CHAPITRE X
Que la messe est la pins agréable chose que nous puissions offrir à Jésns-Chiist notre Sauveur, à sa sainte Mère et à tous les Saints. De queltjues autres excellences de ce saint sacrifice.
I. La troisième excellence qui suit de ce que nous avons dit de la messe, est qu'elle est la chose la plus excellente et la plus agréable à la sainte humanité de Jésus-Christ , et que par elle nous lui rendons le service le plus grand et le plus considérable qu'il pouvait attendre des hommes. Cette vérité ainsi exprimée en général est une suite nécessaire et évidente de ce qui vient d'être dit; car la volonté de ce divin Sauveur étant comme elle est parfaitement unie et conforme à celle de son Père , il est cerlain que dans le sacrifice de l'autel il reçoit comme rendu à lui-même tout l'honneur, toute la gloire et toute la recoimaissance qu'il sait qu'on y rend au Père éternel ; puisqu'il a dit lui-même [Joann.^ 4, 34), lorsqu'il vivait encore en ce monde, que toute sa nouiTiture et toutes ses délices étaient d'accomplir la volonté de son Père , et de lui faire rendre l'honneur qui lui est dû. Mais il y a encore une autre raison plus particulière, qui est que la messe est un mémorial de la vie , de la passion , de la mort et de tous les saints mystères de ce divin rédempteur.
Pour la bien entendre , il faut savoir que tous les bienheureux qui sont dans le ciel prennent un extrême plaisir à toutes les choses en quoi ils ont rendu à Dieu quelque service qui lui a été agréable, et que leur plaisir et leur contentement sont d'autant plus grands que les choses qu'ils ont faites ont été plus excellentes et plus agréables aux yeux de sa divine Majesté. Cela est si vrai qu'il n'y a point de saint qui ne changeât volontiers , s'il était possible , tout le bonheur qu'il possède dans la gloire pour celui de pouvoir faire et souffrir tous les jours les mêmes choses par lesquelles il s'est rendu saint et agréable à Dieu en celte vie. Les martyrs se réjouissent des supplices et des tourmens qu'ils ont souiferts, les confesseurs, les anachorètes et les solitaires, de leurs veilles et de leurs jeûnes continuels, et de tQiis les travaux et les exercices pénibles de la mortification et