‹ Devoirs du sacerdoceChapitre 170 sur 331 · LIVRE IV, CHAPITRE Mï. 80i · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAPITRE Mï. 80i

sis à la droits de Dieu pour toujours (1). De là vient <^ue le même apôtre appelle souvent ces sacrifices des èlémens faibles , stériles, défectueux et impuissans (2).

Mais il faut outre cela considérer que toutes les créatures ensemble n'étaient pas suffisantes par elles-mêmes pour satisfaire à la divine justice pour un seul péché ; au lieu que notre grand et souverain prêtre Jésus-Christ , par ce seul et divin sacrifice qu'il a offert , a satisfait pleinement et selon toute la rigueur de la justice pour tous les péchés du monde , et de mille autres mondes, s'il y en avait. Ce que l'Apôtre nous fait assez entendre lorsqu'il dit : Que par une seule ablation il a rendu parfaits pour toujours ceux qu'il a sanctifiés (3). Et cette pleine , entière et très-suffisante satisfaction nous est efficacement appliquée toutes les fois que nous offrons le très-saint sacrifice de la messe. Ce qui a fait dire au saint concile de Trente : « Que la messe est un sacrifice vraiment propitiatoire; en sorte que le Père, étant fléchi et pleinement satisfait de cette oblalion , accorde la grâce et le don de la pénitence , en vertu de laquelle il remet les péchés quelque grands et énormes qu'ils puissent être (4). »

C'est pour cette raison qu'un auteur grave et savant dans la vie spirituelle (Rushrochius) assure que quand un homme aurait commis pendant plusieurs années un nombre innombrable de très-grands péchés , s'il offre seulement une fois dignement et comme il faut le saint sacrifice de la messe , et qu'il n'y ait aucun empêchement de sa part , il est certain que , de la part du sacrifice même , il peut demeurer très-parfaitement délivré de tous ses péchés , et aussi pur qu'il était avant que de les avoir commis ; de sorte que , s'il mourait en cet état , il pourrait passer de la terre au ciel sans aucun empêchement. Et en cela il dit une vérité très-grande et très-certaine ; car la vertu et l'efficacité du sacrifice considéré par ce qu'il est en soi , sont infinies et n'ont point de bornes , si ce n'est de notre part ,

(1) Omnis sacerdos pisesto est , easdem ssepe offerens hostias qwie numqnani possunt aufene peccata; hic <\uteni unam pro peccatis offerens hosliam , iu seinpilernum sedet in dexteia Dei. {Hehr. 10. 4d. 12.)

(2) Infirma et egeiia elenienta. {Gai. 4. 9.)

(3) l na enini oblatione consnmniavit iii senipilernum sanctificalos. {Hehr. 10. 14.)

(4) Docet saiicta synodiis sacrificiiim isliul vere propitiatoriiini esse. Hnjiis quippe oblatione placatus Doininus, gratiam et donuni pœnitcntioe conccdens, crimina et peccala etiam ingeulia dimiltit. {Conc, Trid., sess. 22. cap. 2.)

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