‹ Devoirs du sacerdoceChapitre 201 sur 331 · LIVRE IV, CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAPITRE XV

d'autres pareilles fautes, un prêtre doit-il laisser pour cela de dire la messe de la manière qu'il connaît et qu'il sait certainement être la meilleure , la plus respectueuse , la plus conforme à sa dévotion et la plus propre pour attirer sur lui les grâces et les biens spirituels ? Non sans doute. Cette réponse pourra sembler plus dure que tout ce qui a été dit sur ce sujet ; mais , étant bien considérée selon ses principes et ses fondemens , elle est aussi certaine et aussi véritable que tout le reste.

Le même saint Thomas (2, 2 , ç. 6 art. 7), parlant du scandale^ fait cette demande : Si, pour éviter le scandale^ on doit s'abstenir d'exercer des œuvres spirituelles et de vertus ; à quoi il répond par cette distinction : Que si le scandale vient de l'ignorance de ceux mêmes qui scandalisent en pensant que le bien qu'on fait est un mal ; en ce cas on doit différer ou suspendre les choses qui leur donnent occasion de se scandaliser ainsi , jusqu'à ce qu'on leur ai fait voir par la raison que ce qu'ils prennent pour un mal est un véritable bien ; et s'ils ne veulent pas se rendre à la raison qu'on leur en donne pour les détromper, et qu'ils ne laissent pas d'en être toujours scandalisés, on doit, sans avoir égard à leur scandale, continuera faire ces mêmes choseSj qui sont en soi excellentes , louables et vertueuses ; mais si le scandale vient de la malice et du dérèglement de leur volonté, on n'en doit faire aucun état, mais plutôt le mépriser tout-àfait , comme fit notre divin maître lorsque ses disciples lui dirent : Sai>ez-vous bien que les pharisiens ayant entendu ce que vous venez de dire ^ s'en sont scandalisés (1) ? Il leur répondit : Laissez-les^ ce sont des aveugles qui conduisent des aveugles (2). C'est leur passion et leur mauvaise volonté qui leur font prendre du scandale où il n'y en a point,

Jésus-Christ savait que la plupart de ceux qui l'entendaient parler étaient scandalisés de sa doctrine , et qu'ils en prenaient occasion de faire de plus grands péchés , comme il le dit lui-même par ces paroles : Si je n'étais point venu et que je ne leur eusse point parlé .^ ils n^ auraient point de péché ; mais maintenant ils n'ont point d'excuse de leur péché (3). Et dans un autre endroit, il dit comme une chose

(1) Magister, scis quia phavisœi , auilito verbo hoc , scamlaliznti sunl? {Mattk. 45, 12.)

(2) Sinite illos , cœci sunt et duces cœcorum. (Matth, io. 14.)

(3; Si non venissem et loculuseis fuisseni, peccatum non habeient, nunc aiileiu excnsationera non Iiabent de peccalo suo. {Jocmn. 15, 22.)

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