CHAPITRE XI
Du cuUe et des cévénionies extérieures de la messe; de la nécessité de les bien observer ; de leur ancienneté et de la grande vénération avec laquelle on doit s'en acquitter.
I. Tout ce que nous avons traité jusqu'ici regarde principalement la sainlelé de vie , la purelé de cœur, et toutes les conditions intérieures et spirituelles qui sont nécessaires aux prêtres pour céléhrer les saints mystères et exercer dignement les fonctions du sacerdoce. De sorte que quiconque voudra considérer avec attention ce que nous en avons dit , et faire de sa part tout ce qui est en lui pour s'en bien acqnitter, il le fera infailliblement avec tonte la révérence , la gravité , la bienséance , et avec tout le culte et toute la disposition extérieure qui est requise , l'un étant une suite nécessaire de l'autre.
Toutofois, pour donner aux prêtres dans ce traité une inslrnction plus eniière et plus accomplie sut- tons leurs devoirs, il est à propos de dire ici quelque chose du culte et des cérémonies extérieures de l'Eglise , surlout en ce temps où il y en a si peu qui s'appli(|uerit à les savoir et à les faire selon les règles ordonnées et établies par l'Eglise , et avec toute la circonspection et la gravité qu'elles demandent. Il n'y a rien de si déplorable ni de si criminel devant Dieu que la négligence avec laquelle la plupart des prêtres s'acquittent des devoirs de leur dignité ; il semble que ce soit l'office le plus bas et le moins important du monde , tant ils sont lâches, froids et indilférens dans leur saint ministère.
Cette négligence extérieure est sans doute moins excusable que le défaut intérieur de pureté et de sainteté ; car il est toujours vrai de dire qu'il est très-difficile d'acquérir toute la sainteté et la pureté de cœur nécessaire pour bien célébrer les saints mystères , puisqu'il faut pour cela entrer dans un continuel exercice de toutes les vertus et des pratiques saintes de la mortification et de la pénitence , où l'on a toujours à combattre la corruption et les passions de la chair et les mauvaises inclinations de la nature , qu'on ne peut vaincre que par une très-longue et très -pénible violence qu'il