CHAPITRE XIII
De l'espace de temps qui est nécessaire pour célébrer la messe , et sans lequel on ne le peut pas bien faire.
C'est un abus qui est en ce temps si commun et si ordinaire parmi les prêtres , de célébrer la messe à la hiite et sans attention , que tous ceux qui ont de la religion et de la piété en sont touchés jusqu'au fond du cœur. Ils voient avec douleur dans TEglise qu'on y célèbre ce divin mystère avec si peu de révérence et de gravité , et d'une manière si précipitée , qu'il ne se peut pas faire qu'on y accomplisse toutes les cérémonies ordonnées par l'Eglise, ni même qu'on y lise et qu'on y prononce bien tout ce qui s'y doit dire. Et ce qu'il y a de plus fâcheux dans cet abus, est qu'il est comme passé en coutume, et que, tout abominable qu'il est, il ne laisse pas d'être regardé comme une vertu et une chose louable ; on prétend même l'appuyer de l'autorité de quelques personnes qui seraient les premières à le détester et à le condamner si elles étaient encore au monde.
L'origine de celle erreur vient de ce que quelques personnes, ayant
(1) Rex regum et Dominas dominantium. {^poc. 19. 16.)