I. — Moyens de réveiller F attention
Nous avons vu combien l'attention était importante. Il faut donc faire tout ce qui se peut pour la réveiller.
1. La première chose à faire pour éveiller l'attention chez l'enfant, c'est de s'attacher à ses penchants , de lui parler de ce qu'il aime, de ce à quoi il s'intéresse, de ce qu'il désire. Il faut faire en sorte qu'un travail manuel lui soit imposé pendant que l'esprit travaille, et que le travail des mains corresponde à celui de l'intelligence.
2. Il faut de plus aimer les enfants et s'en faire aimer. Cette grande loi pédagogique retrouve encore ici son ap-
plication. Si le maître aime les enfants, il y aura dans sa voix quelque chose de doux , d'affable , qui «les intéresse et les charme. Si les enfants aiment le maître , il * écoutent ce qu'il dit, tout ce qui sort de sa bouche a quelque chose de sacré. Ce moyen viendra à bout de Tenfant même qui aurait contracté de mauvaises habitudes; ce qu'il ne faisait que par contrainte, l'amour le lui fera faire. Il faut de plus, pour éveiller leur attention, les charmer, les captiver et éveiller au moins la curiosité, qui, chez les enfants, est ordinairement assez grande ; leur curiosité une fois éveillée, appellera l'attention, et l'habitude d'être attentif se prendra peu à peu.
3. 11 faut que l'enseignement soit clair. La première condition de l'entendement est la lumière, la clarté. Ce qui est obscur ne peut pénétrer chez l'enfant ni éveiller son attention ; il faut donc que l'éducateur soit clair dans ses leçons, dans ses paroles.
4. Il faut diviser les difficultés, les présenter graduellement; ainsi, on effrayera* pas l'élève, on excitera plutôt son courage et son attention, on surmontera, sans peine d'assez grandes difficultés. Ce qui effrayait uni, encourage divisé.
5. Il faut éviter trop d'uçiformité dans l'enseignement ; l'uniformité rendrait celui-ci monotone el fatiguerait l'esprit. Il faut savoir combiner le connu avec le nouveau, allier habilement ce que l'enfant sait avec ce qu'il ignore.
6. Il faut donner du relief à son enseignement , sans cela il devient monotone et fatigue ; il faut changer le ton et les modulations de la voix, montrer de la vivacité, de l'énergie d'exposition, etc., animer son discours du geste et du regard. 11 faut bien savoir son sujet.
7. Il faut poser aux élèves des problèmes, des questions à résoudre, qui fassent appel un peu à toutes leurs connaissances, qui les mettent en éveil, qui les intéressent. Aider, encourager quand un élève est dans un embarras. Répondre à ses questions avec justesse et bonté. Voila * les moyens de réveiller son attention et de s'en faire aimer.
8. Dans le cas ou* tous ces moyens resteraient infructueux, il faut essayer de voir s'il n'y a pas des causes particulières. Dans cette alternative, surtout s'il est inattentif par défiaut il faut chercher à ce que l'enseignement ait de l'intérêt, si c'est par habitude, il faut changer la marche suivie, et commencer avec lui un travail nouveau. Si son âge, ou la mobilité, Tamour du changement en est cause, il faut enfermer l'enfant dans un
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cercle restreint, l'obliger a * rendre compte de ce qu'il a vu et entendu , si c'est par paresse faites-lui faire des exercices violents.
9. L'attention étant un pur effet de la volonté, c'est sur cette dernière faculté qu'il faudra agir. Représentez -lui tous les avantages d'un travail sérieux, la satisfaction personnelle qu'il éprouvera, la joie de ses parents et de son maître, etc.
IL— 'Moyens de fortifier Vattention.
d. Si l'on veut faciliter l'étude et fortifier l'attention, il faut exiger des efforts. Si l'on négligeait ce point, les enfants garderaient leur légèreté et de tristes conséquences en seraient le résultat.
2. Mais il ne faut pas exiger tout de suite de grands efforts. Il faut les graduer, appeler chaque jour l'enfant à de nouveaux, sans s'interrompre, sans trop presser.
3. Il faut aussi, pour fortifier l'attention faire travailler l'enfant au milieu du bruit. Mais il faudra le faire seulement quand l'enfant aura pris goût à l'étude ; de plus, il faudra user de ce moyen avec modération, car l'effort employé à résister au bruit pourrait être employé à l'étude.
4t. Il faut faire, plus tard, initier l'enfant aux connaissances d'une région supérieure. On pourra lui donner des livres sérieux à lire, faire qu'il s'occupe pendant quelque temps de cela, et ensuite lui demander ce qu'il aura retenu. Il acquerra ainsi de grandes connaissances, et une grande puissance d'attention. 11 faudra cependant veiller à ce que l'enfant ne ruine pas sa santé par l'excès d'étude et l'on prendra quelques précautions d'hygiène.