LIVRE IV, CHAPITRE XII
les Seuls lévites qui ont fidèlement gardé les cérémonies de moi} sanctuaire , lorsque les enfans d'Israël s'éloignaient de moi dans leur e'qarement , ils seront les premiers ministres de m.es autels , et ils demeureront en ma présence (1).
Tout cela fait clairement voir que robservation exacte et ponctuelle des cérémonies était une chose Irès-estimable et très-importante aux yeux de Dieu. Ce qui paraît encore plus clairement par la sévérité avec laquelle Dieu punissait les fautes que Ton y commettait, quelque petites qu'elles pussent être. Il était ordonné dans le Lévitique, que si un homme par ignorance péchait contre les cérémonies , il offrirait de ses troupeaux un hèlior sans tache pour l'expiation de son péché (2). Cette loi mérite bien d'être ici pesée et considérée avec attention , pour en relever davantage ce que nous disons ; car le même sacrifice était aussi ordonné pour l'expiation d'autres péchés très-grands et très -énormes. On trouve encore outre cela dans TEcriture plusieurs exemples de chàtimens très-sévères que Dieu a exercés sur son peuple pour des fautes très-légères que Ton avait faites en quelques cérémonies qui semblaient être de très-petite importance.
II. Que les cérémonies de l'Eglise sont sans comparaison plus vénérables que celles de Vancienne loi. Quelqu'un dira peut-être que cette grande sévérité était bonne en ce temps où les cérémonies extérieures étaient dans une si haute estime, mais qu'il n'en est pas de même dans ce temps de la grâce, où nous ne sommes pas si attachés aux cérémonies qu'on l'était alors. C'est pourquoi il est bon d'avertir ici ceux qui sont dans cette pensée , que s'ils prennent la peine de considérer la chose de plus près , ils en raisonneront tout autrement et en feront un jugement tout contraire. Car si lorsqu'il y avait une si grande multitude de cérémonies et de très-petites choses à observer, Dieu punissait avec tant de rigueur l'omission d'une seule, quoique très-petite en apparence , avec combien plus de raison ne punira-t-il pas les fautes que l'on commet aujourd'hui dans les cérémonies de l'Eglise , qui sont sans comparaison plus importantes, et dont le nombre est beaucoup plus petit? En effet , si l'on avait tant d'estime
(IJ Sacerdotes autein et levitœ filii Sadoc, qui custodierunt ceremonias sanctuarii mei , cum erraient filii Israël a nie , ipsi accèdent ad nie , ut ministrent raihi, et stabuntin conspeclu meo. {Ihid. v. 15.)
(2) Anima si piaevaricans cerenionias per errorera peccaiit , offeret pro delictO suo avietem iramaculatHin de gregibus. {Levit. 5. 15.)
et de Génération pour les cérémonies de la vieille loi , seulement parce qu'elles étaient comme la ûr^uve ou l'ombre des mystères de la nouvelle alliance, avec combien plus de vénération et de respect ne doit-on pas observer aujourd'hui celles que l'Ejflise emploie immédiatement pour célébrer et adorer les mêmes mystères, présens, réels et effectifs? Les cérémonies anciennes n'étaient que pourofTrir avec quelque ordre un agneau, un bélier ou quelque autre animal, ou pour traiier avec plus de respect et de bienséance l'ardie du Seijjneur, les pains de proposition , et autres semblables cho>es , au lieu que les nôtres sont pour consacrer et sacrifier le saint et sacré corps de Jésus-Christ et son précieux san{; , et pour traiter et révérer avec tout le culte et toute la piété convenables les propres et véritables mystères dont ceux de l'ancienne alliance n'étaient que des ombres et des figures mortes qui les signifiaient.
C'est pourquoi les cérémonies de l'Eglise ont autant d'avantages sur celles de l'ancienne loi ;, que la vérité en a sur lu figure, le Ciirps sur son ombre , ce qui est vivant sur ce qui est peint , et les mystères de la nouvelle alliance sur ceux de la première. Ainsi l'on peut et l'on doit môme raisonner sur ce point en cette manière : Que si Dieu a fait paraître tant d'estime pour les anciennes cérémonies et tant de soin de les faire observer , il fera bien plus d'état de celles d'aujourd'hui et de leur observation , puisqu'elles renferment tant de grandeurs et d'excellences qui les élèvent infiniment au dessus de toutes celles que Dieu avait auparavant ordonnées. Tout ce qu'il y a de remarquable à l'égard des cérémonies de la loi , est que véritablement c'était alors un temps de rigueur dans lequel Dieu dès cette vie , et souvent même sur-le-champ , exerçait des châtimens visibles contre les pécheurs pour les retenir dans sa crainte , et pour nous servir d'exemple et d'instruction. Mais maintenant que nous sommes dans le temps de grâce , Ce douceur et de miséricorde ; Dieu souffre nos défauts avecune longue patience; mais aussi il punira ceuxqui en auront abusé et qui n'auroni pas su profiter de cette grâce avec d'autant plus de rigueur et de sévérité qu'il les aura plus long-temps attendus.
III. Que l'on doit exercer les cérémonies du culte de Dieu avec une extrême révérence , et garder au moins en cela la soumission exacte et respectueuse avec laquelle on sert d'ordinaire les rois et Icsprinccs de la terre. Il est très-important et très-juste que nous considérions sérieusement toutes ces choses , afin que , voyant la circonspection et l'exactitude que Dieu demande pour l'observation des cérémonies qui re-