LES PREMIERS PAS DE L'ENFANT
Plan (1). JPn secret. — La mère et l'enfant. — Les premiers pas du bébé. — Hésitation. — Encouragements de la mère. — L'enfant reprend sa marche. — Attendrissement des parents. — Les premiers pas dans la vie chrétienne, comparés aux premiers pas do l'enfant.
« Le voilà! le voilà I notre mimi ; il vient avec maman. Petit père, tu ne sais pas que.... que;...
c Mais tais-toi, Marie », dit tante Clara, oublies-tu que ton
(i) Ce plan est Toeuvrede Télève.
papa ne doit rien savoir? Tâches* donc de garder un secret, au moins une fois.
Ah que je suis donc étourdie ! s'écria la petite fille, toute confuse.
Qu'y a-t-il? demanda M. Brenck, qui ne comprenait rien à tant d'énigmes.
Marie vous le dira ce soir, répondit tante Clara, en souriant.
Le père reprit la lecture de son journal, qu'il avait laissé de côté pour écouter la conversation de sa fillette. Tout à coup il fut de nouveau interrompu par le bruit d'une porte, qu'on ouvrait. Madame Brenck et un joli bébé de quelques mois, entraient dans le salon. La turbulante* Marie, ne fit qu'un bond auprès de sa mère, pour s'emparer de son frère ; mais, celle-ci, la relient, pose l'enfant à terre et regarde son mari avec un doux sourire. Le père lève alors les yeux ; oh ! qu'elle * agréable surprise ! Il voit debout, son petit Henri, son enfant bien aimé ! Mais ce n'est pas tout : le bébé veut marcher. Il prend un air résolu, ferme ses mains potelées, se redresse fièrement, et s'avance, quoique en trébuchant, vers son bon papa qui lui tend les bras. Il fait quelques pas et il va arriver; cependant, il a un moment de crainte ; il se trouble, il hésite; il regarde d'un air indécis, son père, sa mère ; ses yeux se tournent suppliants, vers celle-ci. Que faire, bébé ? Te voilà donc dans une bien triste position, puisque tu n'oses plus avancer! Oh! prends pourage! N'erilends-tu pas la voix chérie de celle qui te donnas* le jour, qui te dis* : « Avance mon enfant! ne crains rien; tu ne tomberas pas ? Ne la vois-tu pas, là, souriante, suivant avec amour tes mouvements encore incertains ? Si tu savais comme son cœur a tressailli, lorsqu'elle t'a vu si beau et si fier. Continues* donc ta marche, si tu veux lui faire plaisir.
Mais bébé n'a plus peur; il est de nouveau courageux. Le voyez-vous, relever la tête d'un air victorieux ? « Je vaincrai, }» s'est-il dit, et il recommence sa course. Soudain, un petit cri de joie et un soupir de satisfaction se font entendre. Bébé est dans les bras de son bon papa ; il % réussi ! Oh comme il est heureux ; il n'a plus rien à craindre maintenant. Sa mère attendrie, essuie furtivement les larmes qu'elle né peut retenir. Comme elle est récompensée maintenant de tous ses soins ! Le père sert* son fils sur son cœur: c Oui,
lu es brave, lui dit- il ; et son émotion l'empêclie d'en dire davantage. L'enfant, tout étonné, regarde ses parents; il comprend qu'il leur a fait plaisir, et il est heureux.
Les premiers pas de l'enfant, ne nous rappellent-ils pas, nos premiers pas dans la vie de chrétien? Lorsque nous nous sommes promis de renoncer au monde et à ses tentations, n'avons-nous pas jeté bien souvent, en arrière, un regard sur ces plaisirs que nous avons abandonnés? Ne nous sommes-nous jamais laissés * entraîner hors de la bonne route? Et enfin, lorsque, après bien des luttes, nous sommes arrivés au port, n'avons-nous pas trouvé eu Dieu un bon père prêt à nous recevoir avec joie?
E. Jaccard.
(Noie : 9.)
Agée de dix-sept tins, — 14" élève sur 33.
2* classe (filles), ou !'• année.