‹ Devoirs du sacerdoceChapitre 159 sur 331 · LIVRE IV, CHAPITRE IV. 2S · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAPITRE IV. 2S

communément boire un pot ou un verre d'eau , quoiqu'on ne boive pas le pot ni le verre , mais Teau qui est contenue dedans. Et celte manière de parler vient de ce qu'on ne prend pas du vin ni d'autres liqueurs dans sa main , mais dans un calice ou dans quelque autre sorte de vase. Ainsi on ne peut pas dire quil prit du vin dans ses mains, comme il prit du pain ; c'est pourquoi nous disons ici qu'il prit le calice , et comme ce qui est contenu dans notre calice, quand nous le prenons entre nos mains , est la même chose en espèce que ce qui était dans celui que le Seigneur prit entre les siennes, c'està-dire du vin de vigne , et que ce qu'on y donne à boire après la consécration est la même chose , en espèce et en nombre , que le même Seigneur donna à boire à ses disciples , c'est-à-dire le véritable sang de Jésus-Christ; c'est avec beaucoup de raison et de vérité qu'il est dit que ce divin Sauveur prit entre ses mains le même calice que nous tenons à l'autel , et qu'il le consacre maintenant et nous le donne à boire , comme il le consacra alors et le donna à ses apôtres , disant : Prenez-le et huvez-en tous ; hiwez de ce calice , car c'est mon sang qui est offert pour la rémission de tous vos péchés (1).

C'est aussi ce qui a fait dire à un grand saint et un grand pape : « Que le calice que le prêtre catholique offre en sacrifice n'est autre que celui que le Seigneur donna à ses apôtres ; parce que , comme nous savons qu'encore que le corps de Jésus-Christ soit tous les jours, et à toute heure, consacré en une infinité de diiïérens endroits, il n'y a pas pour cela plusieurs corps de Jésus-Christ; nous ne devons pas non plus penser qu'il y ait plusieurs calices , mais que c'est un même corps et un même sang avec celui qu'il a pris dans le sein de la Vierge et qu'il a donné à ses apôtres (2).

Que si c'est le même Seigneur qui nous convie à sa table , et qui nous y donne de sa propre main la même viande à manp-er et le même breuvage à boire, avec la même intention et pour la même fin pour laquelle il le fit la première fois , il est clair que c'est la même cène et le même banquet. Et c'est pour cela que le Seigneur, faisant

(1) Accipite etbibite ex eo omnes.

(2) Calix queni saceidoscatliolicus sacrificat non est alins, nisi ipse queni Dominiis aposlolis Uadidit; quia licet inuUis locis et innunieiis dicbiis consecietur corpus Christi , non sunt niulta corpora Ghiisti , ila non sunt niuUi calices sed iinnni corpus Cliristi et unus sanguis , cum illo quod sumpsit in utero Virginis , et quod dédit npostolis. {Greg. in hom. Pasch., et referlur in c. Quid sit saïujins de conscc, dist, 2.)

la cène avec ses disciples , leur dit : Faites ceci en mémoire de moi (1). Il ne leur dit pas : Faites une représenlatiou de ceci , ni quelque chose de semblable qui le représente ; mais : Faites ceci même en mémoire de moi. Que tous les anges du ciel louent éternelment le Seigneur qui nous a laissé sur la terre un si excellent mémorial de toutes les merveilles qu'il a opérées pour notre salut!

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