‹ Devoirs d'écoliers étrangers recueillis à l'Exposition universelle de ParisChapitre 92 sur 249 · ST31SSE · texte numérisé non relu

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dans det conditions pareilles, aussi devait-il bientôt chercher à délivrer son pays de la domination étrangère. Après avoir mûremrtit réfléchi et combiné d'avance son plan, Davel se décida àinettre à exécution ses projets. Son grade de major al]ai^1e servir dans cette occasion.

Le 30 mars 1723 il réunit la petite troupe dont il était majdr sous prétexte de leur (sic) faire passer revue. Il les conduit à Lausanne où il entre tambour battant au grand éConnement de la population. II conduit ses soldats sur la place de la cathédrale. De là il se rend à T Hôtel de Ville où le Conseil des Deux Cents était assemblé. Avant d'entrer dans le conseil, il trouve un de ses amis, le major De Crousaz, puis le boursier Milot ; il a avec eux une conférence particulière dans une salle de la maison de ville. Là, il s'ouvre à eux. Ceux-ci feignent d'entrer dans ses vues. Alors Davel leur remet le manifeste qu'il avait l'intention d'adresser au gouvernement bernois. Après avoir conféré encore quelque temps avec Davel, ces deux hommes se rendirent au Conseil qui était déjà réuni. Milot qui présidait le conseil en cas d'absence du président, commença la séance en faisant renouveler aux membres de l'assemblée le serment de fidélité à Leurs Excellences; après quoi il donna connaissance au conseil des intentions de Davel. Les membres de ce digne corps furent tous saisis d'horreur en entendant le discours de Milot; ils se trouvaient si bien sous la patte de Fours qu'ils craignaient de voir s'évanouir cette douce pression en favorisant le retour de l'indépendance. Cependant, ils décident de recevoir Davel. Celuici se présente au Conseil auquel il communique lui-même ses intentions en lisant son manifeste. Le noble major est prié de se retirer pendant la délibération. Le Conseil alors décida d'envoyer immédiatement un courrier à Berne afin de prévenir Leurs Excellences de ce qui se passait à Lausanne. Le seigneur de Sévery, chargé de cette mission, partit en toute hâte dans la nuit même pour Berne.

Les soldats amenés à Lausanne par Davel furent logés dans les différents quartiers. Le major soupa lui-même chez son fidèle ami, qiii devait si bien le soutenir, le major De Crousaz. A minuit il put s'aller livrer au repos ; pour la dernière fois il regagnait son lit çn homme libre. Le lendemain, comme il montait à cheval pour aller à Moudon qu'il compte soulever et gagner à sa cause, comme il croyait avoir fait à Lausanne, Descombes, capitaine de la ville, l'arrêta en lui disant : « Mon-

sieur Davel, vous êles mon prisonnier. > Davel crut d'àhord à un malentendu, tant sa surprise fut grande, maisilvitbicMotqu'il avait été trahi et il remit son épée en disant : c Je voisbi^'. !{ue je serai la victime de cette affaire, mais, n'importe, il en r.- , «adra quelque bien à ma patrie. » Le gouvernement bernois • l'arrivée du messager des Deux Cents envoya le haut ce j] • mdant de Wattenwyl à Lausanne avec des pouvoirs illimit- ^^

Pendant plusieurs jours de suite Davel fut mis à la to * .t*^ afin de lui faire avouer qu'il avait des complices et de le- • faire nommer. Mais, cela lui eût été fort difficile car D.. avait conçu et exécuté ce plan sans en parler à personne saui . De Crousaz, Milot et ensuite au Conseil des Deux-Cents. îi supporta toutes les barbaries que l'on jugea à propos de lui faire subir avec joie, espérant toujours que son entreprise produirait quelques fruits. Après de longues enquêtes, Davel fut enfin sorti de sa* prison pour être conduit devant le tribimal qui devait le juger. L'insigne honneur de ce jugement avait été confié aux bourgeois de Bourg (1). Ceux-ci décidèrent que la noire tentative du major Davel devait être cruellement expiée par la mort précédée de l'amputation du poing. Cette sentence fut envoyée à Berne. Leurs Excellences firent grâce au martyr de l'amputation du poing. L'exécution eut lieu dans la plaine de Vidy le 24 avril 1723. Du haut de l'échafaud, Davel adressa à la foule un .discours plein d'émotion dans lequel il recommanda aux Yaudois d'éviter les procès qui trop souvent avaient ruiné des familles, puis... il mourut, pénétré de la conviction que c'était le plus beau jour de sa vie et qu'il produirait des fruits excellents.

A.-J. Clol'x.

