‹ Devoirs du sacerdoceChapitre 210 sur 331 · LIVRE IV, CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAPITRE XVII

linge qui sert à l'église et au culte de Dieu , sera lavé dans le cloître des religieux par les mains des prêtres mêmes , sans qu'il soit permis à d'autres personnes d'y loucher en aucune manière , ni même de jeter l'eau qui a servi à les laver ailleurs que dans un lieu propre et destiné à cet effet. Et il est aussi ajouté que, quand ces choses seraient trop usées et hors d'état de pouvoir servir, on ne les emportera point hors de l'église pour être employées à d'autres usages , mais qu'elles y seront brûlées , et les cendres jetées dans la piscine de l'aulel. Ce qui s'observe si poncluellemeut dans toutes les Chartreuses, qu'il y a certains jours destinés pour cela, auxquels les religieux prêtres lavent tout le linge qui sert à l'éghse , le font sécher eux-mêmes, le plient et le mettent en état d'être renfermé dans les armoires, sans qu'aucun autre qu'eux y mette la main.

Ce statut et cette coutume devraient apprendre à tous les prêtres le respect et la révérence avec laquelle ils sont obligés de traiter toutes les choses qui regardent le culte divin , puisqu'ils servent tous un même Seigneur, qu'ils célèbrent les mêmes mystères , et qu'ils en attendent une même récompense. C'est pourquoi je les exhorte et les conjure , par l'amour qui nous unit tous en ce même Seigneur, qu'ils s'appliquent tout de bon à l'observation des choses dont nous avons parlé , et qu'ils reconnaissent combien est grande l'obligation où ils sont de s'en bien acquitter. Car ils doivent être persuadés que Dieu leur en demandera un compte très-exact et très-sévère , et qu'il punira rigoureusement les moindres fautes qu'ils y auront commises. Et il ne leur demandera pas seulement compte des fautes qu'ils y auront faites eux-mêmes , mais encore de toutes celles que font les personnes du siècle en cette même rencontre , qui assurément ne sont pas petites ni en petit nombre , parce que le peu d'attention et de révérence que les prêtres font paraître pour les choses saintes qu'ils traitent , est cause qu'ils regardent ces mêmes choses avec plus d'indifférence , et qu'ils n'y assistent pas avec tout le respect et la vénération qu'ils y doivent apporter.

IV. Je demande , sur toutes choses, à tous les prélats et les supérieurs , à qui il appartient de régler tout ce qui regarde le service divin , et d'entretenir le bon ordre dans la maison de Dieu , et je les supplie, par l'honneur et le respect que nous devons tous à sa divine

tuni , vel sordidum in sacro-sancto allaiis ministerio appareat. (1 p. statut. Cart.j cap. 23, niaii, '61.)

majesté , par les entrailles de sa miséricorde et par cet excès d'amour qui l'a porté à se communiquer aux hommes dans le très-honorable sacrement de l'autel , de vouloir appliquer particulièrement leur soin etleur vigilance à faire garder dans toutes les églises toute la propreté , la netteté et la bienséance qui sont convenables à la maison de Dieu ; en sorte qu'il n'y ait rien qui n'inspire de la dévotion et du respect aux personnes séculières et aux ecclésiastiques mêmes ; et qu'ils n'estiment pas que ce soit une occupation trop au dessous de leur grandeur, de prendre garde par eux-mêmes , ou par leurs vicaires, si les églises de leur diocèse sont en bon état, si les autels, les ornemens, les calices, les corporaux et les autres choses qui servent au sacrifice de l'autel, sont tenues dans l'ordre et la propreté où elles doivent être , s'il y en a suffisamment pour changer dans les besoins, et ainsi des autres qui sont de leur ministère.

Que si ces choses leur semblent petites et indignes de leur sollicitude pastorale , qu'ils se souviennent que la majesté de Dieu même n'a pas cru qu'il fût indigne de sa grandeur et de sa divine providence de donner ses ordres particuliers pour établir d'une manière éclatante des choses qui paraissaient en elles-mêmes moins importantes que celles dont nous parlons , parce qu'elles regardaient la bienséance et la propreté de son temple , comme quand il ordonna qn'afin que personne n'attirât les lampes avec les doigts , il y aurait des mouchetles d'or pour cet usage , et de petits bassins aussi d'or pleins dcau , où l'on jetterait les mouchons, de peur qu'ils ne répandissent une mauvaise odeur, et qu'il ne gâtassent le pavé du temple , et mille autres semblables petites choses particulières, dans lesquelles Dieu nous fait assez entendre combien il désire que ses ministres '^soient^ exacts, vigilans et circonspects dans les moindres circonstances où il s'agit de son honneur et du culte de ses autels. Qu'ils considèrent aussi qu'encore que l'abus qui se commet à l'égard des choses dont [nous parlons , soit très-général et comme passé en coutume , on ne doit pas néanmoins le laisser comme un mal irrémédiable et désespéré ; qu'on ait seulement un peu d'amour de Dieu e un peu de vrai zèle pour sa gloire , on trouvera sans beaucoupde difficulté des voies et des moyens pour le retrancher.

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