‹ Devoirs du citoyen [microforme]Chapitre 8 sur 16 · LE CITOYEN DOIT ÊTRE DEVOUE · texte numérisé non relu

LE CITOYEN DOIT ÊTRE DEVOUE

La justice, est-ce là tout ce que les hommes se doivent mutuellement ? Eviter de blesser les autres, est-là la seule loi qui doive régir les membres d’une société ? L’'indifférence à l'égard de ceux avec lesquels on vit, l'insouciance la plus complète pour le peuple auquel on appaitient, seraitce là une disposition de cœur, qui ne mériterait aucun blâme parcequ'elle n’exprimerait la violation d'aucune obliga-

tion ?

Non, sans doute. Au devoir de la justice, se joint celui du dévouement au bien général de la société dont on est membre. L'homme ne doit pas seulement respecter les droits d'autrui , il est.aussi appelé à la gloire de donner, et sous quelque rapport, à son propre détriment. Oui se refuser la jouissance pour que d'autres la possèdent, sacrifier ses biens, ses services personnels, sa vie même, voilà jusqu'où, en certaines circonstances, son cœur peut et doit s'élever. Le sacrifice est un mot sublime, qui est la plus haute expression du devoir social.

Le texte sacré nous dit que l’homme est fait à l'image de Dieu ; cela est vrai surtout de son cœur. Or voyez l'Etre infini en toutes perfections. Il jouit de la béatitude suprême. Mais il ne veut pas être seul heureux. Il crée pour appeler d'autres au bonheur. Quelle immense libéralité que la vie donnée à tant de millions d'êtres doués par la pensée et le seuuiment de la faculté de jouir! Quelle expression de l'intérêt de Dieu envers ses créatures dans les soins de cette providence qui pourvoit si constamment à tous leurs besoins ! Bien plus, le christianisme nous montre le sacrifice en Dieu lui-même, et c’est sa merveille par excallence. La croix, est la plus haute lecon,le plus suprème moe du dévouement. Se donner et s’immoler, cela doit être :e devoir de l’homme formé à la ressemblance divine.

Le dévouement, il coule du cœur de Dieu en celui du ( père et de la mère dans la famille. Quels travaux, quelles | fatigues, quelles sollicitudes s'impose un père pour ses | | enfants ! Il pourvoit à leur alimentation,à leur éducation ; il leur assure, autant qu'il le peut, les moyens de parcourir (ll leur carrière avec avantage ; et puis lorsqu'il pourrait se i 1 reposer pour jouir du fruit de son labeur, de son industrie, 4 il travaillera tant que ses forces le lui permettront, afin de LIU laisser à ceux, à qui il a donné la vie, un héritage qui leur ! | donne une plus grande aisance. Quant à la mère, elle ne ï sait ce que c’est que de rechercher une satisfaction person- : nelle ; la souffrance qu’elle peut éprouver, elle n’en tient î pas compte. ŒÆlle ne vit que pour ses enfants; toute sa jouissance c’est de faire ses efforts pour les rendre heureux. Et d’une autre part, quoique à un degré inférieur, il y a au cœur des enfants bien nés un amour pour leurs parents qui [| produit en eux le renoncement à toute satisfaction propre à À | teur déplaire, et un dévouement généreux à les assister À dans les besoins qu'ils pourraient éprouver. La nature, i c’est-à-dire, l'impulsion divine, sait aussi donner à l’affec- : tion fraternelle une générosité qui s'exprime dans l'occasion

par le sacrifice.

La société humaine n'est qu'une grande famille dont * | Dieu est aussi le premier pere. Ses membres se doivent ë | ( une mutuelle affection, une mutuelle assistance. L'anti- | quité payenne, malgré qu’elle l'ait tant de fois si cruellement violé, reconnaissait ce principe queTérence a exprimé : par ces paroles célèbres : Homo sum, nil humani a me alienum puto. “ Je suis homme, je ne reconnais comme n'étant étranger, rien de ce qui est humain.” Mais l'Evangile a émis une doctrine d’une tout autre portée dans sa maxime : “Aïme ton prochain comme toi-même,” et surtout dans cette parole du Christ mort pour les hommes : ‘“‘Aimezvous les uns les autres, comme je vous ai aimés.” À Là où il y a souffrance chez un de ses frères, l’homme 4 qui le peut doit apporter un soulagement, et si le strict 1 précepte ne va pas jusqu'a exiger que l'on fasse plus pour 7 les autres que pour si-même, il se fait entendre avec force :

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