‹ Devoirs du sacerdoceChapitre 228 sur 331 · LIVRE V, CHAPITRE HT · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE HT

autres , a-t-il fait lui-même quelque faute dont il ne peut s'accuser sans manifester le péché de son pénitent? quelques théologiens disent qu'il ue doit pas s'en confesser ; d'autres soutiennent qu'il le doit : ce dernier sentiment est le plus siir. Tout ce qui se dit en confession demeurant secret , l'aveu du confesseur ne pourra préjudicier au pénitent. Le mieux, en ce cas, serait de s'adresser à un confesseur éloigné ou étranger , qui ne pourrait connaître le pénitent dont on aurait à parler.

Pour n'avoir rien à se reprocher sur une matière si délicate , voici pour les confesseurs , deux moyens de fidélité également sûrs et faciles. Le premier est d'être extrêmement réservé à parler des choses entendues dans la confession. La licence qu'on se donne sur cela scandalise les laïques , leur rend la confession odieuse , leur ôte la liberté de s'accuser, et peut faire commettre bien des sacrilèges; sacrilèges qui seront imputés à cette foule de confesseurs indiscrets , qui ne peuvent tenir leur langue , et parlent sans cesse de ce qui devrait être enseveli dans un éternel oubli. Autre moyen de ne point donner atteinte au sceau de la confession , c'est la tempérance. Un homme à qui les fumées du vin ont troublé la raison n'est plus maître de luimême ; il lui échappera malgré lui mille propos inconsidérés , qui blesseront l'intégrité du sceau et scandaliseront les peuples. Du reste, que les confesseurs méditent bien ces solennelles paroles d'un concile de Cologne : « Nous jugeons grandement nécessaire que le prêtre » autorisé pour entendre les confessions , soit intègre , instruit , dis-

» cret : car s'il est ivrogne , colère, léger ou indiscret, il sera

*' plus propre à dissiper le troupeau qu'à le paître (1). »

Page 1