‹ Devoirs des catholiques envers l'EgliseChapitre 18 sur 30 · AIMER L EGLISE · texte numérisé non relu

AIMER L EGLISE

muii devoir que nous impose notre titre d'enlants dévoués de l'Église eatholique.

Défendre l'Église au lieu de l'attaquer ce n'est pas assez : au lieu d'en rougir nous avons le devoir de nous en glorifier. Eh ! Messieurs, si nous aimons vraiment l'Église, que peut-il Jious coûter de nous prévaloir de l'iionneur d'être ses enfants? Quel devoir, pour nos cœurs, plus doux à remplir à l'égard d'une mère, que le devoir, non- seulement de relever d'elle, de dépendre d'elle, de nous pénétrer d'elle, mais encore, et par dessus tout, de nous glorifier d'elle, de nous en glorifier en tout, de nous en glorifier partout, de nous en glorifier devant tous? Ah ! quand on aime, quand on aime sincèrement, profondément, purement, quel autre besoin peut-on éprouver, en face de l'objet aimé, que de s'en faire un idéal, un idéal de beauté, de grandeur, de sainteté, et par suite, un objet d'admiration, d'enthousiasme et de glorification? Qui donc a aimé une mère angélique, une mère vertueuse, dévouée, sainte, et qui n'a rien éprouvé de ce doux et subhme besoin : être fier de sa mère, et, sans orgueil, se glorifier d'être son enfant? Qu'est-ce donc, quand il s'agit

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(l'une mère connue notre mère, la sainte Église ? Eli î de quoi donc, je vous prie, eu considérant sa doctrine, sa morale, sa constitution^ son histoire^, pourrions-nous n'êti'e pas fiers? Et qui donc parmi nous, en regardant au visage de notre mère, aurait la tentation de rougir , et de détourner les veux de cette incomparable beauté ? A nous, d'admirer et d'exalter notre mère, au lieu de la méconnaître, de la désavouer, d'en rougir, à nous, de nous en glorifier devant ceux ({ui prétendent l'humilier, à nous de nous poser comme les fils glo • rieux de notre glorieuse mère!

Mais, comment nous faire, en face du monde qui insulte, en face de l'iiumanité qui raille, en face de l'impopularité dont on essaie de l'environner à nos veux, comment nous faire de cette beauté et de cette grandeur maternelle, une gloire filiale? Comment faire de cette gloire et de cet honneur de famille, la doire et l'honneur même de notre mère ? Ah î je vais vous le dire, en deux mots seulement, ne pouvant le développer dans ce discours : par la ferme profession de sa doctrine, et par une intrépide apologie de son rôle dans l'humanité.

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Oui, nous glorifier de notre mère et la giorilier elle-même; comment? par la profession courageuse de sa doctrine complète et de son symbole total ; professant hardiment et résolument la vérité qu'elle enseigne, telle qu'elle l'enseigne, sans en rien retrancher, sans en rien amoindrir, et sans lui demander de faire à l'erreur, qui prétend être son égale, des concessions malavisées, et sous le nom menteur de conciliation de consommer sa propre abdication.

Nous glorifier de notre mère; comment encore ? par l'apologie intrépide de son rôle dans l'humanité, de son ascendant sur les peuples, de son influence sur le progrès des nations chrétiennes, et surtout par l'exaltation ardente et saintement passionnée de son action si constamment, si universellement et si profondément civilisatrice ; et, au lieu de venir, par des' dis* cours aussi insensés que sacrilèges, demander à cette mère de l'humanité civilisée de se réconcilier avec la civilisation moderne, déclarer et professer hardiment que c'est à la société moderne à se réconcilier avec cette mère féconde de toute vraie civilisation.

Défendre notre mère, glorifier notre mère,'

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double devoir de notre amour ; il en est un troisième plus doux encore que les deux autres à notre cœur filial : réjouir notre mère, au lieu de la contrister. Qui ne sait que c'est le plus grand plaisir, le plaisir le plus pur et le plus embaumé de l'enfant qui aime, de mettre du bonheur et de la joie dans le cœur de sa mère ? Et si c'est un grand devoir, c'est pour tout amour vraiment filial un besoin plus grand encore.

