HISTOIRE ET AVENTURES D'UN VIEUX FUSIL. (8« année
Feu ! pan ! pan ! à la bonne heure ! je vois que je peux encore faire du bruit, quoique j'aie plus de cent ans. Oui, je suis vieux, mais j'ai été (rès-utile dans ma jeunesse. Pendant la paix je restais à la maison, où l'on me suspendait sur dos courroies de cuir à la muraille. Mais lorsque la guerre de la Révolution commença, on m'enleva précipitamment pour me conduire à la guerre. Je fus pris un jour par les Anglais, mais
(1) Eau-de-vie. Les Anglais expriment la même idée par le mot brandy (to brandy marquer d'un fer chaud) et les Espagnols par le mot aguardienle (agua ardier.te, eau ardente). (Note du traducteur,)
je ne restai pas longtemps en leur possession, et je m'échappai pendant une nuit sombre. J'ai combattu aTec Washington et je lui ai sauvé la vie bien des fois. A la bataille de firandywine Creep, je combattis ferme pour sauver nos hommes ; et lorsque Lafayette tomba, je vis Thomme qui avait tiré sur lui et je lui eus bientôt envoyé une balle.
Une fois, j'étais de garde par une nuit très-obscure, lorsque nos troupes étaient dans une situation fort critique : je marchais près de la tente de Washington, lorsque je vis un homme à Tair très-suspect qui regardait derrière les tentes. Je pensai qu'il allait commettre quelque mauvaise action et je le surveillai de très-près. Aussitôt il épaula son fusil et visa Washington, qui était assis dans sa tente. Au moment où il épaulait son fîisil, je tirai sur lui et il tomba par terre. 11 était mortellement blessé, et, avant de mourir, il avoua qu'il avait eu l'intention de tuer Washington.
Après la guerre de la Révolution, je restai longtemps à la maison. Mais lorsque la guerre civile commença, je fus conduit à la guerre par un jeune homme, et j'aidai à tuer les rebelles.
Depuis la fin de la guerre on m'a conservé précieusement comme une vieille relique. On doit m'envoyer à l'Exposition du Centenaire, et on me torturera au point de me faire mourir, je le crains bien, par les nombreuses questions que l'on m'adressera.
Mary A.
Age : quinze ans.
Cincinnati (Ohio).
École pour les enfants de cotilcur.
42. — HISTOIRE d'un vieux FUSIL RACONTÉE PAR LUI-MÊME. (8« année.)
En 1339, j'étais dans les Flandres et on m*envoya en France. En route je fus pris par un des vaisseaux de guerre du roi Edouard. L'Angleterre était en guerre avec la France et l'on m'envoya à l'armée du roi Edouard.
Cette armée battit les Français dans deux grands combats. C'était.... attendez.... oui, c'était à Crécy et à Poitiers. Lorsqtie V guerre fut terminée, on m'emporta en Angleterre, et l'on me
9S GRAMHÀR SGtIOOLS.
plaça dans la Tour de Londres, parmi des armes, des maelimes do guerre, et des haches de bourreau.
Je fus bien tranquille, et je fus employé par lord Monteagle lorsqu'il fouilla les caves du Parlement, où je trouvai Guy Fauk avec sa lanterne.
Dans une bataille avec les Français je fus pris, et Ton m'envoya à Paris. Sous Charles 1"^, on me renvoya en Angleterre pour aider les Royalistes à fouailler les Tétet Rondes.
Sous Olivier Gromwell, ou le Protecteur, comme on l'appelait, on me porta en France et l'on me mit dans une maison particulière à Paris. Je ne fus pas employé avant la Révolution firançaise ; alors les Jacobins se servirent de moi contre ia garde suisse en donnant l'assaut à la Bastille.
Bonaparte me porta en Egypte et se servit de moi contre les Mameluks. Je fis toutes les campagnes de Bonaparte, et, à la bataille de Waterloo, je fus pris par Blûcher, qui m'emporta en Prusse.
* On m'envoya aux États-Unis, et aussitôt la guerre éclata entre les États-Unis et le Mexiijue. On m'envoya au général Taylor, qui était à Port Brown, sur le Rio Grande.
J'étais aux batailles de Palo Alto, de Gerro Gordo et & l'assaut de Ghumbusco. Mais, hélas ! maintenant je suis trop vieux et trop infirme pour faire le coup de feu ; c'est pourquoi je suis couvert de poussière, de rouille, et il faut que je reste dans ce musée.
William C.
Age : quatorae ans.
Cincinnati (Ohio). 22* district.
École du degré intermédiaire pour les enfants de couleur.