Dix-neuf ans, — 2* élève sur 30.

1" classe (garçons), ou 4* année.

GUERRES d'indépendance DE L'APPENZELL.

Dans le moyen âge les limites du pays d'Appenzell étaient à peu près les mêmes qu'elles ne {sic) le sont aujourd'hui ; ce petit pays était sous la dépendance d'abbés qui lui faisaient sentir cruellement leur domination ; ces abbés résidaient au mo-

(1) La Cité de Lausanne.

nastère de S^-Gall et ils nommaient des baillis chargés de percevoir des impôts ; ces impôts devenant (sic) toujours plus nombreux et rabl3é était si dur que les Appenzellois tentèrent une insurrection ;^mais leur chef leur ayant accordé quelques franchises entre autres le droit de se nommer un conseil, ils se soumirent et pendant quelque temps demeurèrent en repos.

Mais Tabbé étant mort il fut remplacé par un homme dur nommé Cuno de Stoffeln qui multiplia les impôts ; ses baillis faisaient subir aux Appenzellois toute espèce de vexations qui exaspéraient ceux-ci. On raconte qu'un d'entre eux élevait des chiens qui s'élançaient sur ceux qui passaient à côté du bureau des péages sans payer les impôts ; un autre fit rouvrir la tombe d'un homme à qui Ton avait mis, pour l'enterrer, son meilleur habit ; cet habit devait lui être donné en vertu d'un droit que Ton appelait le ^meilleur catel.

Un état pareil ne pouvait pas durer ; les Appenzellois, encouragés par rexemple des Suisses, se soulevèrent et prirent trois châteaux des nobles; les villes souabes des bords du lac essayèrent de calmer les deux partis afin d'éviter une guerre. Mais les Appenzellois qui avaient fait une alliance avec S^-Gall voulaient leur indépendance.

Lorsque Cuno de Stoifeln apprit qu'une alliance unissait ses sujets à la ville de S*-Gall, il voulut forcer les Appenzellois à la rompre; ceux-ci s'y refusant, il brisa lui-même cette alliance : ce fut le signal de la guerre. Les Schwytzois avec quelques centaines de volontaires d'Uri arrivèrent au secours des opprimés. Les autres cantons se joignirent aux troupes de l'abbé. Le 15 mai 1403, les Appenzellois bien inférieurs en nombre que leurs adversaires (sic), allèrent se poster sur le Speicher; leurs ennemis au nombre de 5000 s'avancèrent par le chemin de Vœglisegg et les deux troupes se rencontrèrent. Une mêlée sanglante eu * lieu de laquelle les Appenzellois sortirent vainqueurs.

Cuno de Stoffeln rempli de colère demanda un secours à l'Autriche car il ne désespérait pas de soumettre les Appenzellois. Frédéric d'Autriche lui envoya une armée à laquelle se joignirent les S*-Gallois forcés de tourner leurs armes contre leurs alliés. Les Schwytzois, qui à la suite de la guerre de Sempach (1386) avaient conclu une paix de 20 ans avec l'empereur, ne purent venir en aide aux Appenzellois. Mais Rodolphe de Werdenberg qui avait des griefs contre l'abbé se joignit à eux et une seconde guerre eut lieu. Le Stoss fut le

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théâtre du combat. Cette fois encore, la victoire fut pour ceux qui combattaient pour leur indépeudance, quoique leurs adversaires fussent beaucoup plus nombreux. Les Autrichiens furent mis en pleine déroute, et ce qui contribua à la victoire des ÂppenzelloiSyCe fut la vue d'un petit corps de troupe* arrivant à leur aide. Les Autrichiens croyant que c'était un renfort prirent la fuite ; ce qui les avait tant effrayés n'était autre chose qu'un petit nombre de femmes et de filles d'Appenzell vêtues de sarreaux * qui arrivaient au secours de leurs frères (en juin 1405).

Les Appenzellois encouragés par ces succès poursuivent leur marche victorieuse, s'emparent de plusieurs villes et villages et mettent tout à feu et à sang sur leur passage ; mais défaits près de Brégenz ils rentrèrent dans leurs montagnes, après avoir restitué au comte de Werdenberg les possessions * que l'abbé lui avait enlevées et restitué à Schwytz la Marche près du lac de Zurich.

La paix devenait un besoin général pour tous ; aussi l'abbé Guno étant mort, il fut facile de la signer.

En 1411, les Appenzellois firent une alliance avec tous les cantons suisses sauf Berne. Leur indépendance fut désormais assurée.

Adèle Mayor.

Dix-sept ans et demi) — 3® élève sur 23.

1" classe (filles), ou 2* année.

