DES MOYENS DE SANCTIFIER LES ACTIONS
Je ne ferai qu'indiquer les moyens de sanctifier ses actions parce que on en trouve le développement dans plusieurs auteurs, surtout dans Rodriguez.
1° Ce premier moyen, c'est de nous rappeler la présence de Dieu.
2° C'est de penser aux récompenses temporelles et éternelles que Dieu réserve à la fidèle
(1) Rom., un, 12. — (2) II Rois, xxn, 38.
observation de sa loi, à la sanctification de nos actions et aux peines réservées aux violateurs, aux négligents.
3° C'est de faire toutes nos actions comme si c'était la dernière de notre vie, chacune.
4° Un autre moyen de bien faire ses actions, et de les faire toujours toutes comme si chacune était la seule qu'on eût à faire.
5° Pour bien faire ses actions il ne faut penser qu'au jour présent.
11 y a bien d'autres moyens de sanctifier ses actions, mais je viens d'assigner les principaux avec lesquels, s'ils sont bien exécutés, nous ferons bien nos actions; mais sans lesquels aussi nous n'agirons pas uniquement pour Dieu.
Des souffrances.
On peut faire voir, 1° que nous sommes tous condamnés à souffrir; 2° l'utilité des souffrances; 3° enfin, comment nous devons souffrir.
D'abord, dès qu'Adam, notre premier père, eut prévariqué et qu'il eut enveloppé le genre humain dans sa disgrâce, les hommes ses descendants furent condamnés aux souffrances qui sont une suite fnneste et une conséquence bien terrible de sa désobéissance. L'arrêt terrible que le Seigneur a porté s'étend sur tous les hommes,
personne donc qui soit exempt de souffrir, les souffrances sont pour tous les âges, toutes les conditions, depuis que l'homme est placé sur la terre jusqu'à sa mort : Jugum grave super filios Adam, à die eœitûs de ventre matris eorum usque in diem sepulturœ (l). Nous sommes condamnés à souffrir comme hommes, comme chrétiens, comme ministres de Jésus-Christ.
Ensuite voyons en abrégé l'utilité des souffrances : Les souffrances nous font penser à notra salut et nous font prendre les moyens de l'opérer. Dieu, en nous envoyant des souffrances, nous témoigne un grand amour, et nous, à notre tour, nous lui en témoignons un grand en les supportant avec patience et résignation. Premièrement, Dieu nous témoigne un grand amour en nous envoyant des souffrances, parce qu'elles sont pour nous un sujet de mérite et une cause de retour à Dieu, si nous avons eu le malheur de nous en éloigner. Secondement, nous témoignons, en les recevant, un grand amour à Dieu, car nous faisons sa sainte volonté et nous estimons ses grâces.
Enfin nous devons souffrir avec patience, avec résignation, avec confiance, nous devons reconnaître que c'est avec justice que nous souffrons : Merilb hœc patimur (2). Nous devons souffrir pour
(1) Eccl., xl, 1. ~ (2) Genèse, xui, 21,
avoir rapport de conformité avec Jésus-Christ, notre divin maître et notre admirable modèle. Lorsque le Seigneur nous tient courbés sous le poids des afflictions, nous devons adorer et remercier la main bienfaisante et toute-puissante, souverainement sage et juste qui nous frappe. Lorsque nous sommes affligés, si nous souffrons avec toutes les qualités qui viennent d'être indiquées, c'est marque que nous avons un véritable amour de Dieu; comme, au contraire, si à la moindre souffrance nous murmurons contre les ordres de la Providence, c'est marque ou que nous n'aimons pas Dieu, ou que notre amour pour lui est faux et apparent seulement. Nous devons encore souffrir avec courage pensant que nous avons Dieu pour appui.