CHAPITRE II
Des qualités du bon confesseur.
(2) L'on a vu dans le chapitre précédent l'importance du ministère de la réconciliation des pécheurs, et la conduite que doivent tenir dans le sacré tribunal les prêtres que l'Eglise a établis poiu' y ju^jer les chrétiens. Mais inutilement on attendrait d'eux la fidélité qu'ils doivent y apporter , s'ils étaient dépourvus des qualités qui font le bon confesseur. Elles sont fondées dans la nature même du sacré tribunal où ils sont assis, et du sacrement qu'ils y administrent. Quelles vertus, quelles éminentes qualités ne faudrait-il pas dans ceux qui sont honorés d'un ministère si divin? Le premier concile de Milan, tenu sous saint Charles, les a toutes exprimées en ce peu de paroles : In probandis confessoribiis hanc rationeni habeant episcopi, ut pii, bene morati , docti , prudentes , patientes ^ de animaiiim sainte solliciti ^ et fidèles custodes sint eoruni qnœ in confessione dlcuntur (3). Règle pleine de sagesse qui nous fait assez sentir qu'un bon confesseur, qu'un directeur éclairé et un guide propre à nous conduire dans les voies du salut , est un trésor précieux et bien plus rare qu'on ne s'imagine ordinairement. Selon les termes du concile que nous venons de citer , voici donc les qualités essentielles qui doivent caractériser les ministres du sacrement de la pénitence : une piété éminente , une vie pure et de mœurs sans reproche, de la science et de la prudence à un certain degré, une charité patiente, un zèle ardent pourle salut des âmes, une grande discrétion et un secret inviolable sur toutes les choses qui viennent à leur connaissance par la
(1) 2 Paialip. c. 19. v. 6.
(2) Sevoy.
(3) Constit. part 3.