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CHAPITRE IV

De (luelle manière le confesseur doit se conduire envers les habitudinaires et les

récidifs,

(3) I. Il faut distinguer les habitudinaires des récidifs. Les /^«fiitudiiiaires sont ceux qui ont contracté Ihabilude de quelque péché

(1) Matth. V.7.

(2) Maith. 41.

(3) Le B. Ligori , Praxis confessariorum. Nous employons la traduction de M. l'abbé Gaume, dans son Manuel des confesseurs , ouvrage qu'on ne saurait assez louer

416 ADMlNIâtïlATtON DE LA tÉMtENCE.

dont ils ne se sont pas encore confessés. Or on peut bien , disent les docteurs (1), les absoudre la première fois qu'ils se confessent] de leur mauvaise habitude , ou quand ils s'en accusent après l'avoir cachée , pourvu qu'ils aient une véritable contrition et un ferme propos de prendre les moyens efficaces de se corriger. Mais si l'habitude est très-invétérée, le confesseur peut bien aussi leur différer l'absolution pour voir comment le pénitent mettra en œuvre les moyens prescrits , et afin qu'il conçoive plus d'horreur de son péché. Qu'on fasse attention que cinq chutes dans un mois peuvent constituer la mauvaise habitude , s'il s'agit de péchés extérieurs , pourvu qu'il y ait quelqu'intervalle entre les chutes. En matière de fornication , de sodomie , de bestialité , un nombre bien inférieur peut la constituer. Celui , par exemple , qui tomberait dans la fornication une fois par mois pendant un an , peut bien être tenu pour habiludinaire.

Les récidifs , au contraire , sont ceux qui , après la confession , sont retombés de la même manière , ou à peu près , sans amendement. Suivant l'enseignement commun (2) , on ne peut les absoudre sur les signes ordinaires , c'est-à-dire la confession et la protestation qu'ils se repentent et sont résolus de se corriger. Cela résulte de la proposition 62 , condamnée par Innocent XI. La raison en est que l'habitude formée et les rechutes antérieures sans aucun amendement font grandement soupçonner la sincérité du repentir et du ferme propos que le pénitent dit avoir. Ainsi on doit leur différer l'absolution pour quelque temps , jusqu'à ce qu'on voie quelque signe prudent d'amendement. Je ne saurais m'empècher de déplorer ici le mal épouvantable que font tant de mauvais confesseurs qui absolvent indistinctement ces récidifs. Par celte coupable facilité ils perdent l'horreur du péché , et persévèrent jusqu'à la mort dans leurs mauvaises habitudes. Quelques docteurs admettent qu'on peut , sur Jes signes ordinaires , absoudre le récidif jusqu'à trois ou quatre fois; mais je n'ai jamais pu me ranger à cette opinion. En effet, l'habitudinaire qui , après une seule confession , est retombé , sans amendement, est un vrai récidif qui donne lieu de soupçonner avec fondement qu'il est mal disposé. Remarquez que cette règle a lieu même à l'égard des péchés véniels. Il est vrai , on admet communément qu'on peut absoudre avec plus de facilité ceux qui retombent dans

(1) Lib. 9, n° 454 , in fine, ou 458.

(2) Lib. G. n. 459. f^. Dicunt.

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