‹ Devoirs d'ecoliers americainsChapitre 65 sur 330 · AUTOBIOGRAPHIE D'uN VIEUX. FUSIL · texte numérisé non relu

AUTOBIOGRAPHIE D'uN VIEUX. FUSIL

{S" année.)

J'étais couché dans les Montagnes de Fer au sud de la ville de Saint-Uouis, dans le Missouri. J'y fus trouvé par des mineurs qui m'en firent sortir et me portèrent à l'usine métallurgique, puis à la fonderie où l'on travaille le fer brut pour en faire des objets d'utilité. G.omme mon métal était très-bon, on résolut de faire de moi un fusil. On me façonna en forme de long cylindre, et on perça un trou dans le sens de ma longueur. Je fus alors un canon de fusil, puis on me fixa sur un morceau de bois de rose, ensuite on me brunit et on vernit ma

monture. Puis on me porta dans un magasin de fusils, où l'on me laissa.

Je n'y restai pas longtemps : j'étais si beau, que j'attirai bientôt l'attention d'un marchand dont la famille habitait le pays. Il m'acheta pour son fils aîné, et on m'emporta de la ville pour me faire vivre à la campagne. On m'employa surtout à la chasse, pour tirer les perdrix, et je me conduisis toujours convenablement. Je fus si fidèle à mon propriétaire qu'il eut bientôt toutes les perdrix. Les voisins de mon propriétaire furent jaloux de moi, et un jour un de leurs chevaux piétina sur moi. Je fus grandement effrayé parce que je croyais que je serais hors d'usage pour le reste de mes jours, mais heureusement je ne fus pas blessé. Peu de temps après on me mena à la guerre pour rendre de grands services à mon pays. Je fus heureux dans toutes les batailles où je combattis. Mon bonheur me valut le surnom de « champion des batailles ». J'assistai aux batailles les plus fameuses de la guerre de la Révolution. A mon retour on me conserva plutôt comme une relique de la guerre que comme un o])jet d'utilité.

Un matin j'entendis parler du Centenaire. J'étais bien curieux de savoir ce que tout cela signifiait. Il arriva que ceux qui causaient ainsi me virent ; aussitôt ils décidèrent qu'on me présenterait comme une des reliques de la guerre de la Révolution. On m'empaqueta avec quelques autres reliques et on m'envoya à Philadelphie par le chemin de fer. J'arrivai sain et sauf au bâtiment de l'Exposition et l'on me plaça dans un des principaux quartiers, pour me faire admirer par les visiteurs. Tout le monde prit beaucoup de plaisir à me regarder, car, malgré ma vieillesse, je ne suis pas trop cassé. Qu'est-ce que je deviendrai en quittant ce bâtiment ?

Math.da B.

Age : quinze ans.

Cincinnati (Ohio).

École du degré intermédiaire pour les enfants de couleur.

LE travail.

Travailler, c'est employer sa force. Dieu nous a mis dans ce monde pour travailler et non pas pour flâner, les mains dans les poches, en fumant ou en chiquant du tabac, comme nous voyons que certaines personnes font tous les jours. On regarde la jeunesse comme le temps de la vie où il faut semer ; c'est

94 GIIAMMAR SCnOOLS.

pourquoi il faut donner aux iionuues, dès leur jeunesse, des leçons de travail. Si un petit garçon ou une petite fille a quelque travail à faire, il faut le faire joyeusement.

L'homme qui a la force de travailler doit pourvoir aux besoins de ceux qui comptent sur lui pour vivre. Tous n'onl pas le même travail à faire. Les uns jieuvent avoir un travail très-facile, tandis que les autres en auront un très-difficile. Les petits garçons et les petites filles ont à travailler ferme pour faire leur éducation : c'est un travail très-difficile. Le travail est une noble qualité, et l'homme qui a cette qualité sera respecté pendant toute sa vie. Il y a des gens qui sont trop paresseux pour travailler; ils vont mendier, voler, et ils font toute espèce de mal à leurs voisins.

