SLR CE SECOND VOLUME. H
les caractères, les affections et les passions; les bienheureux Léonard-de-Port-Maiirice et Liguori, qui étudient davantage la matière abstractivement et en elle-même, comme tous les saints auteurs du Manuel auquel nous avons emprunté un important chapitre. Yoilà pourquoi enfin nous tâcherons, dans le volume suivant, de reproduire la méthode pratique de l'abbé Salvatori, en l'appropriant davantage à notre pays et à nos mœurs.
Le P. Pinamontl, jésuite, naquit à Pistoie , en Toscane, le 7 décembre i63i , et entra au noviciat des jésuites en 1647. Destiné d'abord à la carrière de l'enseignement, sa santé ne lui permit pas de la continuer, et il se consacra aux missions de la campagne , ministère humble et pénible dans lequel il fut, pendant vingt-six ans, l'inséparable compagnon du célèbre P. Segneri (1) , auquel il sm^vécut encore dix ans. L'on vit rarement un missionnaire plus infatigable, plus humble, plus mortifié, plus puissant en œuvres et en paroles. Reconnu pour un des maîtres les plus éclairés dans la conduite des âmes, la duchesse de Modène le choisit pour son directeur et après la mort du P. Segneri, le grand-duc de Toscane, Cosme III, lui donna la direction de sa conscience , lui laissant cependant la liberté de continuer ses travaux apostoliques, au milieu desquels il eut le bonheur de finir sa vie, à Orta, petite ville du diocèse de Novare, le 26 juin 1703, âgé de 71 ans. Il a laissé plusieurs ouvrages qui ont été réunis et im^ primés à Parme et à Venise- En voici quelques titres : Esercizii spirituall di S. Tgnazio; La via delcielo applanata^ IL cuor contr'ito; La croce allcgerita; L'inferno aperto ai Cliristiano ; Il sacro cuore di Maria vergine ; La causa dtl ricchi^ overo, ildebito ed il fruttodclla Limnsina; La Sinago<^-a disingannata; Exorcista rite cdoctus; Ildirettore, mctodo da.
(1) Le P. Segneri a été plus malheureux que le P. Pinamonti , qui a trouvé dans son>age et judicieux traducteur, le P. deCourbeville, un homme qui a su respecter ses consciencieux travaux. L'abbé Delvincourt, qui a traduit la Pratique des devoirs des curés, de Segneri, s'est permis, non seulement de corriger le style et les formes de son auteur, mais aussi ses doctrines , auxquelles il a eu l'audace de substituer des opinions qui ont eu trop long- temps cours en France; et il s'en vanta dans son avertissement. Aussi l'on trouve dans cet ouvrage , comme doctrines communes, de mesquines opinions^qui n'ont pas même toujours le mérite d'être probables.
iV AVERTISSEMENT
potersl tenere per ben regolare l'anima nella via délia perfezione clirisliana. Le P. de Courbeville , jésuite , qui a traduit de l'italien et de l'espagnol plusieurs ouvrages de piété, a traduit ce dernier ouvrage du P. Pinamonti, sous le titre de Directeur dans les voies du salut.
Les éditions multipliées de cet ouvrage , dit le dernier éditeur, en font assez connaître le mérite. Il parut d'abord sans nom d'auteur, et on l'attribua aux maîtres les plus versés dans les voies de la spiritualité, tant on fut frappé de l'importance du sujet qu'il traite, de la solidité des principes, de la sagesse des règles de conduite, et de l'utilité qu'en retireraient ceux qui sont chargés de la direction des âmes. Aussi des docteurs distingués et des prélats éminens en piété et en science lui ont donné leur approbation et en ont recommandé la lecture à tous les ecclésiastiques, persuadés qu'ils y trouveraient les maximes les plus sages et les avis les plus essentiels pour l'exercice du saint ministère. Il suffît de citer ici l'approbation de monseigneur d'Orléans de La Motte, undesévéqueslesplusvertueuxetles plus éclairés du 18^ siècle; de monseigneur l'évêque d'Amiens, qui le recommande à son diocèse, assurant que le bon sens qui y règne partout , joint à un^lyle clair , simple et sans bassesse , le rendra utile à quiconque a l'esprit et le cœur droits; et enfin celle de monseigneur l'évêque de Noyon, assurant, d'après son expérience , que les fruits que cet ouvrage produit de jour en jour mettent le sceau à l'approbation que le public lui a accordée. Ces deux dernières approbations sont de 1752. D'après des suffrages aussi respectables, on ne sera pas étonné qu'en moins de quarante années on ait publié sept éditions et une traduction latine de ce livre: la première parut en 1718 , et non en 1728, commeravancent les auteurs de la Biographie universelle; la septième^ que le dernier éditeur a suivie, est de 1764.
La parfaite orthodoxie, la rigoureuse exactitude des doctrines morales du B. de Liguori, sont maintenant trop connues; la soHditéetla pureté de ses opinions ont été trop solidement vengées par le vénérable et savant évêquedeBelley, monseigneur Dévie, dans son estimable et utile Rituel; par monseigneur Gousset, évéquedePérigueux, dans son savant ouvrage Sur la justification du B. Liguori; et enfin par M. l'abbé Gaume dans la préface de son Manuel des confesseurs, pour