LIVRE IV, CHAPITHE XlV. t\S
au dedans d'eux-mêmes , si leur conduite en ce point est conforme à cette doctrine, en supposant qu'elle est véritable et certaine , et qu'en y manquant on s'engage à commettre beaucoup de fautes eu une chose qui devait produire un très-grand mérite.
Il est bon de remarquer aussi que les supérieurs qui sont chargés de la conduite des monastères et des communautés ecclésiastiques , sont dans une très-étroite obligation de faire observer celte doctrine avec tout le soin et toule^^la diligence possible , et que , ne le faisant pas , ils commettent un très-grand péché , et se rendent coupables des péchés de ceux qui leur sont soumis , dont Dieu leur demandera un compte très-exact et très-sévère. Que le péché qu'ils commettent en négligeant ce devoir soit grand et énorme , cela se voit clairement , tant de la part de l'objet , étant contre la vertu de religion , qui est la plus grande de toutes les vertus morales , que de la part de la matière même ; car, encore que dans chaque particulier ce ne soit pas une matière de péché fort importante , de manquer en quelque cérémonie de la messe , ou de la célébrer avec un peu moins de révérence et de gravité^qu'il ne faut ; c'en est toutefois une très-importante à l'égard des supérieurs, parce que leur négligence en ce point les rend coupables des fautes des autres, et que, ne les en reprenant pas comme ils doivent , ils les confirment de plus en plus dans cet abus , qui est si contraire à la doctrine cpe nous venons d'établir comme très-certaine et très-assurée.