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de la pénitence, par lesquels ils ont crucifié leur chair en ce monde, et assujéti à Dieu leur esprit et leur volonté. Le plus {^^rantl souhait de tous ces saints confirmés en grâce serait d'en avoir fait et souffert davantage pour l'honneur et pour la gloire de Dieu, Et comme il ne leur est pas maintenant possible de rien faire ni souflVir de nouveau, ce leur est un surcroît de joie et de plaisir quand nous renouvelons ici-bas la mémoire de leurs martyrs , de leurs actions et de leurs mérites; que nous les offrons à Dieu, et que nous lui témoignons notre reconnaissance pour la grâce qu'il leur a faite de les élever à un état si saint , pour y être en cette vie les instrumens de sa gloire.
La sainte humanité du Fils de Dieu, qui, étant unie à la personne divine, peut tout ce qu'elle veut, a en cela un avantage qui n'est accordé à pas un des bienheureux; car, voyant que sa passion et sa mort avaient été si agréables et si glorieuses à son Père , il a trouvé par sa très-haute sagesse le moyen d'en renouveler sans cesse le mystère , et de continuer de rendre chaque jour au Père éternel la môme gloire et la même satisfaction qu'il lui a donnée une fois dans le sacrifice sanglant qu'il lui a offert sur la croix. Ce qui s'est fait en cette manière -. Jésus -Christ ayant été une fois sacrifié sur la croix pour l'expiation des péchés des hommes, et ce sacrifice ne se réitérant point , à cause qu'étant ressuscité et glorieux dans le ciel , il ne peut plus souffrir ni mourir comme il a fait, c'est-à-dire d'une manière cruelle et sanglante , il a laissé à son Eglise le précieux trésor de son sacrifice perpétuel, qui est celui de la messe, où le sacré mystère de sa passion et de sa mort est aussi vivement représenté que s'il y souffrait et mourait réellement; et où il est non seulement représenté, mais effectivement exercé et renouvelé d'une manière non sanglante et toute mystique ; en sorte que c'est le même que coluj de la croix qui est tous les jours offert au Père éternel , avec la même valeur, le même mérite et la même suffisance qu'il avait alors pour donner à son Père l'honneur, la gloire, la louange et la satisfaction qui lui est due.
C'est ce que nous faisons toutes les fois que nous célébrons la sainte messe. Ainsi, en même temps nous rendons à Jésus-Christ la plus grande gloire et le plus grand service qu'il peut attendre de nous.
IL Certainement tous les prêtres devraient estimer leur condiiioii très-haute et très-heureuse, d'être en pouvoir de i-endre si facilement, et à si peu de frais, à ce divin Sauveur, un sacrifice si grand H. 21
et si agréable, et qui lui est si justement dû, puisqu'il lui a tant coûté pour procurer notre salut, et qu'il n'a jamais épargné aucun travail , quelque grand qu'il pût être , lorsqu'il lui a semblé utile et avantageux pour cette fin.
Ce que nous avons dit de la très-sainte humanité de Jésus-Christ se peut encore étendre et appliquer par proportion et en sa manière à sa très-sainte mère et à quelque autre saint que l'on voudra. Car nous ne leur pouvons rendre un culte plus parfait, ni leur donner une plus grande satisfaction, ni leur témoigner une dévotion plus véritable, ni une plus sincère affection, qu'en offrant à Dieu en leur nom et en leur honneur le très-saint et très-adorable sacrifice de la messe.
Ce n'est pas qu'il soit permis d'offrir le sacrifice à aucun saint, ni même à la sainte Vierge, qui est la reine du ciel, comme le remarque le saint concile de Trente ; mais c'est qu'on y renouvelle la mémoire de leurs grands mérites , qu'on y rend à Dieu des actions de grâces pour tous les bienfaits dont il les a honorés durant leur vie, et pour la gloire où ils sont maintenant élevés ; qu'on y offre à Dieu toutes leurs actions et toutes leurs souffrances avec celles de Jésus- Christ , et qu'on leur y offre à eux-mêmes Jésus-Christ leur commun Seigneur et le nôtre , pour suppléer à notre impuissance et à nos défauts, en la manière que le même auteur que nous avons déjà cité l'a considéré et exprimé par ces paroles : Si nous voulons rendre à la reine des anges autant d honneur et de gloire qu'elle en mérite , il faut immédiatement après que nous avons achevé de célébrer la messe ou de communier ., que nous lui offrions entre ses mains trèssaintes et très -pures, son très -doux et très-aimable enfant Jésus, que nous avons en notre puissance ; car cette divine offrande lui est sans comparaison plus honorable, plus précieuse et plus agréable que ce que les hommes et les anges lui pourraient offrir qui ne serait pas le même Dieu son Fils. Ce qui se peut faire autant de fois que nous voulons, tandis que les espèces sacramentelles ne sont point encore consumées dans l'estomac par la chaleur naturelle.
<i On peut faire aussi la même chose à l'égard de tous les saints en général et en particulier, et de la même manière, pour leur honneur et pour la gloire de Dieu (1). » Toutes ces paroles que nous avons rapportées de cet auteur méritent qu'on y fasse beaucoup d'at-
(1) Fi\ Jean des Amjes , sur la sess. 22 , c. 3 du Concile de Trente,