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jouissance que je goûte est le fruit d'uue injustice, elle est uneprivation pour celui à qui appartient ce qui me la procure ; quel bourreau continuel est pour son âme ce reproche que l’homme malhonnèête est forcé de s'adresser !
Aujourd’hui, partout ce forment des sociétés dans un but de spéculation ; elles peuvent avoir une fin légitime et l'atteindre selon les lois de la justice. Mais la fraude sait y trouver un accès facile : on peut tromper sur la valeur des propriétés, des objets de cemmerce de la vente ou de l'achat desquels on espère retirer des trésors. L’accroisse. ment subit d’une fortune ne s'opère quelquefois que par la ruine d'un autre. L’habileté, sans doute, est permise, mais toujours dans les limites de l'honnêteté ; l'agiotage est souvent un larcin pratiqué sur une large échelle. L'industrie manufacturière peut être à la fois un moyen d’amasser de nombreux écus pour ceux qui l’exploitent, et dans le travail qui lui est offert, une ressource pour la pauvreté. Mais on l’a vue en d’autres contrées, sous l'influence d'une cupidité sans frein, ressusciter en quelque sorte l’horreur de l'esclavage antique, en traitant les travailleurs comme des machines brutes, que l'on tient presque toujours en mouvement, sans se préoccuper des limites de la force de l'homme, dans le jeune âge surtout, et des égards dûs à su dignité- D'une autre part les ouvriers qui spéculent sur le besoin qu'on ade leurs bras demandent des salaires exorbitants, ou font ces grèves qui arrêtent les entreprises, le cours des affaires publiques, et deviennent quelque fois des coalit‘ons qui menacent l'ordre et la paix de la société.
Une honnêteté plus générale, un sentiment de la justice, dominant à un plus haut degré dans les diverses classes du corps social, aurait préservé notre siècle des égarements de cette avidité de gain, qui pour se satisfaire, n'hésite pas à porter la main sur les fruits défendus par la morale et l'humanité.
La probité, elle est sévèrement exigée de ceux qui ont à servir leurs concitoyens dans les carrières professionnelles. Voyez ce malade dont la souffrance torture les membres, Où qu'une mort prochaine menace ; il appelle auprès de
lui l’homme que, selon le langage sacré. (Eccli. 38) Dieu a créé pour le soulagement des infirmités humaines. La science qu'il lui connait excite sans doute sa confiance à son égard ; mais ce sentiment, il s’est aussi formé dans son cœur a la pensée que son médecin à la conscience de ses graves devoirs, et qu’il est dans la disposition de les accomplir. Mais figurez vous ce patient forcé d’avoir recours à un homme de l’art d’une réputation de moralité équivoque. I1 tremble en songeant que celui-ci va peut-être tenter sur lui l'épreuve d'un médicament qui aurait un éffet funeste, qu’il peut produire une guérison apparente par des moyens qui portent un peu plus tard un coup mortel à sa constitution, ou que, assuré de la rétribution qu'il attend, il hâterait la fin d'une maladie dont le soin l’importunerait.
Regardez maintenant l'avocat qui n'invoque pas St. Yves pour patron. S’enrichir n'importe par quel moyen, voilà son but. Ilse charge de toute cause qu'on lui présente, donnant à celui qui le consulte l’espoir de la gagner, malgré sa conviction ou son appréhension contraire. Pour faire croire à une sollicitude ‘aborieuse de sa part, propre à justifier le compte qu'il présentera, il prétextera le besoin qu’il a de rechercher des pièces, des documents qui en réalité ne lui sont nullement nécessaires ; il traine les procès en longueur; il engage frauduleusement à les continuer des clients, qui découragés du retard et incertains de l'issue, seraient portés à un désistement ou à un accord amiable avec la partie adverse. La fortune d’une famille sera considérablement diminuée par ce procès dans lequel il l'aura engagée : mais lui sera satisfait,il aura recu des honoraires qui l’auront grandement enrichi. Aïnsi cet homme dont la fonetion est de défendre le droit, il s'en constituera l’adversaire ; appelé par état à réparer l'injustice, il la commet lui-même. Que de procès ruineux, que de frais quelquefois exorbitants, aurait fait éviter un avocat préférant la cause de l'équité à l'avancement de sa fortunel
De l’avocat/ passons à ceux qui dans les cours criminelles ont à décider de la vie on de la mort des accusés dont la causeest remise à leur décision.Quel strict amour du devoir,
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quel esprit dégagé des passions, doit animer un corps dejurés ! Mais des intérêts individuels, des préjugés de partis politiques, des haines de nationalité ou de religion sont là; et il en sort un verdict qui soustraira à la sévérité de la justice un grand coupable dont l'acquittement sera un encouragement à un nouveau crime, à la perturbation de l'ordre, de la sécurité d’une population ; ou ce sera une condamnation qui fera verser le sang d’un innocent et couvrira une famille d’une douloureuse et perpétuelle infamie. Ettout cela malgré la protestation du serment de juger avec la plus grande impartialité, serment dont la violation est un jugement qui proclame le triomphe du crime, ou qui devient lui-même un homicide.
