‹ Devoirs d'écoliers Américains, recueillis a l'exposition de Philadelphie, 1876Chapitre 322 sur 355 · HISTOIRE DE L'ÉDUCATION · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE L'ÉDUCATION

1. Quelle importance y a-t-il à connaître l'histoire d'un art ou d'une science pour ceux qui veulent devenir habiles dans cet art ou dans cette science ?

Rép. -* La connaissance de cette histoire est très-importante parce qu'elle sert de base à tout ce que nous apprendrons dans cet art ou dans cette science. Si une personne ignore qu'un certain perfectionnement a été apporté à ime machine, et qu'à la suite de longues recherches elle iuTente le même perfectionnement, elle prouvera qu'elle â autant de génie que le premier inventeur, mais son invention ne sera d'aucime utilité pratique parce qu'elle était déjà connue. Si cette même personne avait employé son travail et ses soins à inventer quelque chose de nouveau, son gém'e lui aurait permis de rendre de grands services à l'humanité. Ainsi elle n'aurait perdu ni son temps ni son énergie intellectuelle.

L'histoire d'un art ou d'une science est encore très-imporfaute, parce qu'elle nous montre comment les grands hommes de cette époque travaillaient et qu'elle nous donne ainsi un bon exemple à imiter. Lorsqu'on découvre de nouveaux principes, on a souvent beaucoup de peine à les faire admettre par tout le monde. Autrefois on persécutait, et l'on condamnait

même à mort les inventeurs de nouvelles doctrines. Bien qu'aujourd'hui on n'ait plus recours à ces procédés indignes, les auteurs des théories modernes ont cependant bien souvent à lutter contre une violente opposition. D est donc important pour eux de savoir comment les penseurs d'autrefois résistaient à l'opinion publique et souvent en triomphaient. Les exemples illustres de ces hommes de génie les encourageront dans leurs premiers essais, et les porteront à faire de nouveaux efforts. Or ces exemples, nous les trouvons dans l'histoire des arts et des sciences.

2. Quel était l'idéal de l'éducation chez les Grecs ? Principaux pédagogues grecs.

ij/îp. — L'idéal des Grecs dans l'éducation était le beau et le bon. Us se proposaient pour but la vigueur et la force physiques et intellectuelles, le développement de l'âme et du corps. C'était le résultat qu'ils s'efforçaient d'obtenir par la gymnastique et par tout le cours de leur éducation. D'un autre côté, les Grecs attachaient une grande importance à l'autorité de l'État qu'ils faisaient passer avant toutes les relations de famille. Pendant l'âge héroïque de la Grèce, l'éducation était patriarcale : le père instruisait le fils ; la fille était instruite par la mère. Les liens de la piété filiale attachaient les enfants à leurs parents. Le père était le chef de la famille, il avait droit de vie et de mort sur ses enfants. Pendant l'âge historique, l'éducation par l'État fut substituée à l'éducation par la famille. Dès leur tendre enfance, les garçons étaient confiés à l'État qui les élevait jusqu'à l'âge de dix-huit ans, époque à laquelle ils entraient dans l'armée. Les filles restaient chez elles, et elles étaient élevées par leurs mères. Pendant l'âge héroïque, l'éducation avait surtout pour but la culture physique et morale ; plus tard on s'attacha davantage à développer les facultés intellectuelles.

Les deux principaux États de la Grèce, au point de vue de l'éducation, étaient la Ooride et l'Ionie (1). Sparte et Athènes en étaient les villes principales. Elles n'avaient pas les mêmes opinions sur la manière d'élever la jeunesse. Le Spartiate exigeait la force physique, l'obéissance passive, enfin la précision militaire et toutes les qualités qui sont nécessaires à un bon guerrier. L'Athénien, au contraire, recherchait la beauté plas- \ique; il préférait l'agilité et la grâce à la force ; il avait aussi

V) Confusion entre les races et les États.

m NORVÀt SCHÛOLS.

du goût pour Ia philosophie et pour les sciences. La femme / tenait un rang plus élevé en Doride qu'en lonie, ce qui est [ démontré par ce fait qu'il y avait beaucoup de femmes poètes en Doride, tandis qu'il n'y en avait pas à Athènes.

Les pédagogues grecs les plus éminents furent Socrate, Âristote et Platon, à Athènes ; Pythagore, à Sparte. Les lois de Lycurgue eurent beaucoup d'influence sur l'éducation à Sparte. Athènes subit également Tinfluence des lois de Soloii» Mais ^ nous ne pouvons pas mettre ces deux législateurs au npmbra des instituteurs proprement dits.

S. En quoi l'idéal de l'éducation chez les Romains différfutil de celui des Grecs ? Principaux pédagogues romains.

Rép, — Le système d'éducation chez les Romains était surtont utilitaire et pratique ; il s'éloignait beaucoup plus de Tidéal que celui des Grecs. Toutes leurs pensées al toutes leurs actions avaient un but pratique. Ils donnaient de l'éducation à leurs enfants, non pas parce que l'éducation est en elle-même une chose bonne et désirable, non pas parce qu'elle tend à ennoblir l'homme, à cultiver son esprit et son cmup, mais simplement parce qu'elle devait les aider à gagner leur ?}^. Ils n'estimaient l'an que pour sa beauté, et ils mettaient moins de soin que les Grecs à le cultiver. Leurs maisons étaient d'une construction commune et grossière, mais les temples qu'ils élevaient aui dieux étaient magnifiques, et tous les bAtimei^ de l'État étaient des modèles d'architecture. Il est ?rai que c'était aux Grecs qu'ils avaient emprunté cette architecture.

Au point de vue moral aussi, surtout dans les derniers temps, les Romains étaient bien inférieurs aux Griecs. C'est ce que nous voyons par leurs fêtes, qui étaient une imitation de celles des Grecs, mais oh régnaient la licence, l'intempérance et le vice. A Rome, la mère occupait dans la femille une place plus élevée qu'en Grèce. C'était elle qui, jusqu'à un eertain {point, était chargée de l'éducation des enfants. Les Romains avaient en général plus d'estime pour la femme que les firmes. Ils encourageaient son émancipation, loin d'y mettre dïmtêcifi i et ils jetaient ainsi les fondements de l'œuvre que les uatiens modernes ont mission de compléter.

Les principaux pédagogues romains furent : Numa PompilittS, Varron, Cicéron, Sénèque et Quintilien.

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