Ah ! pour ne pas vouloir contrister cette mère, au profit de mon intérêt, de ma renommée, de ma gloire, je n'ai pas même besoin d'invoquer ma raison et ma foi ; mon cœur me suffit ; tout ce qui vit, tout ce qui parle, tout ce qui chante au plus intime de moi-même, me crie d'une voix qui me persuade et qui me force d'obéir : enfant, réjouis ta mère ; ses ennemis l'abreuvent de tristesse et de désolation ; enfant, donne à ta mère la joie et la consolation : ses enfants, même les plus privilégiés, lui font sentir l'amertume de leurs filiales trahisons; fais-lui sentir, en retour, la douceur de ton fiHal amour. Cœurs de chrétiens, cœurs de catholiques, saintement et irrévocablement attachés au cœur de cette divine mère, qui parmi vous ne se sent

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pressé, par la meilleure part de lui-même, d'accomplir ce devoir qui devient votre bonheur : réjouir votre mère ?

Réjouir TÉglise; mais comment? ah ! comme un enfant réjouit sa mère ; par nos paroles, par nos vertus, par nos œuvres, par nos sacrifices, par nos souffrances, par toute notre vie enfin, et, s'il le faut, par notre mort et par notre martyre.

Oui, la réjouir par nos paroles, en ne mettant dans nos conversations, nos discours, nos livres, que ce qui plaît à notre mère, et en donnant à notre parole la physionomie, l'image, Tempreinte de la sienne. Oui, la réjouir par nos vertus et par notre sainteté, c'est-à-dire, par la beauté propre aux enfants de cette mère divine. Comme cette Romaine célèbre, Cornélie, doucement fière des qualités rares que Rome admirait dans ses enfants'; ainsi il faut que l'Église, en voyant réalisé en nous l'idéal des vertus qu'elle enseigne, se réjouisse de nous voir porter, toute belle et toute immaculée, l'image de ce Christ qu'elle même a travaillé à former dans nos âmes. Oui, la réjouir par nos œuvres ; œuvres de charité et de fraternité, qui attestent

en nous la permanence de sa vitalité^ et sont comme un écoulement en nous de sa propre fécondité. Oui, la réjouir par nos dévouements et par nos sacrifices ; sacrifices volontaires faits à cette humanité qu'elle aime, à ces frères qui sont les fils de son amour, à ces âmes pour lesquelles elle-même s'immole chaque jour avec son Dieu ; sacrifices enfin, faits à Jésus-Christ vivant en elle, et à elle-même perpétuant la vie de Jésus-Christ ; dévouement et sacrifice, signe le plus authentique auquel la Mère divine reconnaît sa race légitime et sa vraie postérité.

Et, parce que le dévouement et le sacrifice sont au prix de la souffrance, ah ! laissez-moi ajouter : il faut par nos volontaires douleurs réjouir cette mère de toutes les douleurs, et par là, nous faire à la plus grande ressemblance de cette maternité qui boit, chaque jour de sa vie, avec le sang du sacrifice le calice de la souffrance ; et par là nous associer à la passion douloureuse de l'Église notre mère, comme TÉglise ellemême est associée, dans sa longue vie, à la passion de son divin Fils. Et, s'il le faut, enfin, sachons par notre martyre réjouir la Reine de tous les martyrs ; car rien n'est beau,

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rien n'est doux aux regards de celle que rÊglise nomme bien de ce nom glorieux, la Beine des martyrs^ comme la pourpre dont se couvrent ses enfants qui donnent à Jésus-Christ et à elle-même le témoignage du sang.

Et c'est ainsi, qu'en face de ceux qui plus ou moins sont contre l'Église, notre filial amour doit prendre parti pour l'Église, la défendre, la glorifier, la réjouir.

