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vérité, objet de ses désirs. Et si elle contredit une opinion soutenue ‘auparavant avec plus ou moins d'ardeur, alors la voix du devoir répètera ce mot fameux: Brûle ce que tu 2s adoré et adore ce que tu as brûlé. Et l'âme forte, -dévouée, animée de l’amour de la vérité fera généreusement ‘de sacrifice imposé par la conscience,sur l'autel de la patrie, ©bjet de son amour,
Lorsqu'un homme est appelé devant un tribunal dans unb affaire litigieuse qui regarde souvent pour une valeur modique les biens d’un citoyen, il est interpellé au nom de Dieu de dire la vérité, et s’il lui reste tant soit peu d’hon- #mêteté ot de foi religieuse, il frémit à la pensée d’un témoi- &uage qui deviendrait un parjure. es
Et bien ! dans les débats politiques il s'agit non du plus ou'moirs de richesse d’un individu, mais des intérêts les plus graves d’une société.
Voici une assemb'ée où il est question de désigner les citoyens appelés à faire les lois qui la régissent. Un homme, doué d’un certain talent de parole, se présente pour éclairer la foule sur l'opinion qu'elle doit se furmer. Un serment n'est point exigé de lui, mais la société ne lui demande pas moins, et au nom de Dieu qui veut y voir ré-
sgner l’ordre et la justice, qu'il dise toute la vérité et rien
que {a vérité. Il doit faire alors comme le ministre de la religion en témoignage judiciaire, mettre la main sur sa poitrine pour attester qu'il va parler selon sa conscience, Et cepencant, ce harangeur, s’il est en proie à une passion, à un intérèt qu'il veut à tout prix faire triompher, il va énoncer des assertions qu'il sent flétrir scs lèvres ; il se fait un plaisir de tromper cette assemblée qui l'écoute ; il jouit à voir l'erreur s'emparer des esprits et animer leg cœurs des sentiments qu'il exprime. Il a des adversaires; il cherche à les rendre. odieux par toutes sortes d'inculpations, il interprète défavorablement tous leurs actes ; il sait qu'ilcalomnie. Qu'importe ! il satisfait sa haine ; il estau ,
po de la joie quand il a flétri leur réputation, et provo-
qué de la paré de la foule des expressions d'animadversion à à leur égard. Quel rôle i igneminieux et funeste à sos Com-
patriotes joucrait le tribun dont je parle! Peut-être la passion politique se porterait rarement à cet excès de proférer des faussetés, des calomnies dont elle aurait la conscience; mais celui qui la subit n'est-il pas fortement coupable de s’en laisser tellement dominer qu’il ne réfléchisse pas, ot ne so donne pas le soin, si impérieusement imposé par la probité, de s'assurer de l'exactitude des assertions qu'il va ; émettre ou des faits qu'il va rapporter.
Voyez au contraire, comme serait honorable le citoyen qui aurait la réputation d’une intégrité, d’une franchise que rien ne pourrait altérer ; on sait qu'il ne sacrifiora pas la vérité au triomphe d’ane opinion personnelle, Il pout, avoir des adversaires de sos idées, mais il ne les traite pas en ennemis À l'égard desquels tout est permis. S'il croit devoir les blâmer, il le fera aec un accent exprimant que c'est l'amour du bien public et non une animosité personnelle qui dicte ses paroles. Lui même sera calomnié peutêtre ; mais tôt ou tard son mérite sera reconnu ; sa réputa— tion d'honnèêteté lui fera prendre de l'autorité sur ses concitoyens, et lui permettra do servir bien efficacement sa patrie.
Qu’une société voie à sa tête un nombre d'hommes dont
/ l'honnêteté soit à toute épreuve, et elle prospérera marchant dans les voies de la justice et de la morale.