Portons maintenant notre attention sur les devoirs que demande la vie politique. Dans un gouvernement comme le notre, les citoyens doivent élire ceux qui seront leurs représentants dans la législature. Ils vont confier un emploi d’où dépend le maintien de l'ordre, de la justice dans la société, l'accroissement de la prospérité du pays. Evidemment pour faire ce, choix une conscience honnête exige d'eux qu'ils s'éclairent par des informations recherchées avec sincérité, qu'ils s'élevent au dessus de tout parti pour ne considérer que le bien public, qu'ils repoussent toute cabale, toute intrigue pour ne donner leurs voix qu’au candidat de qui la patrie doit espérer le plus de service. Que deviendrait une société où ces principes ne prévaudraient pas, où les électeurs inscriraient sur leur front: je suis à vendre au plus haut enchérisseur, et n’approcheraient de l’urne au scrutin qu’une main flétrie par une hideusee corruption ! Oh ! que les citoyens sentent la dignité et l’importance de la fonction qu'ils exercent par leur vote électoral et qu’ils la remplissent sous l'influence du plus pur amour de la patrie !
L'homme public qui reçoit un mandat de ses compatrio-.
| tes, ou une charge de la part de l'autorité gouvernementale,
s'engage en l’acceptant à employer tous ses efforts pour servir la société dans toute l'étendue des attributions de cet
-émploi, et d'autant plus qu'un serment lui fait attester devant Dieu qu'il s’acquittera avec fidélité de tons les devoire dont cette charge reclame l’accomplissement. . Mais ‘s'd n’est pas honnête, il ne prend pas les moyens qu'un zèle vraiment patriotique: inspirerait pour que l'exercice -de sa charge fut utile à ses concitoyens : il dérobe aux occupations que Ini impose sa position d'homme public des heures qu'il donne au plaisir ou à ses propres intérêts. Dans le maniement des affaires qui lui sont confiées, il a en vue l’augmentation de.ea fortune. Qu'importe un détriment pour la société,s’il y trouve une occasion de s'enrichir, -ou si dans les fonctions rémunératives qu'il peut distribuer lui-même, ou que son influence lui permet de solliciter efficacement pour les autres, il favorise, non le mérite, seul titre aux emplois publics, mais des affections personnelles, des intérêts de parti. Serait-ce là, je le demande, un citoyæn honnête ?
Quelque fois par un de ces aveuglements auxquels les æassions condamnent, un homme, qui se ferait un scrupule -de dérober une obole à un particulier, ne tiendra pas comp te du tort qu'il fait à sa patrie par des. négligences dans sa charge, ou le sacrifice des intérêts publics à son avantage
personnel. Si le sentiment de sa probité dans toute sa délicatesse, était plus vivant dans une société, il en écarterait ces désordres.
Voilà pourquoi les principes de l'honnêteté publique et privée nous sont souvent rappelés. Si nous y sommes fidèles, nous ne ferons pas, dans notre vie publique, d'actes propres à altéror l’honneur de notre patrie, peu habituée encore, grâces au ciel, à cette corruptio n des mœurs politiques qui flétrissent d’autres sociétés.
Il n’y a pas seulement injustice, à l'égard des membres de la société, dans l’acte par le quel on les prive de leurs richesses, de leur propriété. Ilest pour l'intelligence un bien qu’il est souverainement coupable de lui enlever: ce bien, c'est la vérité. L'intelligence est crée pour la connaitre ; c’est la lumière qui l’éclaire ; à sa lueur elle voit le chemin par lequel elle doit marcher pour arriver à sa fin.