Mais, entre ces deux partis, n'en peut-il être un troisième ? Entre le parti qui attaque et le parti qui défend, n'est-il pas à la neutralité une place encore digne et compatible avec un sincère amour de l'Église ? Il est des catholiques, en effet, qui volontiers se renferment dans ce milieu à peu près, pour ne pas dire tout à fait impossible. Ils prétendent n'être ni pour ni contre; ils veulent assister, en simples spectateurs, à ces luttes contemporaines, où sont engagés avec la cause de l'Église les intérêts les plus sacrés de l'humanité, et ils prennent le parti plus que commode de l'indifférence et de la neutralité ; indifférence soi-disant philosophique, neutralité soi-disant impartiale; indifférence illusoire et neutralité désastreuse, qui.

alors même qu'ils ne le voudraient pas, aboutit {)lus ou moins à la complicité, et tôt ou tard prend parti contre l'Église .

Quoi ! l'indifférence, dites- vous, l'indifférence impartiale et désintéressée, quand telles questions sont posées, quand telle cause est agitée, quand tels intérêts sont engagés ; est-ce possible, je vous prie? Ah! lorsque le Oui et le Non sont en face l'un de l'autre, et entre les deux une cause immense, un intérêt de premier ordre et une question magistrale ; lorsque la négation vient heurter l'affirmation, et cela, avec un bruit qui, bon gré, mal gré, retentit jusqu'à vos oreilles, provoquant une adhésion ou un dissentiment, une sympathie ou une antipathie ; est-ce qu'il dépend devons de garder, au sein même de ces publics confliès, une indifférence systématique et une impartialité calculée ? Mais n'eussiez—vous dans votre cœur rien ou presque rien de cet amour de l'Église dont nous parlons en ce moment, est-ce que ce calme stoïque dans une indifférence absolue vous serait même possible ? Qu'est-ce donc, si vous aimez l'Église ; si vous l'aimez seulement d'une fibre de votre cœur ? est-ce que, en face des dangers qui me-

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iiacent, des forces qui attaijiiont, des insultes (jui outragent, des blasphèmes qui maudissent, et des acharnements (|ui poursuivent ce que vous iûmez, est-ce que vous pouvez, sans une contradiction révoltante, vous désintéresser à ce point ? Est- ce que la cause de TÉglise n'est pas aussi votre cause? est-ce que la cause d'une mère n'est pas nécessairement la cause des enfants ? Ah ! Tamour, lorsqu'il est vrai, a une impuissance qui l'honore, l'impuissance d'être indifférent devant l'objet aimé , alors surtout que ce que l'on aime est Hvré à l'attaque, à la contradiction, et peut - être à la persécution. A ce signe, vous pouvez juger de votre amour pour l'Église : ses joies et ses tristesses, ses dangers et ses triomphes, vous trouvent -ils froid, impassible, immobile, indifférent enfin? Eh ! comment, vous qui êtes plus qu'un ami, vous qui êtes un enfant de l'Église, oh ! dites inoi, indifférent comment le seriez-vous, lorsque même les ennemis ne parviennent pas à l'être ? (Comment ce qui intéresse la haine n'intéresserait-il pas l'amour? Et, lorsque les plus étrangers à tout ce qui est de l'Église ne peuvent pas, même de loin, se retrancher dans

cet absolu de rindifîérence et de Tinaction ; vousqui tenez à la vie de l'Église, comme un enfant aux entrailles de sa mère, comment pourriezvous dire, en vous croisant les bras," et fermant aux bruits du combat la porte de votre maison et plus encore la porte de votre cœur : TÉglise, à l'heure qu'il est, tient ses plus grandes assises; devant son tribunal les plus graves questions se posent : qu'est-ce que cela me fait? L'Église, à cette heure, est attaquée, insultée, vilipendée par une humanité corrompue, perverse et vile : que m'importe? Je ne suis ni Prêtre, ni Évêque, ni Pontife : que l'Église se défende ou que d'autres la protègent : « Cela ne me regarde pas.»

Oh ! non, mille fois non ; quand on aime l'Église ; quand on a au cœur une étincelle de son amour, non, être indifférent, et se désintéresser à ce point de tout ce qui touche à l'Église, ce n'est pas acceptable. Sortir de l'indifférence, s'intéresser, c'est un devoir, et en certaines heures, c'est un devoir suprême.