Il ne faut pas travailler dans le dessein de s'enrichir au détriment de son àme. Les personnes qui sont riches n'ont pas besoin de travailler pour gagner leur vie, mais elles peuvent aider, encourager ceux qui travaillent. On est porté, par suite d'une fausse interprétation, à mépriser le travail, mais si nous nous reportons à cent ans dans notre histoire, nous verrons que nos pères ne le méprisaient pas. S'ils l'avaient méprisé, oii en serions-nous maintenant? Pouvez-vous le demander? Eh bien, nous serions restés les sujets de la Grande-Bretagne. 11 faut toujours travailler avec bonne volonté, car la Bible dit : a Quelle que soit la chose que ta main trouve à faire, il faut t'y employer. »

Parmi les hommes éminents qui ont travaillé avec énergie, il faut citer Georges \Yashington, le Père de son pays. Il travailla pour la liberté de son pays et il réussit : maintenant son nom est cher à tous les Américains. \ l'Exposition du Centenaire on verra le travail de cent ans.

John Q.

Age : seize ans.

Leipcrville, comté de Delaware d^ensylvanie).

■i5. — LES BONNES MANIÈRES (1).

(9* année.)

Les manières sont une certaine façon de faire les choses; elles sont aussi l'expression d'un bon cœur ; ceux qui ont

(1) Écrit sans notes en classe le lendemain d'un jour où avait eu lieu une conversation de quarante minutes, dirigée par le maître. —

le cœur bon ne parleront jamais de façon à froisser les sentiments d'un autre.

Les manières font, aident ou détruisent les mœurs. Elles sont supérieures à la simple beauté personnelle et durent plus longtemps qu'elle. Un refus exprimé poliment est bien plus agréable qu'une faveur accordée avec rudesse.

Une propreté générale dans la personne, dans les vèteiuents et dans tout ce qui nous entoure est, avec la convenance tlans les paroles, une des qualités essentielles des bonnes manières. Apprenez de bonne heure à compter sur vous, faites chaque chose avec aisance et régularité ; soyez poli, sincère, juste, et n'oubliez jamais qu'on soutient bien mieux sa dignité par la douceur et la grâce que par la dureté et la grossièreté.

On peut retirer un certain avantage moral du bon goût dans les vêtements. Efforcez-vous de vous habiller de manière que, tout en disant que vous êtes bien mis, on ne puisse pas dire ce que vous portez. Que votre corps, vos dents, vos cheveux soient toujours d'une propreté parfaite, n'ayez jamais les ongles sales. Lorsque vous vous asseyez, faites-le tout à fait, et que vous soyez assis ou debout, ne vous balancez jamais.

Parlez avec expression, d'un ton bas et distinct. Apprenez à bien converser, et surtout à bien écouter, car l'inattention est la marque d'un esprit petit et faible. Parlez pour dire quelque chose, soyez bref, rejetez les expressions d'argot et ne parlez pas de vous. Efforcez-vous de plaire aux autres; parlez en dialogues, ne faites pas" de monologues. Gardez- vous de raconter des nouvelles désagréables. Acceptez toujours votre situation gracieusement, joyeusement si vous le pouvez.

L'impolitesse n'existerait pas si tout le monde se conformait à la Piègle Dorée (1), car quelle est la personne qui aime à être traitée avec impolitesse? N'ayez jamais recours à la méchanceté, à la bassesse, ni aux expressions vulgaires. Parlez

Sur 30 élèves, 28 ont présenté des copies analogues à celle-ci. (Xote de M. Curtis, maître de la P* classe.) il) Be you to oihers kind andtrue

And never do nor saij to men Whate'er you luould not tal:e again.

Soyez bienveillant et sincère envers les autres, et ne leur faites ni ne leur dites ce que vous ne voudriez pas accepter de leur part.

iXote du traducteur.)

96 (iRA.MMAK SCHOOLS.

géuéreusenieiit des absents. Souvenez-vous que : « l.a politesse consiste à dire ou à faire les choses les plus agréables de la manière la plus agréable. »

Nannie m.

Age : seize ans.

Boston (Massachusscts). Gaston grammar Scliool.

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