AUTOBIOGRAPHIE d'UN VIEUX FUSIL
(8* année.)
J étais couché dans les Montagnes de Fer au sud de la ville de Saint-Louis, dans le Missouri. J'y fus trouvé par des mineurs qui m'en firent sortir et me portèrent à l'usine métallurgique, puis à la fonderie où l'on travaille le fer brut pour en faire des objets d'utilité. Gomme mon métal était très-bon, on résolut de faire de moi un fusil. On me façonna en forme de long cylindre, et on perça un trou dans le sens de ma longueur. Je fus alors un canon de fusil, puis on me fixa sur un morceau de bois de rose, ensuite on me brunit et on varnit ma
monture. Puis on me porta daos un magasin de fusils» où l'on me laissa.
Je n'y restai pas longtemps : j'étais si beau, que j'attirai bientôt l'attention d'un marchand dont la famille habitait If pays. 11 m'acheta pour son fils atné, ef on m'emporta de la ville pour me faire vivre à la campagne. On m'employa surtout à la chasse, pour tirer les perdrix, et je me conduisis toujours convenablement. Je fus si fidèle à mon propriétaire qu'il eut bientôt toutes les perdrix. Les voisins de mon propriétaire furent jaloux de moi, et un jour un de leurs chevaux piétina sur moi. Je fus grandement effrayé parce que je croyais que je fierais hors d'usage pour le reste de mes jours, mais heureusd»ment je ne fiis pas blessé. Peu de temps après on me mena ft la guerre pour rendre de grands services à mon pays. Je fus heureux dans toutes les batailles où je combattis. Mon bonheur me valut le surnom de c champion des batailles >• J'assistai aux batailles les plus fameuses de la guerre de la Révolution* A mon retour on me conserva plutôt comme une relique de k guerre que comme un objet d'utilité.
l!n matin j'entendis parler du Centenaire. J'étais bien curieux de savoir ce que tout cela signifiait. Il arriva que ceux qui causaient ainsi me virent ; aussitôt ils décidèrent qu'on me présenterait comme une des reliques de la guerre de la Révolution. On m'empaqueta avec quelques autres reliques et on m'envoya à Philadelphie par le chemin de fer. J'arrivai sain et sauf au bâtiment de l'Exposition et l'on me plaça dans un des principaux quartiers, pour me faire admirer par les visiteurs. Tout le monde prit beaucoup de plaisir à me regarder, car, malgré ma vieillesse, je ne suis pas trop cassé. Qu'est-ee que je deviendrai en quittant ce bâtiment ?
Matilda B.
Age : quinze ans.
Cincinnati (Ohio).
École du degré intermédiaire pour les enfants de couleur.
i4. — LE TRAVAIL.
Travailler, c'est employer sa force. Dieu nous a mis dans ce monde pour travailler et non pas pour flâner, les mains dans les poches, en fumant ou en chiquant du tabac, comme nous ▼oyons que certaines personnes font tous les jours. On regarde la jeunesse comme le temps de la vie où il faut semer ; c'est
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pourquoi il faut donner aux hommes, dès leur jeunesse, des leçons de travail. Si un petit garçon ou une petite fille a quelque travail à faire, il faut le faire joyeusement.
L'homme qui a la force de travailler doit pourvoir aux besoins de ceux qui comptent sur lui pour vivre. Tous n'ont pas le même travail à faire. Les uns peuvent avoir un travail très-facile, tandis que les autres en auront un très-difficile. Les petits garçons et les petites filles ont à travtiiller ferme pour faire leur éducation : c'est un travail très-difficile. Le travail est une noble qualité, et l'homme qui a cette qualité sera respecté pendant toute sa vie. Il y a des gens qui sont trop paresseux pour travailler; ils vont mendier, voler, et ils font toute espèce de mal à leurs voisins.
Il ne faut pas travailler dans le dessein de s'enrichir au détriment de son âme. Les personnes qui sont riches n'ont pas besoin de travailler pour gagner leur vie, mais elles peuvent aider, encourager ceux qui travaillent. On est porté, par suite d'une fausse interprétation, à mépriser le travail, mais si nous nous reportons à cent ans dans notre histoire, nous verrons que nos pères ne le méprisaient pas. S'ils l'avaient méprisé, où en serions-nous maintenant? Pouvez-vous le demander? Eh bien, nous serions restés les sujets de la Grande-Bretagne. Il faut toujours travailler avec bonne volonté, car la Bible dit : c Quelle que soit la chose que ta main trouve à faire, il faut t'y employer, i
Parmi les hommes éminents qui ont travaillé avec énergie, il faut citer Georges Washington, le Père de son pays. Il travailla pour la Uberté de son pays et il réussit : maintenant son nom est cher à tous les Américains. A l'Exposition du Centenaire on verra le travail de cent ans.
John Q.
Age : seize ans.
Leiperville, comté de Delaware (Pensylvanle).