Que dis-je ? le devoir nous demande plus encore ; s'intéresser, dans un silence et dans une inertie qui ne coûtent rien, ne suffit pas; il faut faire davantage; il faut se prononcer, Q\imd les-

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luttes t>oiit engagées, il faut prendre un parti ; il faut sortir de la neutralité ; entre les deux armées qui vont se heurter, il faut aller à droite ou aller à gauche. Prétendre être à moitié d'un côté et à moitié de Tautrc, pencher tantôt vers les amis de FÉglise et tantôt vers ses ennemis, ce n'est pas seulement une faiblesse, une lâcheté; c'est une inconséquence, c'est une contradiction ; contradiction maudite par le prophète d'Israël, et qui ne saurait se perpétuer longtemps, sans aboutir à la trahison ou à l'apostasie.

Jusques à quand pencherez- vous à droite et à gauche? Mon frère le catholique, tu crois que l'Église est une mère divine; tu crois qu'elle est donnée à l'humanité pour la guider dans ses voies; et cette Église, dont tu es le fds, tu dis que tu l'aimes, que tu l'aimes comme une mère : et, quand on l'attaque, quand on l'outrage, quand on la calomnie, quand on l'humilie de mille manières, tu voudrais te faire dans une neutralité impartiale une indifférence superbe et un lâche repos ?

Allons donc !... arrière cette attitude qui ne ressemble à rien, ou qui, si tant est qu'elle res* semble à quelque chose, ne se peut comparer

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qu'à une trahison. Ah! ne nous Taisons pas illusion : dans certaines situations faites à cette mère que nous aimons, ne pas se prononcer c'est déserter ; ne pas agir c'est trahir ; et cette prétendue impartialité vous conduit, par une pente fatale, à la complicité.

La complicité ! Mais, est-ce qu'elle n'est pas visible, permanente, et presque générale, dans ces hommes qui se vantent de se renfermer dans la paix de leur neutralité commode, et s'endorment sur le duvet de leur molle indifférence ? Est-ce que ces catholiques étranges qui affectent, de vant les périls et les épreuves de l'Église, une indifférence et une impartialité qu'ils estiment supérieures aux ardeurs de la lutte, ne sont pas les premiers à se rendre coupables de cette complicité indirecte avec l'ennemi qui menace et persécute leur mère ? Est-ce que, sans le vouloir, et peut-être même sans le savoir, ils ne conspirent pas, pour leur propre compte, à multiplier la force qui attaque, tandis qu'ils se targuent superbement de ne rien faire, pour agrandir et soutenir la force qui défend tout ce qu'ils croient, tout ce qu'ils aiment et tout ce qu'ils adorent ?

Vous, qui faites sonner si fort votre haute

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impartialité et votre désintéressement sublime, daignez répondre ici à la vérité et à Tamour (jui vous interrogent : est-ce qu'il y a rien de moins désintéressé, et de moins impartial, que la participation, hélas ! trop eiïective, que vous prenez aux publications les plus hostiles à TÉglise, et, peut-être, même l'intérêt lucratif que vous avez eu dans leur création, et que vous avez encore dans leurs succès?

J'entre dans votre salon, où sont jetés ça et là les livres, les revues et les journaux, qui font, ce que nous disions tout à l'heure, ce métier deux fois honteux d'insulter et de calomnier l'Église, c'est-à-dire pour vous, comme pour moi, d'insulter une mère. Et, parmi toutes ces productions impies, qui obtiennent, je ne sais comment, toutes vos préférences, je cherche les livres, les revues et les journaux qui la défendent ; je cherche les auteurs et les publicistes qui ont le courage de marcher contre le torrent et de braver même l'impopularité, pour venger une mère ! ô surprise ! ô mystère î je ne les Irouve pas. Là, tout au plus, je rencontre quel- «ju'une de ces publications hybrides, qui, sans être précisément hostiles, font plus de mal à

notre mère que l'hostilité elle - même ; qui, chaque matin, sous prétexte de la servir et de la défendre contre le danger de l'impopularité, se permettent d'admonester l'Église, de critiquer l'Église ; et qui achèvent de la rendre impopulaire, en dénonçant, d'une voix soi-disant amie, ses aspirations dangereuses, ses tendances rétrogrades, et surtout son prétendu antagonisme avec l'esprit moderne, la société moderne, la civilisation moderne.

Je le demande, dans le catholique tel que je le veux trouver en vous, dans le catholique qui aime l'Église, cela est-il concevable ? logique ? tolérable même?

