‹ Devoirs d'écoliers étrangers recueillis à l'Exposition universelle de ParisChapitre 78 sur 249 · DEVELOPPEMENT DES FACULTES HUMAINES EN GENERAL · texte numérisé non relu

DEVELOPPEMENT DES FACULTES HUMAINES EN GENERAL

Le jmmie enfant porte en lui un principe d'abtivité; mais elle ne se montre pas encore : les membres sont frêles et délicats, les sens ne recueillent que des impressions vagues, l'intelligence ne se montre pas encore, la conscience morale est dans le plus profond sommeil ; ce n'est qu'au bout de quelque temps que ses facultés se montrent. Cependant les

154 DEVOIRS D*£COLIERS.

germes précieux que le Créateur a mis en nous sont là, prêts à prendre leur essor; si Tenfant est développé d'une manière continue il deviendra peu à peu un être complet.

Le développement est spontané, il s'opère sous T influence du monde extérieur et l'on comprend que des exercices bien dirigés hâteront ce développement : les sens acquièrent une finesse et une perfection étonnantes; chez certains hommes, c'est la vue ainsi chez les marins ; chez d'autres c'est le toucher ainsi chez les aveugles.

L'éducation joue un rôle très-important dans le développement des facultés intellectuelles; elle fait sortir la lumière des ténèbres. On est souvent arrivé à de grands résultats, c'est ce qui nous encourage à nous occuper de cette culture. L'enfant, abandonné à lui-même, hésite ; mais développé par une éducation affectueuse et chrétienne, il prend une marche assurée : les sens auront acquis de la finesse, Tintelligence sera vive et pénétrante, le jugement deviendra ferme. L'enfant qui aura été cultivé sous ces différents points de vue aura plus de chance de réussir dans la spécialité qu'il embrassera. Dans toutes les professions on a besoin d'imagination, de conception, de jugement.

Dieu qui ne nous a rien donné d'inutile a mis en nous des germes précieux qu'il faut développer, et comme l'homme est perfectible, nous sommes conduits à envisager le perfectionnement comme l'unique but de notre existence, et nous demeurons dans l'obligation de faire valoir les talents qu'il nous a confiés.

On doit commencer à développer le jeune enfant dans son âge le plus tendre, parce que l'enfance offre les moyens qu'un âge avancé n'offre plus. Si on l'abandonnait à luimême, il pourrait prendre un développement entièrement faux, et ce ne serait qu'avec beaucoup de peine qu'on parviendrait à le corriger. Sous le rapport physique, l'enfant élevé dans la malpropreté et le désordre s'y plaît comme dans son élément naturel ; sous le rapport intellectuel, l'enfant qui sera resté oisif, ne se mettra plus tard au travail qu'avec beaucoup de peine; sous le rapport religieux et Imoral, les impressions reçues dans la première enfance sont les plus durables, et on sait combien de fois des souvenirs d'enfance ont arrêté des personnes sur la pente de l'abîme.

Le développement doit être progressif, c'est-à-dire que les exercices que l'on fera faire à l'enfant devront être gradués.

On ne le fera pas passer d'un exercice à un autre sans qu'il ait produit son effet ; mais cependant il ne faut pas aller trop lentement, car l'élève doit sans cesse être appelé à des efforts. 11 aura des moments de repos pendant lesquels il fera des exercices qui accroîtront ses force» physiques . si les exercices sont convenablement gradués, mais si on les parcourt trop rapidement {sic), on n'obtiendra pas le résultat désiré parce que chaque exercice n'aura pas été suffisamment travaillé.

Le développement doit être simultané et harmonique. L'homme est formé de divers organes qui concourent à la même vie, il a des facultés qui toutes ont leur importance ; c'est pourquoi le développement de chacune de ces facultés doit avoir lieu en même temps; ainsi on ne cultivera pas pendant un temps une certaine faculté pour s'occuper ensuite exclusivement d'une autre. On cultivera les facultés suivant leur force, mais aucune ne devra être négligée. Si on le faisait de cette manière l'unité de notre être serait rompue.

Toute notre éducation doit être dirigée en vue de notre destinée future; nous passons rapidement sur cette terre, entraînés vers un ordre de choses plus élevées^. La religion nous unit au ciel, c'est elle qui nous fait connaître notre état de mort spirituelle, c'est elle qui développe en nous les qualités que chacun doit avoir : bonté, douceur, patience, charité, qui est à la fois là base et la couronne de toutes les autres vertus. C'est à la religion que se rattachent toutes les autres branches d'instruction.

Les différents moyens de développement sont : la liberté, l'excitation, la direction, l'aliment et l'habitude.

Julie Moulin. <

Agée de seize ans, — 7* élève sur 33.

(Note : 9.) 2' classe (flUes), ou 1" année.

Page 1