AMITIÉ FRATERNELLE
Il faisait froid, l'hiver avait jeté son vaste manteau de neige sur la terre engourdie, un vent glacial soufflait avec violence, et cependant deux petits enfants, dont l'aîné pouvait avoir douze ans au plus, étaient assis au pied d'un arbre d'une forêt. Leurs vêtements déchirés annonçaient que leurs parents ne se trouvaient pas dans l'opulence.
Leur mère les avait envoyés dans la forêt ramasser du bois afin qu'elle pût préparer le chétif repas du soir.
Ils avaient obéi. Dans l'ardeur de leur travail, ils avançaient toujours sans se douter du chemin qu'ils parcouraient ; mais il arriva un moment ou*, chacun d'eux ayant ramassé un tas de bois proportionné à sa force, ils ne savent plus de quel côté se dirriger*. Ils ne s'étaient pas aperçu* que la neige tombait par flocons, et que l'aspect de la forêt, avait pris un caractère différent de celui qu'elle avait en été, lorsqu'ils venaient jouer ensemble sur la mousse. Us ne savaient quel parti prendre ; voilà pourquoi ils s'étaient assis.
Cependant le soir approchait et il fallait retrouver son
chemiu avant que l'obscurité vînt encore ajouter à leur malheur.
L'aîné se leva, essaya de monter sur un arbre mais il ne le put. Alors il prit son frère par la main et se mit à parcourir la forêt. Après de longues recherches, qui n'aboutirent à aucun résultat, les deux enfants s'assirent dans la neige, excédés de fatigue. Pendant ce temps, la nuit était venue; le plus jeune des enfants pleurait, il avait froid et faim. L'aîné ne pleurait pas, il ne voulait pas augmenter la douleur de son frère, bien au contraire, il cherchait aie consoler : mais celui-ci n'écoutait pas les consolations de son frère, il sanglotait toujours plus. A cette vue le cœur de l'aîné se serra, car il aimait son frère, et il faisait tous* ce qui était en son pouvoir afin qu'il lie lui arrivât pas de mal, alors, il ôta son habit, et l'en revêtit. Puis il le coucha au pied d'un arbre, et se coucha lui-même auprès de lui pour le réchauffer. Ils cherchèrent à s'endormir mais le sommeil ne venait pas; enfin, leurs paupières se fermèrent.
Mais le matin, lorsque leur mère, qui les avait cherchés durant toute la nuit, les eut trouvés, le plus jeune seul se réveilla.
Ë.-A. ScHEmEGGËR,
Agé de seize ans et demi, — 4« élève sur 41.
4" classe (garçons), ou 1'" année. (Note : 9).
LA MAISON PATEnNELLE.
Que de souvenirs nous rappelle la maison paternelle, lorsque après un long séjour à l'étranger nous la revoyons ! La cour plantée d'arbres, qui environne ce lieu si cher, fait revivre en nous les plaisirs de nos jeux ; ce petit jardin si bien cultivé, où nous allions cueillir les fleurs pour les jours de fête de no^ parents, nous donne l'envie de manger encore une fois quelques fruits de ses groseilliers; cette fontaine jadis si utile, fait voir l'innocence de l'enfance et les plaisirs goûtés pendant ce temps où nous n'avions point de soucis. Dans l'appartement est la chambre où notre mère nous a appris à aimer Dieu, le cabinet où notre père nous a montré à travailler, garni de son fourneau (1) sur lequel se reposait le chat de la maison; enfin
(1) Terme local, pour poêle.
la cuisine où nous avons passé de belles soirées, en compagnie de nos amis ou de nos voisins. À côté de la cuisine se trouve la . petite chambre noire où nous avons été si souvent enfermés lorsque nous avions fait aux polissons, Ëuûn, c'est dans la maison paternelle cpie nous avons été tant de fois avertis des dangers des mauvaises compagnies et que nous avons reçu tant de bons conseils avant de la quitter. Les soirées que nous avons passées à la maison paternelle ont pour nous quelque chose d'attrayant ; ce sont elles qui nous font regretter ce lieu. Toujours sous la bonne surveillance de ses parents, on ne pouvait s'ennuyer, car la balançoire et tous moyens de divertissements étaient là.
Henri VoRUZ.
(Note : 7.)
Agé de dix-sept ans, — 3* élève sur 35.
3' classe (garçons) ou 2« année.