‹ Devoirs du sacerdoceChapitre 179 sur 331 · LIVRE IV, CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAPITRE IX

de la personne du Fils dans le sacrement de l'autel , il offre Dieu même à Dieu, et par conséquent il lui donne une louange, une gloire et une satisfaction infinies, en un mot tout le bien véritable et éternel et la source de tous les biens. Et au contraire, quelque grands services , quelque louanges et quelque magnifiques actions de grâces que les anges et toute la cour céleste rendent à la souveraine majesté de Dieu dans toute l'éternité , par une autre voie que par cette divine oblation , ce n'est point Dieu même qu'ils offrent à Dieu. Ainsi tout ce qu'ils lui offrent n'est point capable de l'honorer à fégal de ce qu'il est ; et par conséquent tout cela est peu de chose en comparaison de cette divine oblation de notre sacrifice , où nous ne présentons à Dieu rien moins que Dieu même.

» Cette considération a été suivie d'un autre qui n'est pas moins noble ni moins importante, touchant les grandes et continuelles faveurs que Dieu fait aux hommes, et l'obligation très-étroite que nous avons tous de l'aimer , et de lui rendre , non pas un honneur et une action de grâces telle quelle, mais un honneur et une action de grâces, de louange et de reconnaissance qui soit infinie. Comme j'étais dans la pensée de ce grand et si important devoir, j'entendis au dedans de moi comme une voix qui me disait : Que si je désirais m'en acquitter d'une manière digne de Dieu, il n'y avait qu'un seul moyen propre pour le faire , qui était de recevoir l'auguste et adorable sacrement de l'autel en grâce et avec toute la disposition nécessaire, et après que je l'aurais ainsi reçu dans ma poitrine, où lisserait en ma puissance comme un bien que je posséderais en propre, et dont je serais le maître pour en disposer, de le rendre alors, et de l'offrir au Père éternel dans le secret de mon cœur , en me renfermant pour cela dans moi-même, et autant qu'il est possible dans quelque lieu tranquille et retiré. Cette offrande se doit faire par des désirs intérieurs du cœur , par des actes d'amour et d une ardente affection de la volonté , et avec une très-humble et très-respectueuse protestation de notre néant et de la souveraine grandeur de Dieu. Et la raison de tout cela est qu'en présentant à Dieu ce don et cette offrande , nous lui donnons et lui oflVons en elle une gloire , une louange et une satisfaction infinie que tous les anges et tous les bienheureux qui sont dans le ciel ne lui peuvent offrir par aucune autre voie. » Voilà quelles sont les paroles de ce saint homme , que Dieu par sa miséricorde nous fasse la grâce de les bien comprendre et de les bien mettre en pratique pour notre salut et pour sa gloire.

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