Sciences naturelles.

LE TODCHER.

Le toucher nous met en contact avec les objets qui nous entourent; il nous donne des notions étendues sur différentes propriétés et différentes manières d'être des corps, telles que : la figure, les dimensions, l'élasticité, le poids, la température, les mouvements de translation et ceux de vibration.

Le sens du toucher s'exerce sur toute la surface de la peau, mais particulièrement sur les points de cette membrane qui présentent le plus grand nombre de terminaisons nerveuses, ainsi : la face palmaire de l'extrémité des doigts, la partie

rouge des lèvres et le bout du nez ; d'autres, comme la ligne médiane du dos, certaines portions du bras et de la cuisse n'ont qu'une sensibilité très-obtuse.

La peau du corps, organe du toucher, présente une superficie de un mètre 33 décimètres, elle enveloppe notre corps et le préserve des influences extérieures. Son épaisseur est partout augmentée intérieurement par une couche de graisse, empêchant la chaleur du corps de s'échapper et facilitant les glissements de la peau dans les mouvements.

La peau est pourvue d'un riche système vasculaire, elle jouit d'une grande vitalité et les agents extérieurs l'impressionnent facilement. Les maladies si repoussantes et si tenaces que Ton désigne sous le nom de maladies de la peau doivent leur origine à l'inflammation de celte membrane dont les vaisseaux sont devenus variqueux et ont cessé d'exclure les globules.

La peau se compose de trois parties : l'épiderme, le tissu colorant et le derme. L'épiderme est un vernis préservateur, mince, transparent, qui recouvre la peau. Dans certains endroits exposés à des frottements il devient épais et constitue la callosité que l'on remarque à la cheville chez les tailleurs, à la rotule chez les boulangers, à la paume de la main chez les ouvriers d'un grand nombre de professions. La formation des ampoules est due à l'accumulation de la sérosité sur certains points; comme l'air exerce une mauvaise influence sur nos tissus intérieurs, il résulte de là qu'on doit faire sortir le liquide que contient l'ampoule par une petite ouverture, et n'enlever l'ancien épiderme que lorsqu'il y en aura un nouveau.

Le tissu colorant ou pigment consiste en une multitude de granulations microscopiques de couleur brune placées immédiatement sous l'épiderme, et qui donnent à la peau une teinte plus ou moins foncée suivant les races et les individus. Chez les albinos le tissu colorant fait complètement défaut, de là une peau blafarde et des cheveux incolores. Une fois détruit le pigment ne se reproduit plus ; des traces blanches de cicatrices indiquent le passage où il a été enlevé.

Le derme forme au-dessous du tissu colorant une troisième couche infiniment plus épaisse que les deux autres réunies. De petites éminences coniques, les papilles, dans lesquelles viennent se terminer les nerfs de la sensibilité, font saillie à la surface du derme ; elles forment des séries de ponctuations séparées par des sillons réguliers. Leur nombre très-consi-

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dérable devient véritablement prodigieux dans les endroits où le tact est le plus parfait.

Les glandes sébacées sont logées dans l'épaisseur du derme, la matière grasse qu'elles contiennent lubrifie la peau, et lui conserve sa souplesse et son élasticité ; lorsque la sécrétion de cette matière grasse s'arrête, la peau durcie se gerce et se couvre partiellement de crevasses.

Les poils se trouvent en grande quantité sur la partie de la peau qui recouvre les os du crâne et que Ton appelle cuir chevelu. Toute la surface de l'épiderme, excepté la paume de la main et la plante des pieds, en est couverte ; les ongles eux-mêmes ne sont pour les anatomistes que des poils agglomérés et légèrement modifiés dans leur forme et leur couleur.

Les poils prennent naissance par une extrémité renflée ou bulbe du fond de petites cavités creusées dans le derme, extérieurement ils ont une substance fibreuse et intérieurement un liquide dans lequel se trouve le principe colorant, généralement divers sulfures et sels de fer. Avec la vieillesse les poils et les cheveux blanchissent, on les teint par différents procédés qui tous ont l'inconvénient de demander à être renouvelés souvent.

Les glandes sudorifères sont logées dans le tissu cellulaire sous-cutané; elles traversent le derme et viennent s'ouvrir obliquement à la surface de la peau ; la sueur qu'elles contiennent est un liquide acide dont la composition chimique est très-compliquée et assez variée. Il ne faut pas la confondre avec la transpiration insensible qui résulte d'un simple phénomène d'osmose.

Eugénie Chevallier.

Agée de seize ans et six mois, — 8* élève sur 33. 2' classe (filles), ou 1'* année.

(Note : 9.)

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