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même de TApôlre , f^^uidés par un esprit d'intérêt, faisaient déjà une espèce de ir^ific du plus saint de tous les ministères. En condamnant ainsi ces ministres intéressés , jamais saint Paul ne prétendit défendre aux prêtres de la nouvelle loi de se pourvoir du nécessaire, et d'accepter les oblalions des fidèles. Les prêtres, dit-il , qui se conduisent bien dans le gourer nement qu'ils ont y méritent une double reconnaissance , surtout ceux qui prêchent et instruisent : car il est écrit : Vous ne lierez point lu bouche au bœuf qui foule le grain ; l'ouvrier est digne de son salaire , et l'on ne voit personne qui porte les armes h ses dépens. Où est l'homme qui plante une rigne , et qui ne goûte point de son fruit F qui nourrisse tin troupeau, et ne mange point de son lait? C'est donc ^ ajoute-t-il, «h ordre du Seigneur en faveur de ceux qui annoncent l'Evangile , qu'ils vivent de l'Evangile, comme ceux qui servent à l'autel , ont leur part des biens de l'autel (d). Ce principe une fois supposé, ce n'est ni un désir réglé ni un usage modéré des biens nécessaires à la vie, qui est défendu aux prêtres sous le nom d'intérêt. Tout obligés qu'ils sont d'imiter le Dieu pauvre dont ils sont les ministres, cette pauvreté évangélique, qui a différens degrés suivant les diiïérens états de vie, n'est point pour eux une obligation aussi étroite que pour les religieux. Les ecclésiastiques qui ont du patrimoine , en ont le vrai domaine, et peuvent en disposer, suivant les règles de la prudence , comme les autres séculiers. S'ils ont des revenus de l'Eglise, à raison de leurs bénéfices ou de leur ministère , quoique de grands docteurs soutiennent qu'ils n'en ont pas le vrai domaine , mais seulement l'administration et l'usufruit , il n'est pas moins vrai que d'excellens auteurs , et en très-grand nombre, enseignent le contraire , et prétendent que, quoique les ecclésiastiques pécheraient mortellement en faisant un usage arbitraire et profane des revenus de l'Eglise , parce que le domaine qu'ils en ont est resserré , quant à l'usage, par les saints canons , cependant ils ne seraient point obligés à restituer ce qu'ils en auraient mal employé.
Sans décider ici celte question , il est certain que tout ecclésiastique qui craint Dieu , qui aspire à la perfection de son état, et qui veut prendre la plus sûre voie pour arriver au port du salut, se regardera toujours comme l'économe des pauvres , le dépositaire et le distribuieur des biens des fidèles ; et qu'après en avoir employé ce qui con^
(i) Tim, \î, V. il.