‹ Devoirs du sacerdoceChapitre 128 sur 331 · LIVRE III, CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE VI

il faut être confinuellement aux prises ici-bas. Sous la fif^ure d'Israël, vovageanlsur la terre parmi les succès et les infortune'^, il voii les chrétiens exposés à milU^ tentations. D;uis la naiion sainte^ tantôt en {guerre et tantôt en paix, tantôt captive et tantôt délivrée, il se représente l'Eglise de Jésus-Christ , les périls qu'elle a à essuyer , les tempêtes furieuses dont elle est battue, les combats sanglans qu'elle a à soutenir, les victoires qu'elle a remportées, et celles qu'elle remportera toujours sur les hérésies et sur les ennemis de la religion. Enfin , il se représente cette éternelle paix , ce bonheur pur , cette lélicilé invariable qui doivent terminer les misères de celle vie , et dont il jouira dans le séjour de la gloire.

Ce n'est pas tout encore ; l'offîce de chaque jour offre à la piété du ministre des autels les principaux devoirs du culte intérieur dont l'extérieur doit être animé. L'office du dimanche ne respire que l'amour de Dieu , et la parfaite observation de ses lois. Et quels motifs plus touchans que ceux qu'il lui propose de cet amour ! La bonté infinie de Dieu , qui s'y trouve tracée à chaque page en mille manières différentes ; sa Providence qui s'étend à toutes les créatures , sa bienveillance pour tous les hommes, sa libéralité sans bornes, sa conduite paternelle sur ses enfans, sa fidélité dans ses promesses, la constance de son amitié , son amour pour les saints, sa patience envers les pécheurs, sa clémence ponr les pénitens : de là , dans tout Toffice de ce jour , ces portraits con inuels des œuvres du Tout-Puissant, si propres à embraser les cœurs du plus ardent amour : portraits admirables où , d'après lEsprit saint , on s'est attaché à peindre l'excellence des ouvrages de Dieu , leur vai iélé , leur arrangement , témoins éternels de la puis^arce et de la sagesse de leur auteur; l'alliance qu'il a contractée avec les hommes , en la personne des Israélites ; alliance qui surpasse beaucoup tous les autres prodiges ; alliance dont le fruit a été cette loi sainte qu'il leur a donnée , comme le gage le plus précieux de son amour pour eux. En tout cela^ que de motifs puissans pour un bon cœur, de se livrer aux senlir^ens de l'amour le plus vif et de la plus tendre reconnaissance? De cet amour naît , dans le cœur du ministre des autels, une fidélité parfaite à tous les points de la loi du Seigneur : loi sainte qu'il aime , qu'il embrasse^ qu'il inédite jour et nuit , et dont il fait ses délices ; il l'étudié sans cesse , il la tient en ses mains , il la porte dans ses yeux , il la grave au fond de son cœur. Il en admire la beauté ; elle est son espérance ^ sa joie , sa gloire , sa richesse ; c'est sur elle qu'il se forme à la justice

ci h V équité^ elle devient sa règle , sa défense et sa cOîironne , il n'a plus d'autre bouclier , d'autre arme , d'autre consolation que cette loi sainte. Son plus grand plaisir est de voir qu'elle soit observée ; il sèche de douleur en la voyant violée et m^n'isée. Son zèle s'enflamme , et son indignation n'éclate que contre les prévaricateurs de cette loi sainte (1). Elevée au dessus d'elle-même, quelquefois son âme goûte dans le sein d'un Dieu des consolations inelfables , que tous les plaisirs des sens ne pourront jamais égaler. Tel est roflicedu dimanche.

Les offices des autres jours ont pour objet d'animer sa foi , d'exciter sa confiance , de l'éloigner du péché par la crainte des chûtimens destinés à le punir, de soutenir sa faiblesse et ses espérances par la vue du ciel , et des récompenses qui l'y attendent. Interdit et hors ^e lui-même à la vue d'un Dieu mourant d'amour pour des ingrats , son cœur s'enflamme et brûle du désir d'user d'un juste retour à l'égard d'un Dieu si aimant ; il s'affermit au moins dans l'amour des soufl'rances , et dans le désir de participer aux ignominies d'un Dieu crucifié. S'il est dans l'allliction , il fait taire les plaintes , il étouffe les murmures , il adore en silence , il baise amoureusement la main qui le frappe , il accepte avec reconnaissance toutes les peines qu'il plaît à l'aimable Providence de lui envoyer. Est-il dans l'état de la grâce? il demande les secours nécessaires pour la conserver et pour l'augmenter. Est-il dans l'état du péché ? il pleure , il gémit avec le prophète , il ne cesse d'implorer la divine miséricorde , jusqu'à ce que par ses soupirs il puisse s'assurer de l'avoir fléchie. Quelquefois, ennuyé d'un triste exil , il soupire après le moment heureux qui terminera ses misères et ses alarmes , en le réunissant à son souverain bien. D'autres fois , élevée au dessus d'elle-même , son âme goûte dans le sein de Dieu des consolations ineffables , que tous les plaisirs d'ici-bas ne pourront jamais égaler. C'est ainsi que l'office divin fournit à celui qui le récite toutes les affections qui conviennent à un chrétien , en quelque situation qu'on puisse le supposer. Point de prière plus excellente ; elle honore Dieu d'une manière digne de lui : point de prière plus parfaite ; elle excite en nous ces mouvemens tendres et vifs de repenlir, d'actions de grâces , d'amour, d'adorations , de supphcations les plus propres à le fléchir en notre faveur : point de prière plus complète ; elle renferme tout ce que nous devons demander pour nous et pour les autres. Outre les psaumes de

(1) Psalm. 118. toto.

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