‹ Devoirs d'écoliers Américains, recueillis a l'exposition de Philadelphie, 1876Chapitre 53 sur 355 · MON EXCURSION DANS L'OUEST · texte numérisé non relu

MON EXCURSION DANS L'OUEST

Je crois qu'en vous racontant l'excursion que j'ai faite un jour dans la Prairie, je pourrai modifier les idées de ceux d'entre vous qui n'ont jamais visité cet endroit et leur faire voir que ce pays a des charmes qu'on ignore.

Je commencerai par vous parler de la petite ville appelée Mishawaka, où je fis une petite station. Elle est située sur les deux rives du fleuve Saint-Joseph, à 90 milles au Sud-Est de Chicago. Elle n'a pas de trottoirs, parce que le sol y est trèsdur. La plupart des maisons y sont entourées d'un acre de terrain, et ont de magnifiques jardins sur le devant. Il n'y a pas de maison qui ait plus de deux étages.

il y a deux collines à environ un mille de la ville, et naturellement elles sont fréquentées par les habitants de la ville qui s'y rendent en grand nombre, car il n'y a pas d'autres collines à plusieurs milles.

Dans les Prairies, les collines sont une grande curiosité presque pour tout le monde. Il y a des personnes qui n'ont jamais vu d'élévation ayant plus de cent pieds de haut. Je m'arrêtai assez longtemps dans cette ville, puis je remontai le fleuve dans un navire à voiles par un magnifique clair de lune*

m GRAMMAR SGHOOLS.

Le fleuve contient une grande quantité de petites îles. Nous nous arrêtâmes dans Tune d'elles appelée File deHon, pour nous reposer après avoir ramé pendant trois milles pour remonter le fleuve. Je passai le reste de mon temps très-agréablement dans la ville.

Ensuite je me rendis à La Porte, à douze milles au sud du lac Michigan, où je séjournai quelque temps. Cet endroit est entouré de sept petits lacs; toutes les rues sont larges, et elles ont toutes, je dis toutes, et non pas seulement une ou deur, une rangée d'érables de chaque côté. La plupart de ces arbres sont très-gros, et donnent par conséquent un ombrage magnifique pendant une chaude journée d*été. C'est un véritable plaisir de se promener dans les avenues (il y a des avenues à La Porte comme dans une ville) et il y a sur les lacs un steamer appelé Viola.

Nous dressâmes notre tenle hors de la ville sur une île dans l'un des lacs : notre société se composait de 40 personnes. Nous partîmes de bonne heure le matin dans une grande voiture de déménagement, munis de nos grands chapeaux de paille, de nos vêtements de toile et de nos grosses bottes. Vers sept heures nous arrivions au lac et montions dans des barques qu'un petit garçon nous avait préparées. Nous traversâmes le lac en ramant jusqu'à l'ile des Pins (c'est ainsi qu'elle s'appelle). En débarquant nous étions de très-bonne humeur, les messieurs dressèrent les tentes ; les plus grands garçons et les plus grandes filles allèrent se promener à la rame sur le lac pendant que les enfants couraient pour voir ce qu'ils pourraient trouver. Ils furent absents pendant un bon moment, et lorsqu'ils revinrent, ils présentaient le spectacle le plus drôle du monde : ils étaient tout retroussés; ils étaient trempés. Ils nous dirent qu'ils venaient de barbotter et qu'ils avaient essa} ô de prendre de petits poissons. Nous passâmes le reste de «a semaine à pêcher, à ramer, et à nous amuser de mille manières. Nous revînmes ensuite à la ville pour y passer une autre semaine.

De là nous sommes allés à Michigan-City, ville située sur le lac Michigan. Nous y avons passé deux semaines. Un jour une société de nos amis partit pour Hoosier et Yankee Slides, comme on les appelle. Ce sont de hautes collines où il n'y a que du sable, elles sont très-escarpées. Lorsque le vent du lac souffle très-fort, il fait voler le sable de ces collines, de sorte que les maisons voisines ont souvent été ensevelies. Les en-

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fants résolurent de monter au sommet de la montée Hoosier ; ils y arrivèrent après de pénibles efforts. Environ six d'entre eux se mirent sur une rangée en se tenant par la main, et ils s'élancèrent pour descendre la pente en courai\t. Quelques-uns s'embarrassaient les pieds dans le sable, et faisaient la culbute. D'autres avaient les pieds si bien pris qu'ils ne pouvaient plus remuer ; un autre perdait l'équilibre et roulait jusqu'au bas Nous passâmes une journée charmante, et nous fûmes bien fâchés quand vint le temps de partir, mais il fallut se résigner.

Nous employâmes ensuite une journée à visiter la prison des Etats, et il faut beaucoup de temps pour la visiter. Nous partîmes de bonne heure le matin, en emportant notre dîner que nous voulions manger dans la prison. L'inspecteur nous en fît faire le tour. Il y avait 40 femmes et des centaines d'hommes. Sept de ces hommes étaient condamnés à vie, i-ls étaient jeunes pour la plupart. Ils ont toute espèce de métiers dans cette prison, et chaque homme a sa besogne particulière. A l'heure du dîner nous sortîmes pour les voir entrer au réfectoire. Ils marchent l'un derrière l'autre, chacun ayant la main droite sur l'épaule de l'homme qui le précède.

Nous allâmes ensuite passer quelque temps à Niles Michigan. Je ne vous ai pas parlé des paysages que j'ai traversés en allant d'un endroit à un autre, parce qu'ils n'offrent rien d'intéressant : on peut voyager pendant des centaines de milles sans voir autre chose que des arbres et de vastes prairies.

Je suis allée ensuite à South Bend, où j'ai yisité deux des plus grands pensionnats qui existent dans cette partie de l'Ouest, Notre-Dame et Sainte-Marie. Ce sont de très-belles écoles ; Notre-Dame a l'un des plus beaux carillons qui existent aux États-Unis.

Nous partîmes ensuite pour la grande ville de l'Ouest, Chicago, où nous passâmes trois semaines. L'Exposition y était ouverte A ce moment; nous l'avons visitée pendant trois jours. Elle avait lieu dans un très-grand bâtiment situé sur le bord du lac, et si vous vouliez voir la ville, vous n'aviez qu'à monter au sommet du bâtiment : vous pouviez alors voir autour de vous à plusieurs milles et sur le lac : il y avait dans ce bâtiment tout ce que vous pouviez imaginer. Chaque jour nous voyions quelque chose de nouveau ; et il nous arriva rarement de voir deux fois la môme chose. Le soir, aussitôt après le coucher du soleil, nous nous promenions à pied et en voiture dans les parcs.

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Nous quittâmes Chicago pour nous rendre à Davenport (lowa), sur le Mississippi. Cette ville est très-belle. Les premiers jours qui suivirent notre arrivée se passèrent en visites. Nous voulûmes visiter Rock-Island, sur le fleuve, précisément en face de Davenport. Nous partîmes de bonne heure le matin, et, après avoir traversé la rivière en voiture sur le ferry , nous fîmes une agréable promenade en voiture dans Tile pour nous rendre au palais du gouverneur. Si je me fais une idée exacte de la signification du mol guerrier, je crois qu'on peut l'appliquer à l'aspect de Tîle : les canons étaient tous tournés du ^-ôté du fleuve, les sentinelles se promenaient sur les rives.

Notre excursion a été charmante, et j'espère que vous pourrez quelque jour en faire une semblable.

Fannie T.

Boston (Massachussets). Ëverett grammar School.

(Temps employé à faire ce travail : 1 heure 10 minutes.)

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