LIVRE IV, CHAPITRE XV
jour et de la nuit même au divertissement et aux plaisirs (1). » Que si les séculiers sont en cela si répréhensibles , combien les prêtres ne le seront-ils pas davantage , s'ils ont la même froideur et la même indifférence pour une chose si divine , si sainte et si importante? Il est très-juste que nous ouvrions les yeux , et que nous considérions l'emploi que nous faisons du temps que la divine miséricorde nous donne pour travailler à notre salut. Y a-t-il quelque chose où il puisse être employé plus saintement et avec plus de fruit qu'à la sainte messe ; puisqu'il n'y a point dans toute la religion d'action plus sainte, plus digne de Dieu, qui soit plus puissante et qui doive attirer plus de grâces que ce saint sacrifice , lorsqu'on l'offre ou qu'on y assiste avec des dispositions convenables , et dans l'esprit qu'il faut , en joignant son intention à celle de Jésus-Christ et de l'Eglise. C'est pourquoi il est bien juste que ceux qui sont si prodigues de leur temps en des choses peu importantes, vaines^ inutiles, impertinentes , et qui ne servent qu'à les perdre , n'en soient pas si avares en une chose si importante et si avantageuse pour leur salut , et qu'ils reconnaissent que le soin et le désir empressé qu'on a d'achever promptement de dire ou d'entendre la messe , est une tentation toute visible du démon qui ne tâche qu'à leur en dérober tout le fruit.