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Toute erreur est pour l'esprit un obscurcissement propre à le faire dévier de la voie du devoir ; une fausse doctrine produit toujours le désordre ; elle amène tôt ou tard. le trouble qui agite et inquiète, elle conduit nécessairement à ce qui est mal. Quiconque induit un autre en erreur lui prépare par là même une infortune. Tout. homme honnète doit donc éviter avec le plus grand soin ce qui pourrait amener quelques-uns de ses concitoyens, et à plus forte raison une société entière, à un égarement funeste.
La vérité c'est Dieu : Deus veritas est. La vérité c’est la manifestation de la sagesse, de la puissance divine. Toute erreur, je parle d'erreurs d'idées, de principes, est implicite ment une négation de Dieu, car elle blâme un de ses attributs; elle attaque sa sagesse, sa justice, sa bonté ; elle ge met on opposition avec ce qu'ila fait connaitre de lui-même, ou avec l'ordre qu'il a établi pour le gouvernement du monde.
Dieu veut que la vérité soit comme propagée. Répandre l'erreur, faire adopter comme vrai ce qui est faux, c'est un attentât à la souveraineté de Dieu sur les esprits. Dire le contraire de ce que Dieu a fait connaître par les lumières de la raison ou celles de larévélation, c’est le démentir ; ie conséquent nier son autorité, c'est-à dire sa divinité.
Sans doute ces considérations s’appliquent surtout à l'or. dre religieux : et il suffiit de les énoncer pour faire cor prendre combien se rend coupable devant la vérité divine celui qui émet une doctrine qui attaque directement ou in directement un dogme révélé, ou celui qui par ses calomnies contre l'Eglise, ses institutions, son sacerdoce, affaiblit la foi à son autorité, et par là même met obstacle à sa mission qui est de répéter les enseignements de Dieu même ; Praedicate Evangilium omni creaturæ (Mai 16.)
Mais la vérité n'est pas seulement dans l’ordre religieux elle se trouve aussi dans l’ordre social, politique, littéraire. S'il en était autrement, ce serait déssespérant pour l'intelligence, naturellement avide du vrai. Quoi, est-ce qu'il faut so jeter à corps perdu dans cette lutie des agitations gocia-
les sans avoir, sinan toujours une conviction assurée, dû moins l'opinion fortement probable que la vérité, le bien se trouvent au but vers lequel tendent ces efforts ? Ce ne serait alors qu'une action insensée et même criminelle. La vérité existe dans l'ordre de choses dont il est question ; sans doute elle n'apparait pas avec la certitude que la révélation produit; elle est quelques fois couverte de voiles plus ou moins épais,qu'il faut savoir faire disparaitre pour qu'on la voie face à faco, et que par là même on la reconnaisse.
1 y a partout les principes fondamentaux qui, tenant à l'ordre religieux, participent à la certitude de celui-ci. L'origine de la société politique, la légitimité du: pouvoir, le droit d’obéir à ces prescriptions, les limites de son autorité sont des questions sur lesquelles la théologie doit se prononcer en dernier appel. Et cependant,que d'assertions opposées à ses enseignements s'émettent tous les jours sur ces matières ; l'erreur en ce cas entrainerait les conséquences les plus finestos l
Il est des questions de forme gouvernementale,de législation civile, d'économie politique, de prospérité matérielle que l'on agite sans cesse, Est-ce que relativement à ces matières, il ne saurait. y avoir de vérité ? Telle théorie n'est-elle pas réellement plus qu'une autre conforme à la raison, à la morale, utile au bien public ? Parmi cos mesures diverses objet de la discussion, n’en cst-il pas une qui soit véritablement plus propre à faire le bonheur d'une société ? Si l'on ne voit pas tout d'abord avec certitude la vérité sur ce point, il faut la chercher.
Je vois le citoyen honnête homme et ami de sa patrie, cédant à la voix de la conscience, renonçant à tout parti
pris d'avance, à toute passion d'orgueil et de jalousie, à tout
dévouement aveugle ou intéressé à tel ou tel. homme, et di. sant avec sincérité et'énergie : je veux connaître la vérité
sur ce point, savoir ce.qu'il y'a de réel ou de: faux dans
telle ou telle assertion, ce qu'il y a d’avantageux ou de fu: noste pour mes compatriotes: dans cette mesure ; et alors: il
se livre avec calme à un examen : approfondi dela questi.:
On : bientôt jaillit une lumière qui lui fait connaître la