Mais malheur à celle où le mensonge serait entendu sans indigration, et où il pourrait être regardé avec indifférence k comme un moyen de succès pour une cause | 4
Tà où la franchise ne domine plus, l'honneur s'en va. ! Il se perd ce sentiment des âmes nobles qui les fait frémir à l'aspect de toute bassosse, les porte à se respecter ellesmêmes, leur assure l’estime et la considération publique, et leur fait supporter avec courage et fierté toute perte, hors
| celle de l'honneur même. Mais l'honneur, son caractère | essentiel, c’est la franchise ; de nul qui a menti on ne dit
\ qu'il est honorable. On regarderaitcomme la plus insigne
injure de s'entendre dire qu'on a perdu l‘honneur aux yeux des autres. Celui qui trompe proclame son propre avilissement, il se dégrade de ses propres mains, il Ôte à son nom
re la pasproférer nacience; pable de pas, ot no ir la pro-
qu'il va
e citoyen chise que à pas la Il pout, raito pas S'il croit mant que | personnié peut- \ réputa—
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s'en va.
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cot honnour qu'on ne peut plus retrouver quand on l'a perdu, car comme l’a dit le poëte : L'honneur est comme une île escarpée et sans bords : On n'y peut plus y entrer dès qu’on est dehors,
L'honneur, oh ! portons en l'empreinte sacrée dans l'accomplissement du devoir dicté par la conscience, et dans un amour de la vérité qui ne permette jamais à aucun intérêt de la blesser,
Souvenons-nous de nos pères ; choisis par la main de la religion même, les premiers colons du Canada apportèrent ici on leurs personnes la foi, la piété, l'ntrépidité, et surtout la franchise et l’honnèêteté ; ces dernières vertus apparaissent dans les annales de notre histoire avec un caractère qui excite une vive admiration. Boaux jours de l'enfance de notre pays, mœurs si pléines de foi envers Dieu et envers les hommes, charmes de la paix etde la concorde, no serez-vous plus que le souvenir d'un passé qui ne doit plus revenir ! ….. Non, il n'est pas effacé pour jamais ce caractère moral qui faisait tout récemment encore l'houneur du nom canadien.
Ici on me permettra de rappeler des paroles qui ont déjà été entendues dans cette enceinte , elles sont extraites de notes d’un voyage fait en Europe en 1843. Je cite textuellement :‘* Lorsqu'on passe au milieu des peuples chez lesquels des causes diverses et surtout l'irréligion ont altéré le sens moral, on se prend à regretter la simplicité et l'honnêteté des mœurs de son pays. Les étrangers mêmes les admirent et nous les envient. J’en ai reçu un témoignage dans une occasion que je ne pourrai jamais oublier. Je quittais Naples avec de nombreux compagnons de voyage sur un bateau à vapeur partant pour la France. Nos regards étaient ravis de cette terre, de cette mer, de ce ciel chantés par les poëtes. Quand cette espèce d’extase où nous plongeait ce tableau enchanteur fut passée, la conversation s’engaga entre les passagers du vaisseau, sur le caractère du peuple que nous venions de quitter. et elle amena par comparaison divers jugements sur les mœurs des principales nations européennes. “J'ai vu bien des peu-
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ples, dit un gentilhomme anglais, chez qui tout annonçait nue position élevée dans la société, j'ai vu bien des peuples, mais dans mes longs voyages en plusieurs parties du monde, je n’ai trouvé nulle partune hospitalité aussi cordiale, aussi bienveillante, des mœurs aussi simples, aussi honnêtes que chez le peuple du Bas Canada.” A ces paroles je sentis battre mon cœur canadien d’un noble orgueil ; et il me semblait que ces lieux si glorieux par leur beauté magique, les grands événements dont ils ont été le théâtre, et les sublimes génies qui lesont illustrés, il me semblait, dis-je, que ces lieux si fameux enviaient la belle et puregloire que ce témoignage venait de donner à mon humblepatrie.”
Faisons tous nos efforts pour conserver à notre pays une: gi honorable renommée. Rappelons-nous souvent la noblesse et la pureté de notre origine, et la loyauté de nos ancêtres qui n’a pas encore été essentiellement altérée chez. leurs descendants. Si la bonne foi chancelle parmi nous, élle se ranimera quand chacun s’entendra redire comme. sux temps des preux chovaliers : souviens-toi de qui tu es: fils, et ne forligne pas.
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