L'INTEMPÉRANCE
L'intempérance est l'habitude de boire, ou de se laisser dominer par les liqueurs spiritueuses.
Je crois que l'intempérance est un des plus grands maux qui existent. Je ne sais pas s'il y a quelque chose qui soit pire, quoique j'aie souvent entendu dire que l'argent était la source de tout le mal. Je pense que sans l'argent on ne pourrait pas se procurer du whisky (1) pour boire. Il y a des hommes qui peuvent boire un grand nombre de verres de liqueurs fortes sans que cela leur produise aucun effet, tandis que cela produit de l'effet tout de suite sur d'autres. JiOrsqu'une personne se met ainsi sous l'empire d'une liqueur forte, elle perd la raison, chancelle, roule, ne peut plus se tenir.
L'ivresse rend certaines personnes stupides, d'autres sont gaies, d'autres sont tristes, d'autres furieuses. L'habitude de l'intempérance prive les hommes et quelquefois aussi les femmes de leur raison, de leur argent, de leur demeure, de leur santé, et enfin de leurs pauvres âmes. Pensez seulement aux milliers de pauvres âmes qui sont perdues par l'habitude de l'intempérance !
Lorsque certaines personnes sont ivres, leur esprit est si troublé que, si on ne les surveille pas de très-près, elles font beaucoup de mal, et souvent mettent en danger la vie des autres. Combien de fois, lorsque nous entendons parler d'accidents et que nous demandons comment ils sont arrivés, ne nous répond-on pas que les personnes étaient ivres et qu'elles ne savaient pas ce qu'elles faisaient ! Oh ! je crois que les marchands de rhum auront beaucoup de comptes à rendre dans le ciel au jour du jugement. La Bible dit c que nous ne devons pas regarder le vin lorsqu'il est rouge ni lorsqu'il colore la coupe, parce qu'alors il mord comme un serpent, et pique comme une vipère. >
(1) Sorte d'eau-de-vie. (Note du traducteur,)
98 fiRAMBIAR SGBOOLS.
QoelquefoiSy en traversant en voiture un village ou une ville, vous voyez des hommes à Taîr fort et robuste qui se tiennent devant le comptoir et qui vident la coupe redoutable. Il y a des hommes qui vendent la liqueur brûlante aux pauvres ivrognes jusqu'à ce qu'il ne leur reste plus un sou ; ils ne songent pas qu'ils perdent leur âme et celle des autres. Lorsque ces ivrognes ont dépensé tout leur argent et qu'il ne leur reste plus rien pour payer leur liqueur, ils enlèvent leur mobilier pièce à pièce jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien chez eux. Alors, leur pauvre femme toute maigrie, elle qui jadis était si gaie et si joyeuse, et qui maintenant meurt presque de chagrin, prend ses petits enfants et va mendier son pain. Bien souvent elle n'a à leur donner qu'une croûte sèche, assez pour les empêcher de mourir de faim, et tout cela est la conséquence d'une habitude d'intempérance. Gomme ces pauvres familles doivent craindre d'entendre le bruit lourd des pas redoutés, et de voir tiBitter &à chancelant leur père bien-aimé ou un frère, ou un flU I €omme il doit être dur d'entendre les injures et de rece- WT les coups cruels qui leur sont si libéralement infligés par oe«x qu'elles regardent comme leurs protecteurs et qui, dans leur accès d'ivresse, les traitent avec tant de cruauté ! Je ne sais fas comment des hommes et des femmes peuvent avoir la eontoience de vendre la liqueur empoisonnée, lorsqu'ils savent qu'eUe cause tant de chagrin et tant de mauvais traitements. il y a tant de choses à dire sur ce qu'il y a d'affreux dans Tintempérance ! Elle a brisé bien des coeurs t
Grâce H.
Age : seize ans
Comté de Harrea (New Jersey). District n<* 6. École rurale (1)