Quoi ! mon frère ! sans scrupule, sans souci, et, à force de le faire, sans presque vous en apercevoir, chaque semaine, chaque jour même, sous les plus futiles prétextes, vous lisez, et avec un intérêt trop mal déguisé, tout ce qui insulte, tout ce qui outrage, tout ce qui humilie cette Église dont vous vous dites le disciple fidèle et même l'enfant dévoué ! Et, tant l'habitude en est prise, ce que vous lisez de plus injurieux, de plus sacrilège et de plus révoltant, ne soulève pas même, dans votre âme catholique, une re~

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ligieuse indignation? Et vous aimez l'Église? Ah ! frère vraiment égaré, jusques à quand dureront vos illusions ? Est-ce ainsi qu'en toute autre sphère on vous voit, par des procédés si étranges et si incompréhensibles , conspirer contre tout ce que vous aimez ?

Je le suppose, un écrit vous tombe sous la main, dans lequel votre propre mère, j'entends votre mère selon la chair et le sang, est indignement dénigrée, outragée, insultée, déshonorée. Dans ce cas, qui n'a rien de chimérique, je vous le demande : que feriez -vous de ce livre insulteur, ou de ce journal diffamateur? Ah ! je vous vois d'ici; la rougeur monte à votre visage, et la colère à votre cœur. Vous froissez dans vos mains et jetez sous vos pieds le feuillet maudit par votre filial amour; et vous vous écriez dans l'explosion d'une légitime colère : « Ah ! le misérable ; il a outragé ma mère ! » Et, c'est tout au plus, si vous parvenez a contenir en vous le flot d'une fureur qui s'amasse, ou la flamme d'une vengeance qui s'allume dans votre cœur contre l'auteur d'une telle infamie.

Et voilà, pourtant, ce qui vous arrive chaque matin! Vous la prenez cette feuille jetée à

votre curiosité avide ; vous la prenez, sans que la main vous en tremble, vous, l'abonné bienveillant du journal insulteur et calomniateur. Et le journal fait ce qu'il a promis de faire, ce qui est sa raison d'être, ce qui est son profit et peutêtre sa gloire : il insulte, il calomnie votre mère l'Église ; il lui donne les noms les plus humiliants ; il lui inflige les stigmates les plus déshonorants ; il ira peut-être jusqu'à la proclamer, non-seulement rétrograde , décrépite , mais menteuse , perverse , une infâme , exploitant la perversité et bénéficiant de l'infamie. Eh bien! rien ne vous émeut, rien ne vous indigne, rien ne vous révolte ; et, pour peu que l'insulteur de votre mère ait su assaisonner l'outrage d'un peu de cette spirituelle et fine ironie que vous aimez ; peut-être, la lecture de ces infamies reprochées à une mère n'aura d'autre effet, que de faire passer un léger sourire sur votre lèvre catholique. Et vous plierez la feuille, en disant : comme il a d'esprit ! comme il est amusant! c'est méchant, mais c'est frappé; c'est exagéré; il y a du vrai pourtant.

N'insistons pas ; signaler de telles aberrations, c'est assez les flétrir ; et, laissez-moi

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ajouter, c'est assez pour en détourner à jamais vos cœurs de catholiques sincèrement attachés au cœur de notre mère. Non, vous ne serez pas du parti de cette neutralité menteuse, qui conspire avec Tennemi pour attaquer, outrager ou insulter l'Église. Beaucoup moins, serez-vous de ce parti qui l'attaque ; qui l'attaque directement en lui faisant une guerre ouverte, ou qui l'attaque indirectement;, en l'humiliant ou en la contristant devant ses propres enfants, par une défense lâche ou malavisée. Ah! vous serez du vrai parti de l'amour; du parti des enfants qui aiment vraiment l'Église, c'est-à-dire, du parti qui défend l'Église, du parti qui glorifie l'Église, du parti qui réjouit l'Église ; et qui pour la défendre, la glorifier, et la réjouir, consent à tout accepter, le sacrifice, la souffrance, et même le martyre!... Amen.

QUATRIÈME CONFÉRENCE

QUATRIÈME CONFÉRENCE

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