MON EXCURSION DANS L'OUEST
Je crois qu'en vous racontant l'excursion que j'ai faite un jour dans la Prairie, je pourrai modifier les idées de ceux d'entre vous qui n'ont jamais visité cet endroit et leur faire voir que ce pays a des charmes qu'on ignore.
Je commencerai par vous parler de la petite ville appelée Mishawaka, où je fis une petite station. Elle est située sur les deux rives du fleuve Saint-Joseph, à 90 milles au Sud-Est de Chicago. Elle n'a pas de trottoirs, parce que le sol y est trèsdur. La plupart des maisons y sont entourées d'un acre de terrain, et ont de magnifiques jardins sur le devant. Il n'y a pas de maison qui ait plus de deux étages.
11 y a deux collines à environ un mille de la ville, et naturellement elles sont fréquentées par les habitants de la ville qui s'y rendent en grand nombre, car il n'y a pas d'autres collines à plusieurs milles.
Dans les Prairies, les collines sont une grande curiosité presque pour tout le monde. Il y a des personnes qui n'ont jamais vu d'élévation ayant plus de cent pieds de haut. Je m'arrêtai assez longtemps dans cette ville, puis je remontai le fleuve dans un navire à voiles par un magnifique clair de lune.
liG fleuve contient une grande quantité de petites îles. Nous nous arrêtâmes dans l'une d'elles appelée l'île de Hon, pour nous reposer après avoir ramé pendant trois milles pour remonter le fleuve. Je passai le reste de mon temps très-agréablement dans la ville.
Ensuite je me rendis à La Porte, à douze milles au sud du lac Michigan, où je séjournai quelque temps. Cet endroit est entouré de sept petits lacs; toutes les rues sont larges, et elles ont toutes, je dis toutes, et non pas seulement une ou deux, une rangée d'érables de chaque côté. La plupart de ces arbres sont très-gros, et donnent par conséquent un ombrage magnifique pendant une chaude journée d'été. C'est un véritable plaisir de se promener dans les avenues (il y a des avenues à La Porte comme dans une ville) et il y a sur les lacs un steamer appelé Viola.
Nous dressâmes notre tente hors de la ville sur une île dans l'un des lacs : notre société se composait de 40 personnes. Nous partîmes de bonne heure le matin dans une grande voiture de déménagement, munis de nos grands chapeaux de paille, de nos vêtements de toile et de nos grosses bottes. Vers sept heures nous arrivions au lac et montions dans des barques qu'un petit garçon nous avait préparées. Nous traversâmes le lac en ramant jusqu'à l'île des Pins (c'est ainsi qu'elle s'appelle). En débarquant nous étions de très-bonne humeur, les messieurs dressèrent les tentes ; les plus grands garçons et les plus grandes filles allèrent se promener à la rame sur le lac pendant que les enfants couraient pour voir ce qu'ils pourraient trouver. Ils furent absents pendant un bon moment, et lorsqu'ils revinrent, ils présentaient le spectacle le plus drôle du monde : ils étaient tout retroussés ; ils étaient trempés. Ils nous dirent qu'ils venaient de barbotter et qu'ils avaient essayé de prendre de petits poissons. Nous passâmes le reste de la semaine à pêcher, à ramer, et à nous amuser de mille manières. Nous revînmes ensuite à la ville pour y passer une autre semaine.
De là nous sommes allés à Michigan-City, ville située sur le lac Michigan. Nous y avons passé deux semaines. Un jour une société de nos amis partit pour Hoosier et Yankee Slides, comme on les appelle. Ce sont de hautes collines où il n'y a que du sable, elles sont très-escarpées. Lorsque le vent du lac souffle très-fort, il fait voler le sable de ces collines, de sorte que les maisons voisines ont souvent été ensevelies. Les en-