ORIGINES DE LA CONFÉDÉRATION SUISSE
Au centre de la Suisse existent trois petits pays alpestres, dont on entend parler lors de Rodolphe de Habsbourg; ce sont Uri, Schwitz* et Unterwald, ordinairement désignés dans leur ensemble sous le nom de Waldstaetten ou pays forestiers. On ne croit pas que ces contrées aient été habitées avant le vu» siècle; Uri était habité par des serfs fîscalins et quelques hommes libres, Schwitz* par des hommes libres spécialement et Unterwald par des serfs dépendant de certains monastères ou bien de seigneurs. En 853 nous voyons Louis le Germanique donnant au couvent (Fraumunster) de Zurich le pays d*Uri ; par cet acte il le plaçait sous la direction immédiate de l'empire ; les avoués de Zurich exerçaient l'administration et la justice.
L'avoué du monastère venait tous les ans deux fois pour rendre justice soûs le tilleul d'Altorf ; tous prenaient part à ces réunions; la charge d'avoué passa de famille en famille; il y eut d'abord les Nellenbourg, lesZaeringen* et les Lenzbourg; Uri passa ensuite sous la domination des Habsbourg; en 1231 ils revinrent {sic) fief immédiat de l'empire sous Henri, roi des Romains. A ce moment nous leur, voyons un amman qui les dirige, ils se réunissent en landsgemeinden , c'est à ce moment que commence l'émancipation d'Uri.
Le pays de Schwitz * comme nous l'avons dit fut habité par des hommes libres et quelques serfs appartenant au couvent d'Einsiedlen. Pendant longtemps Schwitz * fut en lutte avec le couvent d'Einsiedlen, à propos de quelques pâturages* limitrophes ; en 1144 les montagnards furent condamnés par Henri V, mais ils n'en continuèrent pas moins la lutte et sorticent vainqueurs de cette lutte. Ils passèrent ensuite sous la domination des Habsbourg- Lauffenbourg qui dominaient un peu tyranniquement , les Schwitzois * se soulevèrent et deman-
dèrent leur appui (sic) à l'empereur Frédéric qui les soustrait au comte de Habsbourg et les plaça sous la direction immédiate de Tempire. Après la mort de Frédéric II Schwilz * rentra sous la domination des Habsbourg-Lauffenbourg, qui vendirent cette propriété à Tempereur Rodolphe. 11 se montra bienveillant envers eux, leur accorda un grand nombre de privilèges ; elle ( sic ) fut dès lors sous la protection de TAutriche.
Quant à Unterwald, les terres étaient habitées par des serfs appartenant à des couvents et à des seigneurs du voisinage, ce pays tomba de bonne heure sous la domination des Habsbourg, mais peu à peu il s'affranchit et parvint à conquérir certains droits.
Déjà en maintes fois, les trois pays avaient conclu des alliances temporaires, en 1291 après la mort de l'empereur Rodolphe ils signèrent le pacte de 1291 ayant pour but de maintenir leurs droits et leurs libertés, sans vouloir se soustraire à l'autorité de l'empire; à la fin de la même année ils conclurent une alliance avec Zurich, puis entrèrent dans une ligue ayant pour but de renverser Albert d'Autriche, successeur de Rodolphe. C'est à ce moment que les princes allemands nommèrent Adolphe de Nassau au trône impérial en 1292 , la colère d'Albert n'a alors plus de bornes, il vient en Suisse, faire rentrer les Waldstaetten sous sa domination, en 1298 Adolphe de Nassau est tué dans une bataille contre Albert et ce dernier monte sur le trône, il abaisse tous les seigneurs et leur fait reconnaître sa souveraineté. Mais en 1308 il est assassiné par son neveu Jean de Souabe à qui il refusait son patrimoine, les partisans de ce dernier furent cruellement punis ils furent punis de Thorrible suplice* de la roue entr 'autres Jean de Wart. La reine Agnès fit élever au lieu de l'assasinat * une chapelle Kœnigsfelden (champ du roi) ou * elle finit ses jours. Enfin les Waldstaetten ont acquis leur complète indépendance après la bataille de Morgarten le 15 novembre 1315.
