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qu'il soit besoin d'y insister ici. Ces savans auteurs ont prouvé, pièces en main , non seulement que la morale du Bienheureux est la plus complète, la plus utile et la plus sûre que nous ayons, qu'elle ne renferme, non plus que ses autresouvrages, aucune proposition erronée, pernicieuse, téméraire ou digne d'unecensure quelconque, nuiil censura DiGNUM, ainsi que portent les décisions solennelles du Saint- Siège; mais en outre que la version latine des Instructions de saint Charles aux confesseurs, insérée dans les À cta Eccles. 3Iediol. , part. IV, version dont s'appuyaient nos auteurs , et qu'on opposait à la théologie de B. Liguori, est inexacte en une foule d'endroits, et rend très-mal la doctrine du saint archevêque de Milan. C'est une cause bien instruite, définitivement jugée, et que nous croyons inutile de reproduire.
Le bienheureux Alphonse Licuoni naquit à Naples , d'une ancienne et noble famille , le 2(3 septembre 1 696. Dès son début dans la carrière de la science, le jeune Alphonse marqua sa place parmi les hommes supérieurs. Il n'avait que seize ans lorsqu'il fut reçu, paracclamation, docteur de l'université de Naples. Peu de temps après il entra dans le barreau. Déjà une brillante perspective s'ouvrait devant lui; mais Dieu , qui le voulait tout entier à l'Fglise, lui fit sentir vivement la vanité des choses de ce monde. Docile à la grâce, Alphonse résolut sur-le-champ de consacrer ses talens et sa vie au salut des âmes. Mais ici, combien d'obstacles n'eut-il pas à vaincre! Fils aîné d'une famille noble et sa plus belle espérance, il dut, comme saint Louis de Gonzague, triompher de tout ce que la tendresse paternelle et les considérations humaines peuvent opposer de plus fort à une vocation. Il y réussit et fut ordonné prêtre le 2 1 décembre 1 7 26.
Animé de l'esprit dont il venait de recevoir la plénitude, Alphonse consacra les prémices de son zèle aux pauvres habitans des campagnes. C'est pour leur procurer plus efficacement les secours spirituels, qu'il établit une congrégation de missionnaires sous le nom du Saint-Rédempteur; il en jeta les fondemens en lyS^, et en fut nommé supérieur : il la dirigea jusqu'en 1762. A cette époque son humilité fut mise à une bien rude épreuve. Clément XIII le nomma à l'évêché de Sainte-Agathe-des-
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Goths , dans le royaume de Naples. Alphonse supplia le pontife de ne pas lui imposer un fardeau qu'il regardait comme au dessus de ses forces. Le pape , qui connaissait depuis long-temps son mérite et sa vertu , lui envoya l'ordre formel d'accepter. Alphonse obéit ; il vint à Rome pour se faire sacrer. C'est dans cette circonstance que Clément XIII dit à l'archevêque de Nazareth ce mot prophétique : A la mort de M°^ de Liguori , nous aurons un saint de plus.
Evêque sans cesser d'être missionnaire, Alphonse nourrit constamment son peuple du pain de la parole sainte : pasteur charitable, il se dépouilla de tout pour soulager ses malheureux diocésains dans vme famine qui désola le pays. A jDrès treize ans de gouvernement, affaibli parles travaux, les macérations et les maladies, il obtint du pape Pie Yï, en 1775, la permission de se démettre; et à l'âge de soixante- dix-neuf ans il se retira dans sa congrégation à Psocera de'. Pagani, où il passa le reste de sa vie dans l'étude, la prière et les exercices de la pénitence. Il y mourut le 1" août 1787, âgé de quatre-vingt-onze ans. Dérogeant en sa faveur au décret d'Urbain YIII , qui exige un intervalle de cinquante ans avant de procéder à l'examen juridique des vertus. Pie YII porta le décret de béatification du serviteur de Dieu le 6 septembre 1816. Celui de sa canonisation a été publié par Pie YIII, le 16 maii83o.
Telle est en quelques mots la vie de ce grand directeur des âmes. Aussi illustre par ses vertus que par son savoir et par les grandes choses qu'il a faites pour l'Eglise, il est parmi les saints un modèle comparable aux plus célèbres personnages de l'histoire ecclésiastique.
Les ouvrages du bienheureux Léonard de Port-Maurice, Avertissemens aux Confesseurs, et Traité de la confession générale, qui révèlent l'homme de Dieu, le missionnaire expérimenté dans la connaissance du cœur humain, ont été imprimés à Rome sous les yeux du souverain pontife et dans plusieurs villes d'Italie, notamment à Bergame, en 3828, et à Turin, en i85o, sous les yeux des évêques et avec les approbations ordinaires. Au reste, il sufQt de connaître un peu la vie de ce zélé serviteur de Dieu, que le bienheureux Liguori cite avec éloge et respect, et qu'il appelle le grand missionnaire de notre époque, pour juger
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combien il était savant dans la conduite des âmes , et com- Lien par conséquent sa Pratique^ qui l'a sanctifié , et des milliers d'autres avec lui, mérite la confiance de tout prêtre animé d'un vrai zèle pour la gloire de Dieu.
