LA DISTINCTION
La distinction est la politesse des manières. Les personnes qui sont assises dans leur salon, habillées comme pour rece* voir de la compagnie, et qui lisent un roman ou quelque autre livre futile passent, pour des personnes distinguées. Mais ceux qui doivent travailler pour gagner leur vie et qui ont de grosses mains calleuses passent pour des personnes fort peu distinguées. Si une dame riche croisait dans la rue une petite meunière, elle serrerait sa robe presque au point de ne plus pouvoir marcher, afin de ne pas toucher celle de la petite fille. Si un monsieur à la mode, ayant les mains bien blanches, allait dans un salon à la mode et demandait du. vin de Gham^ pagne, la maîtresse de la maison lui en ferait servir du meilleur. Mais si un hommi) pauvre faisait la môme demande, elle lui en donnerait probablement du plus mauvais, et s'il s'enivrait, on ne dirait pas qu'il est un homme distingué.
Nous n'avons pas été mis dans ce monde pour nous asseoir dans un salon et y recevoir de la compagnie, ni pour avoir des mains bien blanches, pour aller aux bals ou aux réunions, mais pour faire avec toute notre arderir c ce que nos mains trouvent à faire > .
Y a-t-il un homme plus illustre que Abraham Lincoln, et certes celui-là n'a jamais méprisé le travail ; par son mérite il est devenu Président des États-Unis. 11 fut toujours honnête et loyal. C'est lui qui donna la liberté aux esclaves.
Parmi les femmes illustres, Florence Nightingale quitta sa demeure pour aller au chevet des soldats mourants ; de même Dorothée Dix alla dans les prisons soigner les prisonniers
Si tous les hommes étaient trop distingués pour travailler, le monde périrait. L'Exposition du Centenaire est le résultat du travail des nations pendant plusieurs années. S'il n'y avait personne pour travailler, nous n'aurions pas de chemins de fer,
de voitures, de wagous, de chevaux, ni beaucoup d'autres choses. La nature entière nous donne des leçons d'activité.
LizziE S.
Age : treize ans.
Leiperville, comté de Delaware (PensyWanie).