L'origine de la confédération nous est raccontée * tout autrement dans une légende. Albert d'Autriche avait placé dans les Waldstaetten des baillis qui gouvernaient le pays d'une manière tyrannique, c'étaient Gessler (Hermann), Landenberg et un lieutenant de ce dernier Wolfenschiess. Gessler à Schwylz, Landenberg à Unterwald et Wolfenschiess au château de Ro^zberg. Ils commettaient des actes d'une grande cruauté; un jour un valet de Landenberg, voyant une paire de bœufs
dans un champ dit au paysan : Les paysans peuvent traîner leurs charrues eux-mêmes. Le jeune paysan nommé Arnold de Melchthal cassa un doigt au valet et s'enfuit devant la colère du bailli, à Attinghausen chez son ami Walther Fiirst, là il trouve Werner Stauffacher indigné de quelques paroles du bailli Gessler et qui venait se plaindre chez son ami. Nos trois amis jurent de défendre leur pays, et pour un jour fixé , ils choisiront chacun dix hommes de leur pays. Au jour fixé ils se réunissent au Grutli au nombre de trente-trois et jurent là de se défaire des baillis. Le jour fixé était le l*"" janvier 1303. Gessler se méfiant de quelque conjuration fit élever sur la place d'Aïtorf une longue perche au bout de laquelle était le chapeau de la maison d'Autriche et tous les paysans passant là devaient s'incliner. Tell passe et ne s'incline pas, il doit tirer une pomme sur la tête de son fils, il la perce de son trait , mais Gessler apperçoit * sur le sein de Tell une autre flèche et lui demande, a * quoi elle- devait servir. Pour te percer le cœur, si j'avais tué mon enfant. Gessler le fait garotter* et emmener par le lac à Kussnacht , un orage se lève, Tell parvient à s'échapper et va se cacher dans le chemin creu * de Kussnacht et quand Gessler passe illui décoche^une flèche et le tue ; Tell s'enfuit dans les montagnes.
Au !•''■ janvier fixé ^308 les conjurés rasèrent les châteaux et chassèrent les baillis de leur pays en leur faisant promettre de n'y pas rentrer. Quant à Tell la légende dit qu'il mourut en voulant sauver un enfant qui se noyait lors d'une grande inondation.
Telle est l'origine de la^Gonfédération telle que la tradition la racconte*.
Paul GiLLiÉhoN.
Agé de dix-sept ans, — 6' élève sur 22 2* classe (garçons), ou 3* année.
LE MAJOR DAVEL.
Le major Davel naquit à Morrens où son père était pasteur. 11 reçut une éducation solide qui devait contribuer avec son caractère grand et généreux à faire de lui un des hommes les plus remarquables dont parle l'histoire de notre canton.
Comme beaucoup de jeunes Yaudois, il chercha à satisfaire son besoin d'activité en prenant du service dans les armées étrangères. Il y déploya un grand talent militaire. Après son retour, il eut bientôt l'occasion de déployer de nouveau ses talents dans les guerres de Villmergen. Il se lit remarquer par sa vaillance. Pour le récompenser de ses services les Bernois relevèrent au grade de major des milices de Lavaux. Après son retour de l'étranger, Davel s'était retiré à Cully, son lieu d'origine où il se fit bientôt remarquer par ses hautes qualités. Dans cette ville il jouit d'une vie agréable et tranquille. Davel comme tous les Suisses possédait ce sentiment si puissant, Tamour de la patrie, qui, bien souvent, l'avait fait soupirer sur la terre étrangère après le pays natal. Il aimait notre lac, nos grandes Alpes, nos vignobles, ses combourgeois ; il aimait le pays de Vaud, aussi soufifrait-il de le voir sous la domination de l'étranger qui lui réclamait la dîme de la censé, l'écrasait d'impôts qui enrichissaient le trésor de Berne, tandis que le commerce était rendu impossible par le manque absolu de route *. La ville de Berne regardait le pays comme un vaste grenier et une immense cave qui devaient lui fournir et le vin et le blé pour ne recevoir en retour que l'oppression. Le gouvernement de Berne faisait administrer le pays par des baillis qui ne songeaient qu'à s'enrichir en pressurant le peuple, en l'accablant d'impôts dont une faible partie seulement s'en allait grossir le trésor de Leurs Excellences. Ces hommes, une fois enrichis,^ s'en allaient, puis étaient remplacés par quelque Bernois ruiné impatient aussi de renouveler sa fortune, administrateur plus cupide encore que le précédent qui augmentait encore les impôts à son prbfit, et ne se faisait souvent pas scrupule de vendre la justice. Les Bernois cependant ont fait, il faut le reconnaître, quelque bien au pays dans le commencement de leur domination, ils ont introduit la réforme, créé l'académie et le collège. Mais, il n'en est pas moins vrai qu'au temps où vivait Davel, le pays de Vaud offrait alors le triste aspect d'un pays asservi courbé sous le joug pesant du gouvernement bernois. Ce qui est affligeant surtout, c'est de voir comme les Vaudois acceptaient facilement cette lourde domination; l'esclavage leur avait fait perdre tout sentiment de liberté et toute l'énergie nécessaire pour réagir contre ce déplorable état de choses. Davel qui aimait sincèrement son pays était attristé du malheur de sa patrie ; il souffrait de voir ses concitoyens placés