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(2) Si prœstes aniuue tuce coacupiscentias ejiis, facietl.io te gaudium ioimicis luis. {Eccl. 18, 31.)
àiZ ADMINISTRATION DE LA PÉNITENCE.
A l'égard du genre d'oraison auquel on vaquera, ce sera de s'adresser souvent et affectueusement à Notre Seigneur et à Notre Dame ; d'implorer tout ensemble le secours de Jésus-Christ et le crédit de Marie auprès de lui. Car la dévotion envers la Mère est la douce amorce dont le Fils se sert pour attirer les pécheurs, dit sainte Brigitte : Mater mea est csca dulcissiiua qiia peccatores ad me traho. Il est d'une extrême conséquence qu'on ait une très haute idée de la prière, puisqu'on efl'et nous ne sommes pauvres que faute de prier. J^ous n'avez rien parce que vous ne demandez rien (1). Ainsi convainquez bien votre pénitent de cette vérité si consolante, savoir, qu'il ne tient qu'à lui, secouru par la grâce du Sauveur, d'avoir de quoi rompre ses chaînes ; qu'il a le moyen efficace de se défaire de ses mauvaises habitudes, quelque force qu'elles aient prise par la multitude de ses fautes passées ; et ce moyen , c'est de réclamer sans cesse la protection toute - puissante du Seigneur. Cette vérité nous est marquée en termes bien clairs dans l'Evangile : elle y est confirmée par l'exemple d'un père , lequel ne saurait refuser de bonnes choses à ses enfans qui lui en demandent ; par l'exemple d'un ami qui s'incommode lui-même ponr soulager son ami ; par l'exemple d'un juge austère qui, cédant enfin à l'importunité des prières, se voit comme forcé de faire grâce.
Il est vrai que Jésus-Christ ne nous garantit le succès de nos demandes que sous condition , et c'est que nous les ferons de la manière qu'il convient. Comment prierons-nous donc pour être exaucés? Il faut que la foi , l'humilité et la persévérance soient les compagnes inséparables de notre prière. Notre foi, étant fondée sur|les promesses, sur la bonté et la fidélité de Dieu , ne sera jamais assez vive, si elle ne produit en nous une assurance certaine d'être exaucés d'un Père qui peut tout et qui ne veut que notre bien. Notre humilité ne sera jamais assez profonde , si nous ne nous reconnaissons dignes de tous les maux , et dénués de tous biens ; en (elle sorie que nous comptions uniquen)ent sur Jésus - Christ , qui nous a transmisses mérites à la croix. Notre persévérance ne sera point parfaite, si nous cessons quelquefois de demander , si nous ne frappons toujours à la porte, persuadés que le Père des miséricordes nous l'ouvrira, et qu'il prétend que la constance nous tienne lieu de mérite pour obtenir tout de lui. Ainsi la femme chananéenne, que ni les délais ni les
' (1) Juc. 4. 2.