Le bienheureux Léonard naquit à Port-Maurice, ville de l'Etat de Gênes, le 20 octobre i656. A l'âge de douze ans, il fut envoyé à Rome, où il fit de brillantes études au collège Romain, sous la direction du P. Toloméi , depuis cardinal et une des gloires de son siècle. A mesure qu'il croissait en âge et en science , le jeune Léonard croissait aussi en piété. La voix de Dieu se fit entendre à son cœur, et il résolut d'entrer en religion. Ce fut le 2 octobre de l'an 1698 qu'il fit profession chez les Mineurs réformés, dans le couvent de Sainte-Marie , au territoire de Sabine. Dévoré du zèle des âmes , le jeune religieux se présenta au cardinal de Tournon, qui parlait pour la Chine et qui désirait emmener avec lui un certain nombre de missionnaires. Des obstacles insurmontables s'opposèrent à l'exécution de son projet: une maladie se déclara, qui le conduisit aux portes du tombeau. Tous les secours de l'art furent vainement employés; alors Léonard , désespéré des médecins, s'adressa à la Reine tlu ciel, et fit vœu, s'il recouvrait la santé, de se dévouer à l'œlivre des missions. Sa prière fut exaucée. En peu de temps il se trouva si parfaitement guéri et si robuste , qu'il put continuer, jusqu'à l'âge de soixantequinze ans, et les pénibles travaux de l'apostolat et les prodigieuses macérations qu'il offrait à Dieu pour le succès de son ministère. Il était tellement infatigable, qu'à l'âge de cinquante-trois ans il avait déjà donné cent trois missions.
Tous les malheureux, tous les pauvres abandonnés dans les hospices ou dans le fond des campagnes semblaient avoir un droit particulier à ses soins et à sa prédilection. Il pouvait dire, comme le divin Maître : L'Esprit de Dieu m'a envoyé pour évangéliser les pauvres. Ses travaux ne furent pas inutiles : il faudrait des volumes entiers pour rapporter toutes les conversions qu'il opéra. Benoit XIV, pénétré d'estime et de vénération pour ce grand serviteur de Dieu, le chargea de faire des missions dans les montagnes du territoire de Bologne. Le saint obéit avec empressement ; mais il dit à ses compagnons , de la manière
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la plus précise, que ces missions seraient pour lui les dernières. Un religieux de sa congrégation lui ayant écrit de venir à Rome pour se reposer et mourir tranquille au couvent de Saint-Bonaventure, le vénérable vieillard lui répondit : iS'il plaît à Dieu, vos désirs seront bientôt accomplis : je sens que la barque est vieille et quelle ne peut plus naviguer.
Ce fut le 23 novembre i^Si que le bienheureux Léonard sentit les premières atteintes de sa maladie. Néanmoins il voulut encore célébrer la sainte messe. Un de ses missionnaires l'exhortait à la laisser ce jour-là : p^ous ne voulez donc pas que je m'enrichisse? lui répondit-il, une messe vaut mieux que tous les trésors du monde. II monta donc à l'autel; mais tel était son épuisement et sa faiblesse , qu'il eut bien de la peine à se soutenir et à terminer l'auguste sacrifice. Dès le lendemain on se mit en devoir de le transporter à Rome, au couvent de Saint-Bonaventure. A peine y fut-il arrivé . qu'il demanda et reçut avec la plus tendre piété les derniers sacremens. Le médecin ayant ordonné un remède propre à ranimer ses forces éteintes, le saint missionnaire le prit par obéissance, en disant : Olil si Con en faisait autant pour l'âme que pour le corps? En effet, son corps ne connaissait d'autres traitemens que des macérations et des abstinences. Afin d'être plus recueilli , il pria les religieux de le laisser seul , et on l'entendit, pénétré d'une ferveur extraordinaire , s'entretenir avec Dieu , et invoquer sa puissante protectrice, l'auguste Marie. Enfin vers minuit, conservant toute la connaissance et toute la sérénité de sa belle âme , il s'endormit, sans aucune agonie, du tranquille sommeil des justes; c'était le 2l\ novembre lyS i.
Un grand nombre de miracles , opérés par son intercession, soit durant sa vie, soit après sa mort, attestent que le bras du Seigneur n'est point raccourci. 11 fut béatifié par Pie YI, le i4 juin 1796.