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CHAPITRE XIV

Combien on peut employer de temps à dire la messe, outre celui qui est intérieur, essentiel et nécessaire pour cela, et qu'il vaut mieux être long que coiut à la célébrer.

Nous avons jusqu'ici parlé de l'espace de temps qui est intérieur, nécessaire et essentiel pour célébrer comme il faut le saint sacrifice de la messe ; mais comme les prêtres ne sont pas obligés de se hâter amant qu'ils peuvent , ni réduits à n'employer à la célébration de cet auguste mystère que le temps qui est précisément nécessaire pour les trois conditions dont nous avons parlé , chacun peut y en employer encore outre celui-là plus ou moins , conformément à sa dé-

votion , et selon que le temps , le lieu , sa commodité et sa disposition le lui permettront. Or, c'est sur ce temps et ce loisir qu'il est libre à chacun de prendre , que tombe la question et la difficulté présente , qui est de savoir laquelle de ces deux extrémités est la meilleure , d'être trop long , ou d'être trop court à dire la messe. C'est à quoi l'on répond par la conclusion suivante.

I. Conclusion sur celte demande : s'il vaut mieux être trop long que trop court à célébrer la sainte messe. Il est régulièrement et presque toujours meilleur, plus sûr et plus louable d'être un peu long à célébrer la messe , que d'y être trop court , excepté en certains cas particuliers que nous remarquerons dans la suite , où il est à propos que chacun suive les règles de la prudence. Faisons voir maintenant la vérité de cette conclusion dans chacune de ses parties. Premièrement , il est sans doute que c'est toujours le mieux de dire la messe avec beaucoup de loisir et de tranquillité ; parce que cela convient mieux à l'importance et à la grandeur des choses que l'on fait et que l'on récite en célébrant cet adorable sacrifice. Et nous voyons en effet que les choses grandes et relevées se font toujours d'une manière plus avantageuse et plus convenable à ce qu'elles sont , quand on y apporte beaucoup de temps et de loisir, que quand on les dépêche promptement et à la hâte. Il est évident aussi que le temps et le loisir que l'on prend servent beaucoup pour bien prononcer avec attention tout ce que l'on dit , et pour observer et faire toutes les cérémonies avec tout le poids et la gravité qu'elles demandent. Il est donc toujours plus avantageux de mettre beaucoup de temps à célébrer la messe , que de le faire plus promptement et avec précipitation. Il n'y a rien en ce que nous avançons qui ait besoin de preuve , tout y est clair et manifeste par soi-même.

Aussi je me persuade que ceux qui disent qu'en parlant vite et à la hâte , ils prononcent mieux ce qu'ils récitent , et y font plus d'attention , ne croient pas eux-mêmes ce qu'ils disent , et qu'on ne les doit écouter que comme des gens qui parlent à plaisir ou par opiniâtreté contre leur propre sentiment , pour défendre une mauvaise cause ou une mauvaise habitude où ils se sont engagés ; car il faudrait que l'ordre et la nature même des choses fussent renversés , afin que cela pût être vrai. C'est pourquoi on peut , ce me semble , répondre avec beaucoup de vérité à ceux qui parlent de la sorte , qu'ils n'ont jamais eu une véritable et actuelle attention aux paroles et aux cérémonies de la messe ; car je tiens qu'il est moralement im-

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