissance des principes de la perspective, de la lumière et de l'ombre. Or pour connaître ces choses il faut une longue expérience et une étude approfondie des éléments du dessin. 11 serait impossible pour les élèves de reproduire des dessins compliqués, si la connaissance des principes élémentaires ne leur permettait pas de les réduire aux formes simples. Il faut rendre le dessin intelligible pour l'élève. Il faut qu'il puisse distinguer et expliquer les principes élémentaires de chaque figure.

2. Quel avantage l'élève retire-t-il de l'étude du dessin dans les Public ScJiools?

Rép. — Si l'étude du dessin est bien faite dans les Public Schools, elle apprendra à l'élève la loi des proportions, elle cultivera son jugement. L'analyse et l'étude attentive du modèle lui apprendront à observer. La perception par les sens, l'imagination, l'intelligence de l'élève seront ainsi cultivées.

494 NORMAL scnooLs.

Le goùl ot le seiiliineiit du beau se développeront en lui. L'élude complète du dessin riMid familiers à l'élève les éléments de la géométrie. L'explication des ligures qu'il a dessinées lui donne la facilité d'exprimer ses pensées dans le langage le plus élégant ou dans un bon style.

3. Comment vous y prendriez-vous pour donner une leçon de dessin sur l'ardoise et sur le tableau.

Ih'p. — f^our donner une leçon de dessin sur l'ardoise, la maîtresse doit donner à la classe la copie d'une figure facile à analyser. Ensuite elle enlèvera la copie et dictera aux élèves. Elle leur dira d'abord de dessiner sur leurs ardoises les contours, les lignes d'une certaine longueur, qu'elle tracera ellemême au tableau noir, afin que les élèves puissent comparer et rectifier leur propre travail. La maîtresse doit donner les indications promptement et forcer tous les élèves à travailler ensemble. Lorsque les élèves auront dessiné les contours, la maîtresse dictera le nombre de divisions, de lignes, etc., jusqu'à ce que la figure soit achevée. Tout cela doit être dessiné en lignes ponctuées ou en lignes pleines très-légères. La maîtresse dira ensuite aux élèves de joindre les points par des lignes pleines et d'effacer les lignes de construction.

La leçon de dessin au tableau noir se donne à peu près de la même manière, en dictant. Mais, dans ce cas, la maîtresse n'accompagne })as les élèves, qui doivent dessiner tout seuls d'après les indications de la maîtresse. Les proportions doivent être beaucoup plus grandes que dans la leçon précédente. Les élèves complètent, joignent les points par des lignes pleines et eflacenl comme il a été dit ci-dessus.

4. Quels sont les divers procédés que doit employer un élève pour dessiner d'après une copie?

Rép. — 11 doit d'abord analyser la figure et la décomposer en ses éléments, reconnaître les lignes de construction qui doivent servir de base à la figure, et déterminer les proportions des diverses parties. 11 doit ensuite esquisser les lignes de construction. Les lignes de géométrie plane doivent avoir certaines proportions conformes aux éléments inférieurs. 11 dessinera d'abord les éléments importants, auxquels il ajoutera les éléments particuliers au modèle. Après avoir terminé sa figure, il joindra les points par des lignes pleines et il effacera les lignes de construction.

5. CiOnnnent faut-il s'y prendre pour faire dessiner les élèves avec propreté et avec soin ?

Réf. — Il faut \('S faire dessiner sur TanJoise jusqu'à ce qu'ils soient assez forts pour dessiner sur le papier ou sur le cahier.

La maîtresse doit ramasser. les cahiers de dessin et les garder jusqu'à ce que les élèves en aient besoin. Elle doit les examiner, montrer aux élèves les fautes qu'ils ont faites et leur indiquer la manière de les éviter.

Ne permettez pas aux élèves de dessiner sur leur cahier avant qu'ils aient suflisamment étudié la figure sur leur ardoise. Faites-leur comprendre le mauvais effet produit par la vue d'un dessin mal soigné. La niaîtresse devra comparer le travail des différents élèves et leur montrer la différence qu'il y a entre un cahier propre et bien tenu et un autre cahier sale et mal tenu. Si les élèves persistent à présenter un travail mal fait, il faut les priver de l'usage de leurs cahiers. Ce moyen produira assurément de l'effet, car ils aiment bien mieux dessiner sur leurs cahiers que sur les ardoises.

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