‹ Devoirs d'écoliers Américains, recueillis a l'exposition de Philadelphie, 1876Chapitre 259 sur 355 · NOS PRÉSIDENTS · texte numérisé non relu

NOS PRÉSIDENTS

La Présidence des États-Unis est la plus haute charge à laquelle un Américain puisse prétendre. On peut être Ûer d'être Vhomme choisi entre quarante millions de citoyens. Aucun étranger n'est éligible : le Président doit être né en Amérique.

Washington fut notre premier Président, et il donna un si jgrand exemjple de probité et de vertu virile que bien peu l'ont égalé et que personne ne l'a surpassé. Il fut brave, bon soldat, et il rendit de grands services à la nation dans sa lutte pouf l'indépendance.

Il résista hardiment et bravement à toute l'armée anglaise. Sa bonté et sa simplicité firent honte aux grands seigneurs et aux nobles d'Angleterre.

John Adams fut un vieillard sublime. D rendit, comme Président, des services inappréciables. Mais la lutte des partis priva le pays de son influence au moment où on avait le plus grand besoin de ses sages conseils.

Thomas Jefferson, à qui nous devons la Déclaration d'Indépendance, fut un homme noble et excellent. Le mot échec lui était inconnu.

Madison et Monroe s'acquittèrent convenablement de leurs fonctions en conservant l'honneur et l'intégrité de la nation.

John Quincy Adams fut le Président le plus élégant et le plus instruit que nous ayons eu. Mais il eut le sort de son père, et la lutte des partis empêcha sa réélection : il n'exerça qu'une présidence.

Andrew Jackson, surnommé le vieux Noyer (i), fut un ferme démocrate et un excellent Président. Il ne ressembla à aucun des hommes de son parti qui lui ont succédé.

(1) Old Hickory.

La présidence de Martin Van Buren se réduisit à rien. Le peuple ne tarda pas à se fatiguer de lui, et il le lui fît savoir.

Harrison fut un vieillard honnête. Il dut son élection au parti whig. 11 serait sans doute devenu un bon Président si, par une cause inconnue, il n'était mort un mois après son installation.

John Tyler, le Vice-Président qui lui succéda, fut un méchant homme. Tout le monde vit avec joie expirer le terme de sa présidence.

Polk de Tennessee, qui fut Président pendant la guerre du Mexique, était un petit avocat obscur. Il passa sans laisser un nom.

Le général Taylor, qui lui succéda, était un bon soldat et mi honnête homme. Il était même trop honnête pour le parti qui avait été au pouvoir. Il eut bientôt le sort de Harrison : il laissa sa place à Fillmore, qui trahit le parti qui Tavait porté à la Présidence et sortit déshonoré de la Maison-Blanche.

Franklin Pierce, du Nev\^ Hanipshire, autre petit avocat, ne fit que passer et fut bientôt oubhé.

Buchanan, qui lui succéda, ne lui ressembla pas. C'était un politique distingué de l'école démocratique. Il fut l'instrument de son parti qu'il servit bien. Mais il a laissé une réputation qu'aucun honnête homme n'envie.

Nous arrivons maintenant à la présidence d'Abraham Lincoln, surnommé le Bon, qui fit plus pour son pays qu'aucun autre homme. Il a laissé un nom et une réputation qui passeront à la postérité avec ceux de Washington chez nous, et ceux des grands hommes et des hommes de bien des autres nations.

Johnson, qui le suivit, est indigne du nom de Président. Le mieux que nous puissions faire c'est de n'en pas parler.

Grant, le titulaire actuel, était un bon soldat, et, je crois, très-honnête homme. Mais il n'est pas instruit et ses manières n'ont rien de distingué. On n'aurait jamais dû le nommer Président» Ce sera une grande gloire pour la nation si son succès* seur honore sa place au lieu de tirer d'elle tout son lustre. Ne perdons pas l'espoir, quoi qu'il arrive.

WlM-IAM J.

▲vondale, comté d'Hamilton (Ohio).

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