‹ Devoirs du sacerdoceChapitre 152 sur 331 · LIVRE IV, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAPITRE III

plus importantes qu'il y ait jamais eu , ni qu il y puisse jamais avoir au monde. Meltons tout cela dans son jour.

Il est clair premièrement que cette ambassade s'adresse à la trèssainte Trinité ; parce xjue le sacrifice n'est dû qu'à Dieu seul , et qu'il n'y a nulle créature à qui on en puisse offrir comme on offre celui de la messe, non pas même à la sainte Vierge, qui est la plus excellente de toutes. C'est pourquoi le prêtre qui célèbre la messe commence l'oblation du sacrifice par ces paroles : « Recevez , ô Trinité sainte , cette oblation , etc. »

Ce qu'il répète encore après le Canon , en ces termes : « Et ils vous adressent leurs vœux , à vous qui êtes le Dieu éternel , vivant et véritable (1). »

Que ce soit tout le genre humain , ou toute l'Eglise chrétienne et catholique qui envoie cette ambassade , le prêtre même le marque assez , lorsqu'il dit à Dieu dans le Canon : « Nous vous supplions donc , Seigneur , d'agréer cette oblation que nous vous faisons , non seulement nous, mais encore toute votre famille, comme le témoignage de notre culte et de notre soumission (2). De sorte qu'en assistant au saint sacrifice de la messe , nous y offrons tous ensemble le corps de Jésus-Christ , en nous unissant à Jésus-Christ même comme souverain prêtre , et au ministre de l'Eglise qui le représente et qui opère visiblement ce saint mystère , selon que nous l'apprenons encore par ces autres paroles du sacré Canon : « Souvenez vous , Seigneur, de tous ceux qui sont ici présens, pour lesquels nous vous offrons ou qui vous offrent ce sacrifice de louange , soit pour euxmêmes , soit pour ceux qui leur appartiennent , dont la foi et la piété vous sont connues (3). « Ce que le saint concile de Trente explique encore en cette manière: a Pour les messes qui se disent en particulier , elles doivent toujours être estimées communes , parce que c'est toujours un ministre pubUc de f Eglise qui les célèbre, non seulement pour lui-même, mais aussi pour tous les fidèles qui appartiennent au corps de Jésus-Christ (4). »

(1) Suscipe , sancta Tiinitas , hanc oblationem , etc. Tibique reddunt vota sua œlerno Léo vivo et veio.

(2) Haac jgitiir oblationem servjtutis noslrae , sed et cunclœ familiœ luœ , etc.

(3) Mémento , Domine , omnium circumstantium quorum tibi fides cognita est , pro quibus tibi offeiimus , vel qui tibi oITeiunt liocsaciificium taudis, pio sesuisque omnibus.

(4} j\U5S£e vejo omues, quautumvis piivalim dicantur, commrmes censeri debent ;

En effet, c'est une doctrine très-certaine et généralement reçue et enseignée par tons les saints docteurs et les théologiens catholiques , que la messe se dit toujours au nom de toute TEglise et de tout le peuple chrétien, non seulement de ceux qui vivent encore dans le monde , mais même de tous les fidèles qui sont retenus dans le purgatoire après leur mort, puisqu'ils ont tant de part au fruit de ce divin sacrifice et qu'il leur est si nécessaire. Tous les fidèles morts et vivans joints ensemble se servent du prêtre auprès de Dieu comme d'un ambassadeur pour traiter avec lui de leurs affaires. Et ce qui est encore plus à considérer, est que le prêtre qui exerce cette ambass ade, le fait au nom , non seulement des fidèles qui sont dans l'Eglise militante , mais des saints mêmes qui sont déjà dans le repos de l'Eglise glorieuse et triomphante , puisqu'ils ont aussi part au fruit de la messe. Il est vrai que dans leur éiar ils n'ont plus de satisfaction à faire pour leurs péchés , parce qu'ils en sont parfaitement purifiés , ni de grâces à demander pour eux-mêmes , parce qu'ils possèdent tout ce qu'ils peuvent désirer ; mais le sacrifice de la messe leur est néanmoins très-avantageux , en ce que c'est le seul moyen qu'ils ont de rendre à Dieu tout l'honneur, l'adoration et la louange qu'il mérite, et une digne action de grâces pour les biens incompréhensibles qu'il leur fait éternellement.

Ils peuvent bien eux-mêmes louer, adorer, aimer et exercer envers Dieu tous les actes de religion ; mais ce serait peu de chose pour satisfaire parfaitement à la reconnaissance qu'ils lui doivent , si la sagesse infinie ne leur avait donné ce moyen pour suppléer à leur impuissance, et pour l'honorer très-dignement , qui est de lui offrir son Fils et son propre Verbe qui est sa louange éternelle ; et ainsi , ils rendent à Dieu tout l'honneur qu'il peut se rendre à soi-même. Et c'est ce que l'Eglise nous fait assez entendre , lorsqu'ayant dit , dans l'office de la messe , qu'elle offre ce sacrifice pour Thonneur de la sainte Vierge et des saints apôtres, elle ajoute aussitôt : Et non seulement des apôtres . mais de tous les saints , afin qu'il leur soit utile et avantageux (1).

De sorte que la messe est utile même aux saints et aux bienheureux qui sont dans le ciel pour leur honneur et leur gloire acciden-

eo quodapublico Ecclesiœ ministro, non pro se tantuni, sed pio omnibus fidelibus , qui ad corpus Chiisli pertinent, celebrantur. {Conc. 'Jnd., sess. 22, c. 9.) (1) Et istoium , et omnium sanctoruni , ut illis proficiat ad Iionorem , etc.

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