LA PROMENADE AU GEMPENFLUH
Le jour longtemps désiré où nous devions faire une pronade était arrivé. Le 12 juin, nous dûmes toutes nous réunir à l'école à 7 heures du matin. Lorsque toutes les jeunes filles furent rassemblées, nous partîmes. Il faisait encore frais, ensorte qu'on pouvait bien marcher. Au sortir de la maison d'école nous montâmes le Kiosterberg et la rue Sainte-Elisabeth, traversâmes la place du chemin de fer central et passâmes près de Gundeldingen. Ensuite nous marchâmes un moment au milieu des cham'ps et des prairies. Enfin nous aperçûmes de loin le village de Mônchenstein . Lorsque nous fûmes arrivées sur le pont, le soleil nous envoya ses rayons déjà passablement chauds. A gauche du pont se trouvait un chemin, que nous primes. Bientôt nous arrivâmes dans un petit bois, où nous nous rafraîchîmes un peu. De là nous marchâmes de nouveau à travers des prairies couvertes de fleurs. La vue que nous avions était admirable. Quand nous eûmes cheminé un certain temps au milieu de cette nature en fleurs, nous arrivâmes de nouveau dans un petit bois bien frais. Après avoir marché environ un quart d'heure, nous nous trouvâmes dans un espace découvert. Ce fut là que nous nous installâmes. Des arbres abattus nous servirent de sièges. Alors nous pûmes déballer les provisions que nous avions apportées, afin de nous restaurer. Lorsque nous fûmes reposées, nous reprimes notre marche. Nous regardions la nature en fleurs. Bientôt nous arrivâmes à deux chemins ; l'un d'eux était en plaine, l'autre au contraire montait légèrement. Nous primes le premier ; mais celui-là n'était pas le bon, c'était l'autre. Alors ou vit se réaliser le dicton : c Les derniers seront les premiers. » Car les dernières se trouvèrent les premières sur Taulre chemin. A partir de ce moment, nous dûmes toujours monter, mais nous étions à l'ombre. Un ruisseau
limpide coulait au bord du chemin, et nous y puisâmes de Teau pour étancher notre soif ardente. Après avoir longtemps marché dans la forêt, nous arrivâmes à une grande ferme. Nous y restâmes assez longtemps, et nous y, primes notre repas de midi. Après nous être bien reposées, nous continuâmes notre route. La montée était très-rapide. Pendant plus d'une heure nous marchâmes sur un chemin très-raboteux. Pour arriver au sommet, nous dûmes grimper à travers des broussailles sauvages. Nous trouvâmes quelques fraises. Dès que nous eûmes fini l'ascension de cette pente escarpée, nous nous trouvâmes sur le sommet, d'où Ton jouit d'une très-belle vue sur la grande chaîne du Jura. Nous n'osions pas nous écarter beaucoup, car le précipice était profond. A nos pieds nous voyions les villages de Gempén, d'Arlesheim et de Dornach. Un chemin serpentait â travers la montagne comme un ruban blanc. Sur cette cime nous chantâmes quelques chants. Un vent assez fort venait nous rafraîchir. Lorsque la fatigue et la chaleur ne nous empêchèrent plus de marcher, il fallut songer au retour. Un orage s'avançait de loin à l'horizon ; nous pensions déjà qu'il allait nous atteindre. La descente se fit d'abord par un chemin sombre et humide, à travers] une forêt. Un des maîtres, pour raccourcir la route, prit avec quelques-unes de ses élèves un chemin de traverse très-raboteux. Nous avions beaucoup de plaisir à sauter sur les grosses pierres. Quand nous fûmes hors de la forêt, nous vîmes les deux clochers d'Arlesheim. Nous nous dirigeâmes vers le village à travers de beaux champs de blé. Arrivés là, nous entrâmes dans l'auberge du Cheval blanc. Après que nous nous fûmes reposées quelques instants, la dame de l'auberge apporta un grand chaudron de cuivre rempli d'eau sucrée; une servante apporta des verres. Chacun put étancher ainsi sa soif. Ensuite on nous donna du café, qui nous restaura beaucoup après notre descente. Quand nous eûmes pris ce café, le temps nous permit encore d'aller à l'ermitage. 11 faisait déjà plus frais, et quelques minutes de marche ne nous gênaient pas. Les escaliers qui conduisaient à l'ermitage étaient construits d'une façon très-rustique. Lorsque nous vîmes le capucin,- quelques-unes d'entre nous se figurèrent qu'il était vivant. Sur un rocher était une image de la Vierge : c'était son sanctuaire. De la salle des chevaliers, on a une belle vue. Lorsque nous eûmes tout examiné, nous retournâmes à Arlesheim, nous refermâmes nos sacs et nos cartons, et nous nous acheminâmes vers la gare de Dornach. Le train était déjà
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préparé quand nous arrivâmes. Nous montâmes en wagon, puis la locomotive fut attelée. £n peu de temps le chemin de fer nous ramena à Bâle. On se dit adieu, et chacun rentra à la maison.
Ce fut une charmante journée !
(Note : bien.)
Cahier des élèves moyennes.
(Douze à treize ans.)