‹ Devoirs du sacerdoceChapitre 171 sur 331 · II · texte numérisé non relu

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306 DE LA messe;

à cause de notre indisposition et de notre propre faiblesse. Et c'est pour cela que le sacré concile de Trente dit absolument et sans restriction, que, quelque grands que puissent être nos péchés, ils nous sont tous pardonnes par la vertu.de ce divin sacrifice. Et Jésus-Christ notre Sauveur dit dans la forme même de sa consécration , et nous le disons aussi tous les jours en son nom , que c'est le sang de la nouvelle alliance qui a été répandu et oftert pour la rémission des péchés. C'est sur ce sentiment et sur celte doctrine de toute l'Eglise que le pape Jule a fondé ces paroles qui sont rapportées dans le Dé cret : « Toutes sortes de crimes et de péchés sont effacés par l'oblation du saint sacrifice (1). » Le concile de Bragance assure la même chose et tous les pères et saints docteurs l'ont toujours enseignée.

Le grand saint Grégoire dit dans ses Dialogues : « Qu'il n'y a que cette victime qui sauve notre âme de la mort élernell'e qu elle a méritée , en renouvelant en nous par les saints mystères qu'on célèbre ans l'Eglise , la mort du Fils unique de Dieu ("2). » Ce même saint pape raconte dans un autre endroit : « Qu'un homme étant tombé entre les mains de quelques coureurs ennemis , ils le chargèrent de chaînes et le jetèrent dans une prison où il demeura fort long-temps, sans qu'on pût savoir ce qu'il était devenu. Sa femme, après avoir fait inutilement toutes les recherches possibles pour en apprendre des nouvelles , crut qu'il était mort , et dans celte pensée , elle faisait dire chaque semaine des messes pour le salut de son âme ; et toutes les fois qu'on célébrait ces messes en mémoire de lui , la prison où il était s'ouvrait , et les chaînes dont il était chargé tombaient par terre ; en sorte que pendant tout le temps que durait le saint sacrifice , il se trouvait libre et dégagé de ses liens ; ce qui le remplissait d'une admiration d'autant plus grande , qu'il ne pouvait comprendre quelle pouvait être la cause d'une si étrange merveille. Cet homme étant enfin retourné en son pays, et racontant à sa femme ce qui lui était arrivé , elle lui fit connaître les jours et les heures auxquelles elle faisait offrir pour lui le saint sacrifice, et il se trouva que cette merveille lui arrivait justement dans le temps qu'on célébrait la messe pour lui. » Sur quoi ce grand saint et ce grand pape s'écrie :

(1) Omne crimen atque peccatum oblatis Deo sacrificiis deletur. (C. cum. crimen omne de cons., dist. 2 , conc. Brachar. 3 , cap. 4.)

(2) Hœc namque singulaiiter vîctima , ab œterno inleritu animam salvat , quae illam nobis moitem imigenili per nijsteiium repavât. {Grei/., lih, 4. Dialog, c. 58i iMd,, hom, 37 in Evamj.)

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